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Serge Fiorio - 1911-2011.
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Serge Fiorio - 1911-2011.
  • Actualités de l'œuvre et biographie du peintre Serge Fiorio par André Lombard et quelques autres rédactrices ou rédacteurs, amis de l'artiste ou passionnés de l'œuvre. Le tout pimenté de tribunes libres ou de billets d'humeur.
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16 septembre 2025

Dans le souvenir de Pierre Magnan

​   « Vers 15h 50, les secours ont été appelés pour un accident sur la RN 202, à Annot, à la clue de Rouaine où un motard s’est gravement blessé lors d’une sortie de route.
L’intervention a tout à coup pris une tournure particulière quand ils ont découvert que l’individu de soixante ans transportait avec lui un obus. »
Là-dessus, lu tout à l’heure sur Internet, Pierre Magnan m’est tout de suite apparu présent, tel qu’en lui-même, assis à sa place habituelle du Café du Bourguet à Forcal, y
prenant lui aussi connaissance de ce véridique fait-divers publié dans la presse locale et puis s'en saisissant aussitôt avec bonne humeur, et même reconnaissance, comme appui de tout premier ordre à son imagination du moment justement un brin flagada après s'en être donné à cœur joie via les époustouflants arcanes à épisodes de son tout dernier polar en date.
Le voilà donc qui se dresse maintenant de la banquette cramoisie et s’en va, retournant de ce pas vers sa modeste table de travail qui s’impatiente non loin de là, dans son appartement situé presque en face, juste derrière la vénérable concathédrale qui est le centre de gravité de la cité comtale.

   L’inspiration étant bien, du coup, d’entrée au rendez-vous, le voici qui s'attaque et s’attache à nous décrire cinématographiquement l’accident qui vient de se produire ; et puis, de fil en aiguille dévoile peu à peu la trame de plus en plus serrée d'un mystère sous-jacent où, de suspens en rebondissements, le cher commissaire Modeste Laviolette et sa gouvernante Solange tiennent bien entendu le devant de la scène.
L’élément capital du puzzle étant tout à coup, pour sûr, la surprenante découverte par les services départementaux de déminage, que l'obus en question a bel et bien été insoupçonnablement bricolé et, par là détourné de son terrible usage, converti en un inoffensif coffre-fort ambulant trouvé plein comme un
œuf, à ras la cloche, de « bellures » d'un prix exorbitant s’avérant avoir été dérobées la semaine d’avant quelque part bien plus bas, très vraisemblablement sur La Croisette à Cannes au moment du fameux festival.
« Bellures » destinées, l’enquête le dira, à alimenter ou ranimer la flamme d'une sulfureuse et bien entendu secrète passion hors norme sur fond de décor typiquement haut provençal.
Puis, s’immisçant toujours un peu plus avant, chemin faisant, parmi ses principaux personnages
puisqu’écrivant, pour finir, carrément à la première personne –, l'auteur soutient avoir lui-même autrefois eu vent « de choses pareilles » par les impudiques chuchotements à son oreille d’un bon copain de classe dans la cour de récréation. Cela, avant de lâcher du lest et faire finalement péter, d’un coup d’un seul, toute la charge macabre de l’histoire à la face subitement terrorisée du lecteur par – c’est un peu la loi du genre ce qu’il lui fait sadiquement entrevoir à la dérobée dans l’entrebâillement furtif, à la toute dernière page, de l’un des battants d’une antédiluvienne porte cochère située tout au bout de la rue Sans nom… 

*

Nel ricordo di Pierre Magnan

« Erano circa le 15:50, quando dei soccorsi sono stati chiamati per unincidente accaduto sulla RN 202, ad Annot, alla curva di Rouaine, dove un motociclista è rimasto gravemente ferito dopo essere uscito di strada. L’intervento ha preso una piega particolare quando ci si è accorti che il sessantenne alla guida portava con sé una granata. »
Da questo fatto, appena letto su Internet, me ne è scaturita l’immagine di un Pierre Magnan, seduto al suo solito posto del Café du Bourguet a Forcal, nel momento di prendere anche lui conoscenza di questo veridico fatto di cronaca pubblicato dalla stampa locale, impossessandosene subito e cogliendolo per il giusto verso, e anche con una sorta di gratitudine, come supporto di prim’ordine all’immaginazione del momento - se pur un po’ provata da tutti gli arcani episodi mozzafiato del suo ultimo romanzo giallo.
Eccolo, il nostro Pierre, alzarsi prontamente dalla panca cremisi e
incamminarsi a passo svelto in destinazione del suo modesto tavolo da lavoro, in impaziente attesa nel suo appartamento, non lontano da lì, quasi di fronte, proprio dietro la veneranda concattedrale, centro di gravità della città comitale.
L'ispirazione è sicuramente buona e quindi attacca con impegno a descriverci cinematograficamente l’incidente appena accaduto. Poi, essendo che da cosa nasce cosa, a poco a poco la trama s’infittisce sempre più, con un sottofondo di mistero in cui, tra suspense e colpi di scena, troviamo come al solito in prima linea il caro commissario Modeste Laviolette e la sua governante Solange.
Sicuramente, l'elemento cruciale di tutto il puzzle ruota intorno all’improvvisa e sorprendente scoperta, da parte degli artificieri, che la granata in questione era stata in verità manipolata in modo inaspettato e, quindi, deviata dal suo terribile uso originale, convertendola in una innocua cassaforte ambulante, piena fino all'orlo di “gioie” di gran valore, rivelatesi poi rubate la settimana precedente, da qualche parte molto più a sud, assai probabilmente sulla Croisette, a Cannes, in occasione del famoso festival.
“Gioie”, come appurerà l'inchiesta, destinate ad alimentare o ravvivare la fiamma di incredibili, segrete e perniciose passioni, calate in uno scenario tipicamente alto provenzale.
Poi, nel prosieguo, intrufolandosi sempre più nel carattere dei suoi personaggi principali - e poiché a un certo punto dello scrivere si finisce per parlare in prima persona - l'autore sostiene di aver orecchiato “cose simili” dagli impertinenti mormorii di un caro compagno di classe, nel cortile della scuola; gran preludio all’allentamento della tensione che, nell’ultimissima pagina, farà repentinamente deflagrare tutto l’inquietante portato della storia sul volto improvvisamente terrorizzato del lettore - passaggio inevitabile per il genere letterario in questione -, facendogli sadicamente intravedere di nascosto, per via dello spiraglio offerto dal battente di una vecchissima porta d’ingresso situata alla fine della Tal strada ...

*

 

 

 

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