Noël de la mante religieuse par Lucienne Desnoues. Gravure de Louis Pons
Où s'en allait donc cette mante ?
Mais à la messe de minuit !
Paroissienne peu charmante!
À cette dame, ce qui nuit
C'est son renom d'épouse ogresse.
Bref, cet air d'humain inhumain.
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Grande amanticide, ô la mante,
Oserez-vous, sur l'Enfant-Roi,
Poser froidement vos yeux froids
Sans que la honte vous tourmente ?
« Si je dévore mes maris,
C'est par un principe du Père.
Mon cœur s'en trouve bien marri
Et dans le Fils mon cœur espère. »
Venu agripper le Sauveur,
Cette Agrippine sèche et rêche
Ne laisse personne rêveur
Dans les environs de la crèche :
L'âne montre ses grandes dents,
Le bœuf sent ses cornes qui vrillent,
On entend les anges-gorilles
Resserrer leur cercle grondant.
Mais la Vierge, ineffable femme,
Dis en levant son bel œil gris :
«Nous adjurons le Saint-Esprit
D'abolir ce principe infâme.»
En vain ses suppliques brillèrent.
Jésus lui-même n'en put mais.
La mante reste, au mois de mai,
Une lascive meurtrière.
Mais elle garde à tout jamais
L'attitude de la prière.
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Sur le plus récent des deux portraits du dessinateur Louis Pons par Henri Cartier-Bresson