Aimée Castain, peintre du pays bleu
C'est le récent passage au feu des enchères d’un fort enchanteur autant qu’onirique Mariage à Notre-Dame des Anges qui tisonne en moi l'idée de saluer encore une fois Aimée Castain.
Dès sa sortie de l’anonymat, en 1971, par son exposition de gouaches à la MJC de Manosque à l'occasion de l'Année départementale de la nature, quelques plumitifs s’en étaient malencontreusement mêlés pour tout de suite en dénaturer l’originalité foncière en faisant passer cette éminente autodidacte pour une « Mamie-lavande » folklo et pittoresque au plus mauvais sens de chacun de ces deux adjectifs.
Ce qui, en effet, ne manquait pas de mièvrerie ni même, disons-le carrément, de bêtise aux yeux de celles et ceux qui, nombreux déjà, avaient eu au travers de cette initiale expo manosquine, la révélation d’une femme de caractère au talent de peintre authentique.
Alors, malgré le mystifiant panégyrique de ces aberrants articles concernant ses débuts, le visiteur trouvant dès lors toujours grandes ouvertes chez elle, au Gubian comme ensuite aux Bourbons, les portes de son univers – dont son œuvre, alors peint et dessiné à mesure, demeure aujourd’hui à jamais le miroir à facettes –, sa réputation grandit à souhait par le simple effet du bouche-à-oreille.
Renommée dépassant bientôt largement les frontières régionales sans que l’artiste elle-même ne soit pourtant, selon ses propres mots, « jamais sortie du canton », sauf une fois ou deux pour rendre visite à un parent éloigné habitant du côté des Omergues !
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Maintenant ne serait-il pas l’heure, par les temps qui courent, de satisfaire à l’envie, sinon au besoin partagé par un grand nombre, de nous rafraîchir l’âme et l’esprit en cet univers pictural si heureusement plein d’une humanité et d’un certain savoir-vivre coloré de sagesse ancestrale qui, de toute évidence, font de par le monde de plus en plus défaut aujourd’hui ?
À quand donc, dites-moi, et dans lequel d’entre tous ses altiers villages hauts provençaux amoureusement peints, la prochaine exposition Aimée Castain ?
C’est la grâce que je nous souhaite.
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Quelques liens
Aimée Castain
Le Semeur
Les Très Riches Heures d'Aimée Castain
Aimée Castain. Une traduction d'Agostino Forte
Aimée Castain. Un certain art de peindre en dehors des clous
Aimée Castain, un extrait du chapitre XIX de Pour saluer Fiorio
Élisabeth Barillé : Aimée Castain ou L'école du ciel (1)
Élisabeth Barillé : Aimée Castain ou l'école du ciel (2)
Aimée Castain. Une lettre des années 70
Aimée Castain. Le rouet. Quelques notes éparses
Aimée Castain par Philippe Cottenceau
La Crèche selon Aimée Castain
Aimée Castain et sa Famille paysanne
Les Très Riches Heures d'Aimée Castain
Aimée Castain, In memoriam
Aimée Castain - 1917-2015 - bergère et peintre au regard neuf
Aimée Castain : à quand la prochaine expo ?
Aimée Castain (avec un texte de Serge)