Le joueur de guitare.14.7.1941. Taninges.
C'est en 1941, à Taninges, juste avant de partir pour la ferme du Vallon dans le Tarn-et-Garonne où les Fiorio traverseront la guerre, que Serge immortalise son frère en le mettant en scène, solitaire, jouant de la guitare en pleine nature.
Mais est-ce bien lui, car le personnage ne lui ressemble guère au fond ? Un autoportrait alors ? Quoique Serge n'ait jamais joué d'aucun instrument, sinon frappant la grosse caisse au sein de la fanfare du village tandis que les Fiorio étaient plutôt familiers de chaleureux rassemblements où l'on chantait accompagnés, ou pas, d'un instrument ou deux.
Cette image en noir et blanc ayant été obtenue par numérisation d'un cliché sur plaque de verre, il est encore une fois difficile de deviner s'il s'agit là d'une huile ou d'une gouache. Quoique la simplissime facture de la toute la petite végétation décorative au premier plan fasse fort volontiers pencher pour de la gouache.
Parfaitement équilibrée, la composition est organisée à partir et autour de l'Axis mundi figuré par le gros tronc tutélaire reliant ciel et terre auquel, par là relié lui aussi, s'adosse le musicien.
Mais voilà qu'en cours de rédaction du présent article m'arrive entre les mains - comme par hasard, vous savez, celui qui n'existe pas ! - un document bien instructif, fort à propos... Le voici.
En foi de quoi, la genèse de la peinture est, de toute évidence, bel et bien passée par cette photo. D'ailleurs prise par Serge lui-même, sans doute.
Parfaitement reconnaissable, il s'agit bien d'Aldo cette fois. Stylisant pour mieux éterniser selon son art de peindre, Serge lui a donc, pour les besoin de la cause, ôté son mégot, confisqué sa barbe et son béret, qui étaient ses attributs favoris à l'époque. La chemise, elle, est bien restée la même, manches retroussées à l'identique, ainsi que la position, à peu de chose près, des mains posées sur l'instrument. Sans parler de l'assise en tailleur à même le sol dans laquelle l'on retrouve le même nombre de plis au pantalon !
Mais, la physionomie du personnage ayant tellement changé, je me demande ferme si Serge n'a pas - en dehors de la guitare qu'il ne pratiquait pas - plutôt joué là à se représenter : le personnage lui ressemblant finalement beaucoup plus, en effet, qu'à son frère.
Le tout campé dans une sorte d'heureuse clairière, l'un de ces lieux particulièrement bienfaisants que Serge affectionne autant dans la vie qu'en peinture et qui sont par nature des points énergétiques plus sensibles que d'autres à la surface de la terre.
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Traduzione a cura di Agostino Forte :
Taninges, 14 novembre 1941: il suonatore di chitarra
Poco tempo prima di partire alla volta del Vallon, nel Tarn-et-Garonne, dove i Fiorio trascorreranno tutto il periodo della guerra, Serge immortala suo fratello tutto solo nell'atto di suonare la chitarra.
Ma è proprio lui? Perché il personaggio non sembra assomigliargli molto! Che sia un autoritratto? Serge non ha mai suonato alcun tipo di strumento, salvo la grancassa nella banda del paese, e i Fiorio avevano più familiarità con le riunioni conviviali, nelle quali si cantava accompagnati o meno da uno o due strumenti.
Non è facile dedurre se questa immagine in bianco e nero, ottenuta dalla digitalizzazione di un cliché su lastra di vetro, si debba ricondurre ad una pittura ad olio o ad una tempera. Per quanto la sobrietà della minuta vegetazione decorativa in primo piano faccia propendere per una tempera.
La composizione ci mostra un suo preciso equilibrio, organizzata com'è a partire e attorno all'Axis mundi raffigurato dal grosso tronco tutelare a unione di cielo e terra, tronco al quale si collega anche, addossandovisi, il musicista.
Senonché nel corso della stesura del presente articolo mi capita fra le mani - per quei casi inaspettati della vita - un documento illuminante e giunto a proposito ... Eccolo qua.
Ce ne viene che la genesi di questo quadro è, con tutta probabilità, dovuta a questa foto, senz'altro scattata dallo stesso Serge.
Aldo vi appare qui perfettamente riconoscibile. Al fine di renderne i tratti essenziali, secondo proprio stile e le esigenze del caso, Serge rimuove sigaretta barba e berretto, i tipici attributi dell'epoca, mantenendo la camicia con le maniche rimboccate, lasciando invariata la postura e, pressappoco, la collocazione delle mani sullo strumento. Aggiungasi, inoltre, la posizione dello stare seduto per terra a gambe incrociate e la diligente riproduzione delle pieghe del pantalone.
Altra, però, è la fisionomia del personaggio. Mi domando se qui Serge non abbia voluto interpretare se stesso, a parte la chitarra che non ebbe mai a suonare; in effetti il personaggio sembra in definitiva rassomigliare più a lui che a suo fratello.
Il tutto s'inscrive in una sorta di propizia radura, uno di quei luoghi particolarmente salutari e da Serge prediletti, sia nella vita che in pittura, luoghi di questa terra che sono, per loro natura, posti energetici più ricettivi di altri.


