La complainte de l'idiot du village de Lanza del Vasto
C'est encore une fois dans les rayonnages de ma librairie préférée (Emmaüs d'Apt) que j'ai déniché un ouvrage que je recherchais depuis pas mal de temps : Le chiffre des choses, livre second, recueil de poèmes de Lanza del Vasto, paru à Marseille chez Robert Laffont en 1942.
Et je découvre qu'outre les paroles de la très grave et mélancolique Ô belle à la fontaine qu'aimait chanter Serge sur un air du XVIIème choisi par Lanza, ce recueil contient aussi la pathétique Complainte de l'idiot du village que lui avait appris avant-guerre, jamais oubliée, son ami Luc Dietrich à qui elle est dédiée.
PS : Histoire sans paroles, presque : à propos d'idiot du village, Serge racontait volontiers qu'habitant en ce temps-là Taninges en Haute-Savoie, il y avait fait une rencontre improbable en la personne d'un parfait inconnu croisé un matin sur la place qui l’interpelle ainsi, ne pouvant sans doute pas mieux tomber :
– Pardon monsieur, je cherche l'idiot du village...
Alors, sous le coup fulgurant de l'inspiration et sans même lui laisser finir sa phrase, Serge le renseigne aussitôt en lui donnant fort justement le change :
– Ben, c'est moi !
Ce à quoi sous le coup, lui, de la stupéfaction, l'inconnu lui aurait alors répondu, visiblement confus :
– Ô pardon !
Tout en s'empressant de tourner les talons sans jamais plus réapparaître au village.
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Portrait de Lanza del Vasto (chapitre XII d'Habemus Fiorio !)
L'ami Luc Dietrich, contenant une lettre de Luc Dietrich
Luc Dietrich par Frédéric Richaud
Lanza del Vasto. Un article du Provençal en date du 13 mai 1958
Une lettre du 12 février 1941
Ô belle à la fontaine
Une soirée inoubliable