Une photo de famille.
Bel éventail ouvert, déployé, devant la porte de la cuisine de « la maison du bas », sous les auspices de la colombe de la paix gravée dans la pierre à même la clé du linteau par Aldo, le frère de Serge !
De gauche à droite, on reconnaît Aldo, le frère aîné, fidèle compagnon d'arme du peintre tout au long de sa vie, Sylvie, la fille d'Ida, sœur de Serge, qui, elle, est l'avant-dernière sur la droite. Viennent ensuite Maria, la maman, Serge, Émile, le papa, Ida donc, et Ézio, resté savoyard, le petit dernier. Manquent Jeanine, l'épouse d'Aldo, Daniel, leur unique fils, Irma l'épouse d'Ezio, Achille Méruz le mari d'Ida. Madeleine Paillet, la maman de Jeanine, pourrait être présente aussi, car sans doute déjà descendue de Paris à sa retraite.
Ce n'est pas l'époque encore de « Cheeese ! », c'est pourquoi, prise sans doute en fin de matinée, cette photo ne révèle pas de visage vraiment souriant : le soleil, pas encore très haut à l'est, force les yeux de chacun à cligner au moment même où sort le petit oiseau...
La photo est évidemment l'œuvre de l'ami Marcel Coen qui fut bien souvent - mais pour la période de Montjustin seulement - un peu le reporter, le scribe photographique, de cette heureuse épopée familiale. Merci à toi Marcel d'avoir eu la présence d'esprit de fixer si régulièrement pour nous et pour l'éternité tous ces instants de bonheur familier.
Tous sont morts aujourd'hui, y compris le photographe, et la tribu Fiorio est réduite à un seul : Daniel, le fils d'Aldo, désormais installé à Montjustin, mettant ainsi en quelque sorte en pratique les vers célèbres de Joachim du Bellay :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
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