Ce que l'on appelle le sens de la répartie
Démocrite
La Vérité sortant du puits, tableau de Jean-Léon Gérôme[
M'a plu de lire hier matin dans Les Soirées de Paris, sous la plume de Philippe Bonnet : « …cela lui rappela qu’un jour, histoire d’être courtois avec un autochtone sur un site historique de Provence, il avait commenté l’affluence touristique, sujet a priori très stable et sans danger. Mais le gars lui avait confirmé qu’effectivement le village était « plein de couillons ». La légendaire bienveillance du santon venait de s’exprimer en trois mots. »
Et cela me rappela une autre réflexion d'un du pays qu'un de ses amis avait tenté de sortir un peu de son trou comme on dit en l'invitant chez lui pour, de là, chaque jour découvrir un peu plus Paris.
– Dis, quand est-ce que tu viens un peu nous voir à la capitale ?
– Ah, c'est que chaque matin de bonne heure, mis à part quand il pleut, je vais avec Médor jusqu'à ce rocher en pointe que tu vois là-bas en direction Glorivette, juste en face du Grand Luberon dont je ne me lasse pas. Là, on s'assoit tous les deux, côte à côte, et une fois installés, le cul toujours posé à peu près au même endroit, je me roule ma première petite cigarette, c'est la meilleure de la journée !
Alors, tu es quand même bien brave mais, compte tenu de ça, qu'est-ce que tu veux que j'aille me perdre à Paris ! Et puis tu nous imagines y circuler toute la sainte journée chacun au bout d'une même laisse ?
Autre anecdote : un soir d'été, assez tard, j'avais surpris Serge immobile dans le noir, debout à l'une des fenêtres, alors toutes ouvertes, de son atelier.
– Mais, Serge, que peux-tu bien pouvoir encore observer à cette heure ?
– Avant tout, j'observe le silence.
Et aussitôt je me le tins pour dit !