Canalblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Serge Fiorio - 1911-2011.
Publicité
Serge Fiorio - 1911-2011.
  • Actualités de l'œuvre et biographie du peintre Serge Fiorio par André Lombard et quelques autres rédactrices ou rédacteurs, amis de l'artiste ou passionnés de l'œuvre. Le tout pimenté de tribunes libres ou de billets d'humeur.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Serge Fiorio - 1911-2011.
Newsletter
44 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 383 139
Publicité
2 juillet 2015

Dans le sillage de la pensée de Jean Benoist.

   Réfléchissant à comment présenter la vie et l'œuvre de Serge Fiorio aux visiteurs de l'exposition de cet été à Gréoux, je me disais que je n'avais finalement pas d'autre meilleur choix que celui de résumer. Mais résumer, me disais-je, c'est aussi trahir.

Pourtant – on va le voir tout de suite – pas forcément, la preuve : une phrase de l'éminent médecin et anthropologue Jean Benoist qui – appréciant la peinture de Serge et Serge lui-même, son accueil – fréquenta l'atelier de Montjustin, me semble à ce propos tout à fait éclairante.
Page 73, il écrit dans Entre les corps et les dieux, son livre d'Entretiens avec Joseph J Lévy : « ...on essaie d'unifier l'image que l'on a du monde parce qu'on désire l'unité intérieure. » N'est-ce pas là, résumée justement, en une seule phrase et sans trahison d'aucune sorte, toute l'aventure des quatre-vingt ans de peinture de Serge ? Sa haute raison d'être, primordiale, s'y fait jour, s'y fait entendre et y résonne comme cette mer que l'on entend soudain en direct, révélée par et dans la caisse de résonance idéale d'une coquille posée contre l'oreille.

Chargée d'un sens profond par une sagesse d'interprétation certaine, cette phrase n'est autre qu'un talisman; elle a pouvoir d'unifier la pensée elle-même, pour faire comprendre, et la faire ainsi s'ouvrir comme une fleur. Elle est, par définition, applicable à d'innombrables domaines; à vrai dire, à tous ceux qui touchent à l'humain. Donc, entre autres et pas des moindres n'est-ce pas, à celui de la création artistique ! 

Labour au VallonLabour au Vallon. Gouache,1942. Cette œuvre est présentée à l'exposition de Gréoux.

Une autre idée majeure de Jean Benoist est à méditer, je crois, sans modération : les événements qui, à mesure, tracent notre ligne de vie – aussi bien celle d'une race, d'une culture, d'un continent entier, etc, ne sont pas selon lui, si je l'ai bien compris – de l'ordre de la réaction de cause à effet, non plus du bien d'un côté et du mal de l'autre, s'affrontant, pas plus que de celui du coup de chance ou de son cousin germain le mauvais œil. Non, les choses sont tressées les unes avec les autres, écrit-il. Autrement dit, tout se tient en somme, ici-bas : le monde est cohérent, n'ayant donc rien d'absurde ni d'aléatoire en son essence.

« Dieu ne joue pas aux dés » disait déjà Einstein de son côté.

Tressées, la vie et l'œuvre de l'artiste qui ici nous intéresse le sont effectivement au plus haut point et sont ainsi – il va sans dire – pleinement porteuses de sens devant l'Éternel. Tressées par Serge lui-même, en créateur actif de son destin hors-norme. Toute exposition de ses œuvres n'étant désormais qu'une coupe en lame transversale de cette tresse, ne rendant donc compte que de quelques-uns des fils constitutifs de l'œuvre en en révélant la nature au public.

Alors, combien d'expositions Fiorio nous reste-t-il à faire pour obtenir un jour de l'œuvre une vue d'ensemble à la fois unifiée et des plus fidèles ?

 

Publicité
Commentaires
S
De nouveau de la part de Jacques Ibanès :<br /> <br /> <br /> <br /> Peut-être qu’en écho à Jean Benoist et à ce que tu me dis de l’inconscient tu pourrais ajouter la phrase (géniale elle), tirée du Moulin de Pologne :<br /> <br /> “Le destin n’est que l’intelligence des choses qui se courbent devant les désirs secrets de celui qui semble subir, mais en réalité provoque, appelle et séduit.” Je cite de mémoire et ne pense pas me tromper, y compris sur l’italique.
Répondre
S
Cher Jacques,<br /> <br /> <br /> <br /> Oui, les coïncidences ! Comme ce que tu te remémores là, en phase avec la pensée de Jean Benoist ! <br /> <br /> Pour ma part, je prends les coïncidences comme de véritables interpellations de l'inconscient car elles ne sont jamais gratuites ni innocentes. Parfois elles inspirent.
Répondre
S
De la part de notre ami Jacques Ibanès :<br /> <br /> A propos des “choses tressées” dont parle Jean Benoist, il se trouve que j’ai été amené (c’était en 2007) à une réflexion similaire à propos des “coïncidences” . Voici ce que j’écrivais :<br /> <br /> “Ces coïncidences sont sans doute de simples interférences. Elles montrent combien les choses et les faits sont englobés dans une trame très serrée. Nous passons notre vie sans y être toujours attentifs. Il suffit pourtant qu’à un moment nous pensions fortement à un être, un évènement ou que nous apprenions simplement son existence, pour que celui-ci ou celle-ci se dégage de ce « tissu » où il/elles sont contenus.”
Répondre
Publicité