Ce court message qu'on va lire dit beaucoup : combien jusque-là la situation périlleuse des Fiorio et de leurs protégés à la ferme du Vallon était quotidiennement, pour toutes et tous, malgré l'indéfectible courage de chacun, génératrice d'une angoisse profonde et souveraine.
Dans ce billet Serge va droit à l'essentiel, déversant en vitesse toute une charge émotive d'une intensité peu commune en demandant à ces « bien chers amis » qu'ils lui envoient vite de leurs nouvelles et en leur donnant des siennes au moment où « le cauchemar » est sur le point de se terminer.
Quoi qu'il n'en écrive rien ici dans son empressement à vouloir communiquer, les Fiorio ont récemment perdu - au printemps 1943 - la jeune cousine Inès littéralement broyée sous un bombardement en région parisienne. Suprême ironie du sort une fois son pauvre corps déposé à la morgue, seule une alliance encore présente à son doigt permit à son tout jeune et récent fiancé Jean-Pierre Grenier d'en reconnaître l'identité avec certitude.

Aussi, on peut se demander quelles ont été par la suite dans la vie de Serge et dans sa peinture les conséquences directes et indirectes d'avoir été de si près et si longtemps affronté au mal absolu. On peut imaginer que cela ne fit sans doute que redoubler chez lui le recours, dans l'une et l'autre, à leurs qualités premières qui, de toute évidence, lui sont par nature diamétralement opposées.

Message 1

CielDétail d'un ciel de pendant la guerre.

Message 2

Vie paysanne et Résistance.

Une lettre du 14 mai 1944.

Une autre Mort du Camarade.

Sculptées ou peintes, quelques autres Mort du Camarade.

Une lettre de 44

La ferme du Vallon.

Le pacifisme des Fiorio.