Un retour de courrier de François Mangin-Sintès en éclairage de la très riche personnalité de Serge
Tout d'abord ce que dit Babelio de l'ouvrage ci-dessous : Pour Charles Sorlier, un monde interlope a tenu lieu d’université — prostituées de haut et bas étage, souteneurs nécessiteux, voyous à la petite et à la grande semaine, clochards débrouillards. Tous, sans exception, furent ses professeurs. En 1948, il entre dans le fameux atelier Mourlot et là, durant trente-cinq ans, il deviendra le lithographe et graveur attitré des plus célèbres peintres du XXe siècle, Matisse, Dufy, Léger, Picasso, Chagall et beaucoup d’autres.
D’un Luna-Park coquin à un « ratodrome » canaille, des filles de joie aux hommes de plume, de l’anecdote à l’amitié, du talent à la célébrité, tout chez Charles Sorlier respire la bonne humeur, la jovialité, la gouaille et la truculence. On ne s’ennuie jamais en compagnie de ce conteur né.
/image%2F0405486%2F20260123%2Fob_99777f_s-l1200.jpg)
« Bonjour André. Merci de me rappeler ce livre situé loin dans ma mémoire et que j'ai découvert un jour de visite sur le bureau de Serge. Et comme c'est étrange, et par analogie avec la vie passée du lithographe, je me rappelle lui avoir demandé ce jour-là son avis sur la sublissime musique de Mozart (“...dont la pureté le situe à part des autres musiciens…” Mauriac) et la vie de débauche que ce dernier affectionnait par ailleurs dans les bouges où régnait en permanence tout ce qui se fait de plus laid et de plus vulgaire parmi les hommes. La réponse est tombée comme un couperet : “Autrement, il n'aurait été qu'un esthète ! ”
Ce sentiment d'accepter la vie sous toutes ses formes par-delà le bien et le mal (sic) était pour Serge non pas un outrage à la morale mais, au contraire, une source de richesses infinies et indispensables à la vocation de l'art en général. C'est pourquoi ce livre, les Mémoires d'un homme de couleurs, l'avait tant intéressé. On dit que tous les Italiens connaissent Dante et sa Divine comédie dès la naissance. Serge, parce qu'il était un esprit libre et aussi de sensibilité italienne n'échappe pas, non plus, à ce lien atavique. »