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Serge Fiorio - 1911-2011.
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Serge Fiorio - 1911-2011.
  • Actualités de l'œuvre et biographie du peintre Serge Fiorio par André Lombard et quelques autres rédactrices ou rédacteurs, amis de l'artiste ou passionnés de l'œuvre. Le tout pimenté de tribunes libres ou de billets d'humeur.
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26 janvier 2026

Giono, photo et peinture

   Apprenant que le thème des Rencontres Giono 2026 sera la photographie, me sont par avance venues quelques lignes à ce sujet se prolongeant vers la peinture.

L'anima dévorée du feu de la passion d'écrire, l’écrivain manosquin ne se servira jamais autrement de la photo que comme motif, bon et même excellent prétexte, parfois aussi tremplin de première force, à user de son porte-plume sans le moins du monde s'attarder à réellement commenter, pas plus qu’à réagir sur les défauts ou les qualités propres à cet art né à peine une cinquantaine d’années avant lui. À tel point possible que lorsqu’il écrit Camargue, il n’a même plus les photos d’Hans Silvester sous les yeux ! Ne s’en servant alors qu’à l’aveuglette comme ferment, pourrait-on écrire, afin de mieux pouvoir s'y ajouter subtilement et rayonner à l’aise, point barre. Comme de tout ce avec quoi, ou avec qui, sa nature d'écrivain, et à l’occasion de cinéaste, se trouve en phase propice à créer.
Idem pour la peinture dont il ne sera pas un vrai connaisseur au sens le plus ordinaire puisque, en réinventant en partie des 
œuvres, les rêvant donc d'une façon si bien à lui, voilà que, de fait, se situant donc sur un autre registre d’interprétation, leur recréation romanesque dépasse finalement en vérité toute critique assermentée, aussi pertinente soit-elle !
C’est que nombre d’artistes se rejoignent ainsi implicitement, comme en douce, au nez et à la barbe des principes et barrières du temps qui pour eux
et selon le titre de l’audacieux fameux tableau de Chagall représentant un poisson ailé surmontant une horloge mécanique  « n’a point de rives. » Aussi, en effet, à côté de Pascal et de Chrétien de Troyes, Un roi sans divertissement, par exemple, ne doit-il pas fabuleusement tout autant à Bruegel ?

Parlant justement d'un livre qu'il dut remettre à l'abri de la boîte du bouquiniste à cause d'une pluie soudaine sur les quais de Seine, Claude-Henri Rocquet écrit ceci qui va beaucoup plus loin : « Sans doute l'auteur en est-il venu dans un autre tome à Giono. Non seulement en évoquant dans l'œuvre de Giono les Bruegel inauthentiques, mais à partir de sa réinvention de Bruegel, de cet art poétique, en découvrant chez Giono une façon de raconter et de décrire qui doit presque tout à la peinture, et en particulier à la manière qui est celle de Bruegel. Dans Jean le Bleu, le père du narrateur raconte à son fils une Chute d'Icare qui est un Bruegel réinventé. Dans L'Iris de Suse, par exemple, et dans les premières pages du livre, l'ouverture du récit, tout semble composé, vu, mis en page, mis en scène, échelonné du plus proche au plus lointain, tout semble vu et représenté selon l'exemple et la leçon de Bruegel, à sa manière. Comme si, chez Giono, l'œuvre de Bruegel était la matrice de l'art du romancier, du poète. Comme si Bruegel, un Bruegel rêvé, lui enseignait à voir et à écrire.

Bruegel, maître de Giono ; non moins que Stendhal. »

 

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