« Ses paysages d’Arlequin »
Le mot est d’Axel Toursky, et il est juste.
Ne dit-on pas « une pièce » de tissu ou d’étoffe comme on dit aussi, pareillement, « une pièce » de terre ?
C’est en ce sens aussi qu’il est peintre-paysan et grand couturier, tout autant. Ses champs sont en effet cousus les uns aux autres, c’est le cas de le dire, de main de maître, la couture étant faite au petit point. Arbres, arbustes, arbrisseaux en haies vives, ruisseaux, murets, sentiers et chemins, forment trait d’union – belle trouvaille toute naturelle ! – entre la couleur et l’espace, enfermant les parcelles dans leur unité. Cadastrant la terre, ces « fioritures » comme il les appelle si bien, ajoutent à chaque fois sans coup férir à l’infini des ciels.
L’artiste n’est par ailleurs pas en reste d’enthousiasme envers ceux qui cultivent et/ou élèvent des bêtes, prenant ainsi part active à la vie et à la beauté des paysages. Juillet étant le mois où le peintre s'éclipse volontiers de son atelier pour aller goûter autour de chez lui les divins rapports bleus et ors de la lavande y côtoyant les blés, un habitant de Vachères le surprit les bras au ciel sur la terrasse nord-est du village, en vue de Lure, criant vers les fermes en contrebas : « Merci les paysans ! Merci bien ! »