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Serge Fiorio - 1911-2011.
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Serge Fiorio - 1911-2011.
  • Actualités de l'œuvre et biographie du peintre Serge Fiorio par André Lombard et quelques autres rédactrices ou rédacteurs, amis de l'artiste ou passionnés de l'œuvre. Le tout pimenté de tribunes libres ou de billets d'humeur.
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Serge Fiorio - 1911-2011.
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19 juillet 2016

Raymonde Tillon.

   C'est par l'article paru dans L'Écholatain - blog de mon ami le savoyard Edmond Burnet-Fauchez - que je viens d'apprendre le décès de la-resistante-communiste-raymonde-tillon-nedelec

NB : à ne pas confondre avec l'autre résistante célèbre, Germaine Tillion et non Tillon.

Elle était la seconde épouse de Charles Tillon avec qui elle vécut onze années à Montjustin quand celui-ci - accusé, en 1952, de déviationnisme par Jacques Duclos en personne - quitta ses hautes fonctions au sein du comité central du parti communiste français et vint s'installer à Montjustin qu'ils connurent, dès 1950, par l'entremise du journaliste, résistant et homme politique français Yves Farge, ami des Fiorio et de Lucien Jacques.

Yves Farge

Serge en compagnie d'Yves Farge au château des Tourettes, près d'Apt.

Ce sont Aldo et Serge qui, à son arrivée, s'occupèrent de loger et installer au mieux la famille (dont deux filles en bas âge : Itea et Nadia) dans le village. Puis, assez vite, les Tillon achetèrent deux ruines voisines aux abords de ce qui était la place communale.

Ph Zanghi ACe qui était les deux maisons Tillon. Photo Michel Zanghi

Avec Armand Simmonot, leur garde du corps, ils en rebâtirent une en maison d'habitation et firent de l'autre un atelier de bricolage en tous genres dont tout le village profita. La classe unique de madame Lesbros (je crois) accueillant les deux gamines, à deux pas.

Ancien mutin de la mer Noire en 1919, chef des FTP pendant la Résistance, membre du comité central du parti communiste, plusieurs fois ministre, ayant besoin de calme pour faire alors le point, écrire et ainsi témoigner, Charles Tillon craignait les paparazzi qu'il percevait paranoïaquement comme étant tous plus ou moins des espions - dont les Fiorio le protégèrent autant qu'ils le purent en les déroutant bien souvent avec adresse. Tillon les fit fuir lui-même une fois très brutalement en les pourchassant armé d'une fourche en fer.

Charles Tillon étant - non sans raisons vraies et profondes, n'en doutons pas ! - devenu de caractère difficile, vivant également un peu en marge des réalités quotidiennes de la vie à la campagne, les relations avec les montjustiniens ne restèrent pas très longtemps au beau-fixe. La liberté avec laquelle vivaient alors les Fiorio devant lui paraître relever de l'indiscipline. Art de vivre à Montjustin, en vérité, (malgré la sécheresse financière qui leur est alors coutumière) dont témoigne et rend compte déjà - un peu plus tôt - Lucien Jacques lui-même dans une lettre écrite à son ami le poète-maçon Alfred Campozet parue, page 120 et datée du 29 juillet 1949, dans le bulletin numéro 12 de l'association des Amis de Lucien Jacques : « Ici, les Fiorio mènent une vie pittoresque et charmante, sans guère plus de soucis que des oiseaux (pour autant que ces derniers en manquent), mais ce qui me fais les comparer aux oiseaux, c'est qu'ils chantent en solo ou en chœur à tout bout de champ.» Ce dont témoigne également Lucienne Desnoues qui, elle, écrit : « J'ai entendu très souvent, depuis l'automne, un concerto de Vivaldi pour orchestre et deux mandolines. C'est une musique magique, allègre, intelligente, déliée, aérée, qui me fait toujours penser aux Fiorio sur leur butte montjustinienne. »

Mais ce qui contrariait Tillon ce n'était pas de les entendre chanter à longueur de journée, c'était les bruits matinaux de sonnailles et les crottes laissées un peu partout sur leur passage par leurs biques et leurs brebis, le chant du coq, des choses comme ça. Réaction qui paraît démesurée, vraiment insensée et navrante, en regard de tout ce qu'avait jusque-là vécu et affronté par ailleurs cet homme d'un grand courage et d'une grande honnêteté dans sa vie terriblement dangereuse et mouvementée !

Les Tillon déménagèrent finalement à Aix-en-Provence, ayant vendu leurs biens de Montjustin où leurs deux filles passèrent toute leur enfance. Charles Tillon reprend son combat auprès de personnalités comme Garaudy pour être finalement exclu du parti en 1970. Il décède en 1993.

Dans son livre au titre emprunté à Éluard, Raymonde Tillon raconte sur plusieurs pages leur quotidien à Montjustin dans les moindres détails sans cependant arriver à donner à l'ensemble une autre allure : celle, plus profonde, à laquelle tout lecteur quelque peu averti de leur chemin, de leur personnalité respective et de leur situation commune d'alors, est en droit de s'attendre en lieu et place de cet épisode montjustinien qui, narré de la sorte, m'a semblé cousin, si mes souvenirs sont bons, de l'un de ceux - excusez du peu - de La petite maison dans la prairie !

L'essentiel de l'ouvrage est ailleurs.

Livre Tillon R

Il nous faudra bien entendu revenir sur tout ce monde de temps en temps, au fil du blog...

Charles et Raymonde Tillon à Montjustin.
Raymonde Tillon.
Montjustin à la belle époque
Lucien Jacques : le témoignage de Charles Tillon sur ses obsèques du 13 avril 1961 à Montjustin.
À propos de Vidalie.
Le livret Trois de Montjustin.
Lucien Jacques.
Montjustin, divers textes.

Sur les traces de Serge Fiorio1/5, par Gautier.
Sur les traces de Serge Fiorio, 2/5, par Gautier.
Sur les traces de Serge Fiorio 3/5, par Gautier.
Sur les traces de Serge Fiorio 4/5, par Gautier.
Sur les traces de Serge Fiorio 5/5,
par Gautier.
Les Riches Heures
(Lucien Jacques-Fiorio-Ibanès)

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