Les Quatre Saisons.
œuvre de synthèse, comme pour Chabaud de la Montagnette Les Olivades, Les Quatre Saisons rassemblent plusieurs thèmes, plusieurs leitmotive, elles récapitulent pourrait-on dire, tout un pan de l'œuvre — et donc de son esprit — dans une fervente célébration concertante des travaux paysans, campagnards, au cours des quatre saisons en plein paysage, sous un ciel commun qui en devient, du coup, le rideau de scène idéal.
Les voilà orchestrées, mises en musique, peuplées et mises en scène, pour devenir, composition extraordinairement ouverte à l'appui, un véritable Credo du peintre et, pourquoi pas, une sorte d'arche imagée en plein air qui pourrait — un nouveau déluge étant peut-être sur le point d'advenir — servir de signe de ralliement à des sensibilités d'un tout autre état d'esprit que celui qui nous pousse à refuser, aujourd'hui en masse, la réalité pourtant immémoriale de nos propres limites.
Tout en étant différenciées, chacune bien caractérisée sur son territoire, les saisons sont unies entre elles sur l'image, liées plutôt, comme bien entendu elles le sont en réalité chaque année sous nos yeux dans le volumen du temps qui passe. Les représentant, le peintre nous dit, chemin faisant de l'une à l'autre, ce qu'elles ont, chacune, de spécifique pour lui. C'est l'hiver — les travaux des champs étant au ralenti, sinon en sommeil — que se réveillent le sens, le goût et l'esprit de la fête, de Carnaval, et pour les exprimer, le jeu serré des couleurs et des personnages.
Un Grand Luberon intemporel — dont on ne saurait donc dire avec certitude la saison exacte — se prolonge par le blanc des Alpes sous les neiges éternelles ; cela procure discrètement une autre différentiation, un décalage d'encore une autre dimension : celle du temps avec l'éternité qui, elle, ne peut être que seulement devinée derrière l'horizon.
Porteuse de tant de choses, riche, dense et totale ; en vérité, cette toile est inépuisable. J'y reviendrai de temps à autre, peut-être demain !