TOI
Ce poème dédié À Pierre Martel, « archéologiste », je l'ai écrit il y a trente-cinq ans, en 1987, et il fait partie d'un recueil que je publierai peut-être un jour.
L'ayant lu à Pierre à l'occasion d'une visite à la Bonnechère, il m'avait aussitôt dit, très sobrement : « Tu m'as bien jugé. » Jugé au sens de découvert, reconnu.
Pour ce qui est de « archéologiste », c'est lui-même qui, cum grano salis, préférait se définir ainsi : archéologue faisant trop savant, trop officiel, trop parfait érudit à ses yeux. Il est vrai que, dans son cas, une telle stricte appellation aurait été bien réductive, alors autant s'en moquer un peu !
TOI
À Pierre Martel, « archéologiste »
Toi qui cherches, loupe à la main,
Grossie cent fois sur ce tesson romain,
N’est-ce pas là ton âme
Que tu retrouves,
Dessinée par La Grande Main ?
Toi qui bourlingues
Par monts et par vaux
Pour trouver un chemin
De Vachères à Entrevaux,
N’est-ce pas le tien que tu retrouves
Et qui te monte à l’assaut ?
Toi qui parles et qui vitupères,
N’est-ce point la voix du Père
Qu’on entend dans tes prières,
Faisant cuire sur la Terre
Des sifflements de vipères ?
Toi qui a troqué la soutane
Pour la nudité de la vie,
N’est-ce pas Lui qui te dépouille ?
N’est-ce pas Lui Le Chemin, La Vérité et La Vie ?
*
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