Sous son casque de cheveux blancs, revêtue d'un gilet au tricot façon cotte de maille, le regard droit, direct, le regard franc, un élégant, précieux et lumineux bijou à l'oreille, Lucienne est ici immortalisée par les soins de son amie Nicole Hellyn -1931-2012 - en rudement beau guerrier spirituel.

Lucienne Desnoues

Bouche scellée devant l'objectif, ce sont ses yeux qui parlent ici en premier, puis sa riche chevelure en même temps que l'harmonieuse morphologie de son puissant et généreux visage, le dessin encore, tout comme la matière, de ses habits, son altier maintien : toutes choses au travers desquelles au bout du compte transparaît, fort éloquente, la haute et robuste stature de sa qualité d'être, elle-même reflet de l'âme.
C'est dire combien, à quel point, cette photo-là, sans tambour ni trompette et sans le secours d'aucun artifice, est d'une rare autant que subtile profondeur de champ tout en étant pourtant uniquement faite, d'apparence, que d'un tout premier plan.
Armée par nature d'un courage offensif la faisant spontanément se porter - aussi bien au cours de son œuvre de poète que dans les rapports sociaux, ordinaires ou pas, de sa vie de femme - au-devant de toute médiocrité bête et méchante comme au-devant des déliquescences de tous ordres et de tout acabit pour leur barrer le chemin, Lucienne les contredisait illico très volontairement, autant qu'elle le pouvait préventivement par l'exemple, en tout cas à chaque fois de toutes ses forces dans l'enceinte, comme souvent encore bien au-delà, de sa propre sphère vitale. On pourrait citer bien des phrases d'elle témoignant de ce rude combat pour un monde meilleur qui, lui tenant à cœur - peut-être même, dans l'absolu, avant toute autre satisfaction personnelle -, lui fut familier parce que quotidien. Aussi bien, je l'ai dit, dans l'art d'écrire de son mieux, bien au point, un conte ou un poème, que dans celui de vivre sa vie proprement, soucieuse impénitente de se tenir toujours en équilibre stable, de préférence à cheval sur son Pégase personnel, destrier fidèle ou palefroi favori, selon le besoin.

Connaissant son amie de longue date, de tous ces éléments entre autres énumérés, Nicole Hellyn en fait, en un clic, sa photo superbe d'une Lucienne telle qu'elle-même déjà devant l'éternité, sans donc y laisser nulle part la moindre place à la moindre indication extérieure de lieu, de temps, ou tout autre, qui aurait pu y figurer. Portrait avant tout intérieur que celui-là, profond et véritable.

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Quelques liens vers d'autres articles :

Le livret Trois de Montjustin. 

Causerie de Lucienne Desnoues. 1ère partie. (Pour le centenaire de la naissance de Colette).

 Causerie de Lucienne Desnoues, suite et fin.

 De Villon ... à Desnoues, par Ismaël.

 Pour Marcel Thiry

Lire Lucienne Desnoues.

Un court poème que Lucienne m'offrit.

De nouveau Lucienne Desnoues (pages extraites d'Habemus Fiorio !).

Sur une photographie de Lucienne Desnoues.

Le bombyx de Noël. Un conte de Lucienne Desnoues.

Noël du monde à l'envers par Lucienne Desnoues.

La vigne d'Aldo, par Lucienne Desnoues.

Hors-d'œuvre spirituel, par Lucienne Desnoues.

Noël de la maison neuve, par Lucienne Desnoues.

 Jean Mogin.

 Après vingt ans, par Lucienne Desnoues.

Une simple citation de Lucienne Desnoues.

Travail et mobiles poétiques, par Lucienne Desnoues.

 La vie...gne de Jean Mogin.

Quelques traits rouges et une baguette de Sourcier, par Gérard Allibert.

La vie est un tango.

INVITATION pour le 7 ET le 14 octobre à Céreste.

Le livret Trois de Montjustin.

 Lucienne Desnoues ou la poésie de la terre.

Natures mortes, par Lucienne Desnoues.

Le sourcier Lucien Jacques, par Lucienne Desnoues.

Lucienne Desnoues à Gréoux.

Marcel Thiry et le tournoi...par Lucienne Desnoues.

Un fromageon de mots.

Je me souviens de Montjustin par Gérard Oberlé.

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Quelques autres Impromptus :

Impromptu 9.
Impromptu 10.
Giono. Naïfs. Impromptu 8. (Mise au point).
Impromptu 13.