Présentés à quatre mains au photographe contre le pilier de la terrasse, les peupliers d'automne en pleine gloire sont les seuls mais fantastiques hauts personnages présents dans ce moment particulier de belle lumière intense.

Peupliers de Gisèle

Le sujet — devenu, peu à peu, presque un thème dans l'œuvre ! — vient d'une photo impressionnante que Serge acheta à Pierre Riehl (1912-1998) et qu'il installa tout de suite en bonne place sur la plus haute étagère de son atelier, juste au-dessus de la porte. Elle y demeura longtemps, tutélaire. Les plus sensibles parmi les visiteurs levaient volontiers la tête pour l'y admirer discrètement, en silence.

A comparer les deux œuvres, l'on se rend compte à quel point, au lieu d'aller vers le sucré, Serge a dramatisé l'atmosphère au possible en lui donnant — sans doute plus à son goût — davantage d'intensité dans les contrastes.

Peupliers riehl (2)

Il aimait particulièrement ces ambiances naturelles où "quelque chose se passe", où une lumière rare, parce que très spéciale, transfigure tout, de fond en comble, tout ensemble : collines, nuages, arbres, rochers et maisons ; jusqu'au moindre brin d'herbe, qui ne laisse rêveur !

C'est ainsi qu'au cours d'une promenade hivernale, il découvrit, au petit matin, un autre Simiane-la-Rotonde, fantastique sous un doigt de neige fraîche mais comme éclairé par enchantement ou par un metteur en scène de génie ! Spectacle stupéfiant, " à couper le souffle", dont il tira plusieurs toiles à la file et un souvenir prégnant.

Qui pourrait, mieux que sa peinture, dire la force de conviction de la lumière sur la quasi médiumnique sensibilité de Serge ? Ne sont-elles pas payses, en quelque sorte ?