Louis Pons. Une gravure
Qui ne connaît ou n’a pas connu au sein de sa famille ou encore découvert dans son entourage, icône matrimonaile, l’une des traditionnelles photos-souvenirs d’un couple de jeunes mariés ?
Aucun doute que ce soit à ce genre de double portrait que se soit ici consacré « le dard » acéré par nature de cet étonnant graveur-dessinateur que fut Louis Pons ; mais sous la minutieuse représentation, par analogie, d’un couple d’insectes en son milieu naturel.
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Et pas du tout n’importe lequel puisque étant celui de Mantis religiosa dont les mœurs cannibalo-amoureuses de la femelle à l’encontre de son partenaire sont bien connues : il n’est en effet pas rare, lors de l’accouplement, que celle-ci lui arrache puis lui dévore soudain la tête pourtant tout naturellement en forme de cœur parfait !
Cela non par hasard bien sûr, non plus par méchanceté, puisque par pure et simple nécessité biologique pour, ce faisant, favoriser une optimale (si j’ose employer ici cet adjectif sans craindre les foudres assassines de quelques féministes !) perpétuation de l’espèce : les entomologistes assurant que le futur nombre d’œufs est alors effectivement lié et même proportionné à la disponibilité immédiate en protéines !
Mœurs qu’en artiste hypersensible – en rien aveugle et sourd à ce mobile spécifique à l’espèce chez qui le meurtre du mâle sert donc tout d’abord à la survie de sa propre descendance – Louis Pons transpose, et donc détourne pour, in fine, les faire allégoriquement coller à sa propre vision de celles de ses semblables ; assaisonnant le tout d’un humour noir typique, très personnel ; se plaisant ainsi avec l’art consommé qui est le sien à fortement attirer l’attention, puis à révéler en filigrane de sa magistrale gravure l’éventuel tragique envers du décor de potentiellement n’importe quelle plus ou moins paradisiaque lune de miel…
PS : dans la marge inférieure de cet exemplaire on peut lire, discrètement écrit au crayon gris pâle sur une seule ligne, sans date ni ponctuation : Épreuve d'artiste Pour Serge Fiorio En toute amitié Louis Pons
Au lieu de mantes religieuses ou de jeunes mariés, ces deux grotesques créatures évoquaient pour Serge une paire de vieilles bigotes.
Qu'en eut dit Louis Pons ?
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Sur le plus récent des deux portraits du dessinateur Louis Pons par Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier-Bresson, sévère dessinateur
Louis Pons, Nina et quelques autres
Louis Pons et Serge
Lucien Henry, Les petites fenêtres
Bonne année !
Lucien Henry par Jules Mougin