La voilà, ici peinte par Serge, et visiblement rendue avec beaucoup de soin, la fameuse ferme au toit à quatre pans du Vallon ! Par sa mise en page parfaite dans ses atours de couleurs qui, hélas, ici n'apparaissent point, gageons que ce Fiorio-là ferait une illustration ad hoc pour inviter à entrer dans un conte - rien de moins. C'est pourtant là qu'uniquement armés d'autant courage que de générosité les Fiorio traversèrent la guerre, tout en y devenant tout naturellement, au fil du temps et en regard de la gravité grandissante des événements, des héros de la Résistance. Mais des héros restés à jamais anonymes puisqu'ils n'accepteront pas, par la suite, l'honneur d'en porter le titre pas plus que celui d'en arborer la médaille au revers de la veste du dimanche; ne voulant surtout pas, pour rien au monde, détourner ainsi en tout dernier ressort leurs actions de leur sens premier, véritable, celui qu'eux-mêmes leur accordaient en leur âme et conscience : « Nous n'avons fait que ce que nous avions à faire », point final.

Et cela, dans le tableau, est une énigme qui, sautant aux yeux, interroge : manquent les deux pins parasols immenses ! Pourquoi, grands dieux, Serge ne les y a-t-il pas représentés en présences tutélaires sous les auspices desquelles, petits et grands, toutes et tous chantèrent en chœur, jouèrent ou reprirent leur souffle, se reposèrent complètement de journées harassantes aussi bien et aussi souvent au physique qu'au moral ?

La ferme du Vallon

Serge choisit de portraiturer la ferme, avec son bâtiment agricole attenant, en les situant un peu en hauteur et à bonne distance pour pouvoir ainsi mieux mettre en valeur cette « maison d'espoir », ce refuge, dans le cadre naturel de son écrin végétal. En effet, n'est-ce pas là une sorte d'arche - comme il se doit solide et rassurante - que le peintre nous donne à voir et sans attendre éternise tandis qu'il faisait encore nuit noire autour d'elle, l'abominable et cruel déluge guerrier battant son plein jusque très loin, bien au-delà de l'Europe ?

Ce sont Louis et Geneviève Lief, tous deux pharmaciens au plateau d'Assy en Haute-Savoie, qui l'achetèrent et en confièrent généreusement la conduite en toute confiance à leurs jeunes amis Aldo et Serge qu'ils savaient vouloir à tout prix se faire paysans. (voir - sergefiorio.canalblog.com/archives - le billet du 13 février dernier, et surtout le commentaire d'Ismaël qui fournit des précisions importantes par son coup d'œil judicieux dans le rétroviseur de l'Histoire).

La résistance s'organisant, les Fiorio accueillent là, très tôt, et y mettent illico à l'abri beaucoup de monde dans la plus grande des discrétions possibles; ce qui leur obtint, en retour, de ne subir aucune rafle et de sauver ainsi un grand nombre de vies d'enfants juifs et d'adultes dont ils avaient, à la vie, à la mort, totalement accepté la charge.

Les Fiorio cultivent en majorité du blé et du maïs sur la trentaine d'hectares que comporte la propriété, ils jardinent, gouvernent une importante basse-cour, élèvent des cochons, des lapins et du gros bétail. Ils maçonnent, résistent sans armes, et Serge peint ! Certes, pas autant qu'il en a envie, mais l'on peut quand même se demander où il en trouve encore le temps et... la force ! C'est à la ferme du Vallon que sera mis en chantier son pur chef-d'œuvre de composition qu'il intitule très justement La Mort du camarade parce que cette dernière lui est racontée un soir à la nuit tombante, à plusieurs voix, par tout un groupe de résistants ayant, le matin même, découvert l'un des leurs mortellement blessé dans une clairière, pas loin de là, le soleil se levant alors sur sa mort imminente au milieu d'eux, douloureux frères d'armes.

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Mesdames et Messieurs les journalistes,
Le côté tristement comique du motif  invoqué pour rejeter notre recours - "se borner à demander [...] des mesures tendant à l'organisation de l'enseignement de l'occitan" -, tout autant que les nombreuses réactions d'incompréhension qu'il a suscitées, nous donnent des raisons de continuer à agiren cette année de renégociation du Contrat de Plan Etat-Région (élargie) pour l'enseignement de la langue occitane (article L.312-10 du code de l'éducation).

Pour qu'enfin les élèves de notre académie aient les mêmes droits en matière d'accès à la langue et à la culture régionale qui les concerne que ceux des autres académies, vous pouvez diffuser cette action :

RECTORAT DE LIMOGES - CONVOCATION DU CONSEIL ACADÉMIQUE DES LANGUES RÉGIONALES : L'ACTION CONTINUE !


NOUS VOUS PROPOSONS DE SIGNER ET DE FAIRE SIGNER UNE LETTRE TOUTE PRÊTE EN LIGNE A L'ADRESSE SUIVANTE :
http://lwq8.mj.am/link/lwq8/7hrnjo0/a1/xZ1CpKxEpU93HSVRSYBNqg/aHR0cDovL2x3cTgubWouYW0vbGluay9sd3E4LzdocmowejIvYTEvTUJkTkdBaE9CYTJxM3BRaktiLUpBQS9hSFIwY0RvdkwzZDNkeTV0WlhOdmNHbHVhVzl1Y3k1amIyMHZjR1YwYVhScGIyNHZjRzlzYVhScGNYVmxMMk52Ym5adlkyRjBhVzl1TFdOdmJuTmxhV3d0WVdOaFpHVnRhWEYxWlMxc1lXNW5kV1Z6TFhKbFoybHZibUZzWlhNdFlXTmhaR1Z0YVdVdk1UZ3hOems

OU DE L'ENVOYER VOUS-MÊME PAR COURRIER POSTAL A L'ADRESSE SUIVANTE : M. Le Recteur, Rectorat de Limoges, 13 rue François Chénieux, 87000 Limoges
Une copie de ce courrier avec les signatures collectées sera transmise au Président de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ainsi qu'aux services du C.R. concernés.
Merci d'avance,
Salutations,

Estela Parot-Urroz e los Mespresats de Lemosin