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Serge Fiorio - 1911-2011.
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Serge Fiorio - 1911-2011.
  • Actualités de l'œuvre et biographie du peintre Serge Fiorio par André Lombard et quelques autres rédactrices ou rédacteurs, amis de l'artiste ou passionnés de l'œuvre. Le tout pimenté de tribunes libres ou de billets d'humeur.
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16 avril 2018

Marcel Coen. Une photo souvenir.

   Une photo, finalement, c'est bien peu de chose. Elle ne peut capturer qu'un seul moment sur des millions de la vie d'une personne, ou de la vie d'une maison. Les photos sont la preuve que les choses dont je me rappelle se sont vraiment produites, qu'elles ne sont pas des souvenirs fantômes ou des chimères, des fantasmes. 

Jonathan Coe.

*

   Été 1983, nous palabrons gentiment...
Cette fois-ci près du figuier, au pied et à l'ombre de l'agrandissement de la maison d'İda que je viens de réaliser et pour lequel je suis allé me servir sans façon en belles pierres d'angle pour la fenêtre dans les ruines de l'église depuis longtemps déjà à ciel ouvert, tout là-haut sous le clocher.

Il y a mon cher vieux Vagabond, İda Méruz - sœur de Serge -, Marcel Coen et Georgette Guicherd, parfaite inconnue devenue une fidèle amie d'İda qui, avec son mari Achille, l'avait recueillie adolescente, hébergée et nourrie pendant toute la guerre.
Pour nous faire la photo et y figurer lui-même, Marcel a évidemment installé son appareil sur pied et actionné le retardateur. Ce qui pend à son cou est le posemètre dont il vient de se servir pour quantifier précisément la lumière.

Marcel Coen Montjustin 1984Ce jour-là à cette heure - sans doute à la suite du rituel joyeux repas dominical pris en commun -, Serge a déjà dû regagner son cher atelier situé à deux pas, juste en face à l'étage : la fièvre de peindre s'étant, qui sait, tout à coup manifestée plus aiguë encore qu'à l'ordinaire. D'ailleurs, fenêtre ouverte, peut-être l'entend-on déjà, de là, chanter à pleine voix en piémontais, debout, impeccablement droit face à son chevalet comme à plusieurs reprises il a ainsi plu à Marcel de le portraiturer. Mais toutes sortes de visiteurs arrivant aussi bien chez lui à tout moment, il se peut aussi qu'il sacrifie tout simplement à quelqu'une de ces fréquentes visites surprises dont il ne se plaint jamais.

Initié jadis par Lucien Jacques, continué et renforcé dès leur arrivée par les Fiorio, un grand vent d'ouverture, de tolérance et d'amitié, soufflant en permanence sur les mœurs du village, ô combien nombreuses et nombreux ont ainsi pris et partagé - y compris au travail - du bon temps montjustinien avec les uns ou les autres auxquels le premier venu de passage pouvait toujours encore spontanément se joindre et sans façon se lier, y tenir sa place pour une petite heure, un mois ou, pourquoi pas - cela est bel et bien arrivé - pour tout le restant de sa vie !
C'est, je crois, flamme vive, cet esprit hautement rassembleur qui, à la façon d'une certaine étoile, attira jusque de loin, peu à peu, puis fit converger tout au long du vingtième siècle vers la douce colline de Montjustin tant de personnages que la chronique locale tient - telle une grande famille - aujourd'hui constellés pour toujours en son volumen.

*

D'autres articles :

La transhumance de Marcel Coen
Marcel Coen chez lui à Montjustin.
Portrait du facteur-poète Jules Mougin par Marcel Coen.
Marcel Coen : une photo.
Marcel Coen à Montjustin.
Portrait par Marcel Coen.
Marcel Coen.
Jules Mougin, Jeanne et Serge. (Une autre photo Coen).
Bienvenue !
À la mémoire du petit Antonio. 
Une photo de famille.

 

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Commentaires
J
Je ne me lasse de suivre André Lombard sur les pas de Serge Fiorio. A cette occasion, tout ce qui se rapproche de ce dernier vient nous nourrir généreusement.<br /> <br /> <br /> <br /> Je ne me lasse de revenir voir cette photo de Marcel Coen fait parler et entendre les personnages. Les regards de chacun nous parlent. Ces yeux dont nous parviennent une partie de l'âme sont saisis de ce trouver là, retenus un instant par le déclenchement de l'objectif.<br /> <br /> <br /> <br /> J'entends, entre autres discours, les aboiements de Vagabond, fidèle et couché au pieds d'André, sans lui être trop soumis,mais André ne devait pas douter pour savoir que l'on entendait déjà Serge, de puis la fenêtre ouverte de son atelier, "chanter à pleine voix en piémontais, debout, impeccablement droit face à son chevalet".<br /> <br /> <br /> <br /> Permettez que je m'attarde sur Vagabond et André, un bon et beau chien ainsi qu'un homme beau et vivant. Ces deux comparses ont marqué leur territoire sur le terrain et les pierres de Montjustin (j'ai eu la chance, un véritable honneur, de regarder André choisir la bonne pierre d'angle, l'autre qu'il faut glisser entre deux lits pour éviter un joint debout,...). Cette topographie de leurs traces, elle aussi, mériterait d'être dessinée. Voilà encore un bel ouvrage !<br /> <br /> <br /> <br /> Merci Vagabond, Merci André,<br /> <br /> Jean Paul
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J
La description de cette photographie, de Jonathan Coe (auteur de notamment la maison du sommeil, où l’écrivain fait un portrait fort actuel de la société et y mêle, de chapitre en chapitre, souvenirs et actualités), que nous en fait André Lombard témoigne et décrit si bien l’esprit que l’on découvre.ait dès les premières maisons en arrivant au village de Montjustin.<br /> <br /> <br /> <br /> Sans doute, il est vrai aussi que Lucien Jacques inspira au pays un souffle de l’ouverture, de la tolérance et de l’amitié. En tout cas il en montra l’exemple; une belle manière de construire le texte au théâtre de la vie et de la société, même si celle-ci change dangereusement.<br /> <br /> <br /> <br /> Mais l’important pour moi, dans cet article, c’est ce qu’André Lombard dit de cette photo! Elle lui permet de rassembler et de parler aujourd’hui de sept (si je ne me trompe pas), personnages emblématiques de ce Lieu ! Voila donc la preuve de ce qu’une photo, bout de papier avec quelques produits d’argentiques pour fixer l’image d’un instant si court, n’est que « bien peu de chose en somme,» comme le dit Marcel Coen. photographe de la transhumance.<br /> <br /> <br /> <br /> Reconnaissons aussi avec André, que « les photos sont la preuve que les choses dont on se rappelle se sont vraiment produites, qu'elles ne sont pas des souvenirs fantômes ou des chimères, ni des fantasmes. »<br /> <br /> Une bonne photo (celle qui témoigne de l’âme du sujet, qu’il soit de quelques pierres, d’une partie de paysage, d’un corps, d’un sourire, d’un portrait), est celle, à mon avis, qui incite aussi à la palabre, au raconté d’une maison, au respect du rituel, comme le font aussi le repas, la chanson, la peinture. l’histoire.<br /> <br /> <br /> <br /> C’est pour cela aussi, pour dire ou écrire l’histoire sans chimères, que j’avais fait appel aux collectionneurs de photos concernant directement ou indirectement notre ami Serge.<br /> <br /> <br /> <br /> Merci Serge, merci André,<br /> <br /> Jean Paul Tournay,
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S
Cette phrase du livre "la pluie avant qu'elle tombe" de Jonathan Coe, un de mes livres de chevet... <br /> <br /> Un retour sur l'oeuvre superbe de Marcel Coen... <br /> <br /> Merci<br /> <br /> Sylvie
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