Quand l’esprit, le cœur, la main, travaillent à exprimer ce qui a été vécu et senti au plus profond d’un être, l’émotion passe. 

Serge Fiorio

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On dessine pour se trouver et on rencontre les autres.

Louis Pons

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Domme 2

 À la fin des années soixante, Augiéras, fuyant la civilisation, s'installe dans une caverne en Dordogne. Entre feu et musique, il y invoque les forces surnaturelles. Domme ou l'essai d'occupation raconte cette vie retranchée. Dans un double mouvement de retour à l'état divin et de perte d'identité, l'auteur annonce la venue d'un Homme nouveau en osmose avec l'Univers...
La société, des médecins, ont cru Augiéras fou, qui affirmait avoir 
les goûts et les tendances d'un autre monde. Les incantations de cet homme, médium et suspect, résonnent aujourd'hui étrangement dans un monde en chaos. Voici, littéralement, un livre culte. (Quatrième de couverture).

   Quel rapport, direct ou indirect, quel lien, peut-il bien y avoir entre un tel ouvrage et la vie ou l'œuvre de Serge ? Que vient donc faire là, me direz-vous, l'évocation de cet auteur dans le blog Fiorio ? Une embardée sans doute...

Je ne sais si via l'éclectisme et les arcanes de ses lectures, de ses contacts, aussi bien de proche en proche, Serge a pu connaître et lire Augiéras ou peut-être seulement entendre parler de lui, alors de loin, comme en écho de sa caverne. 
Ce qui à défaut, il est vrai, du moindre témoignage en ce sens, ne semble pas avoir été le cas : aucune trace de présence ou indice de simple passage de cet énergumène en les rayons de sa bibliothèque ; rien, non plus, pas la moindre traître ligne ni aucunes pattes de mouche révélatrices en ce qui est connu à ce jour de son abondante correspondance. 

Cependant, nombreux - c'est là que je veux en venir -, nous avons toujours connu Serge au plus haut point curieux, ouvert et sensible à ce genre d'étonnant personnage hors norme ou/et en marge - écrivains ou pas : tout autres "originaux" confondus, quel que soit leur domaine de prédilection - à qui il accordait le plus souvent du crédit, bien plus et en tout cas plus facilement qu'à un tel ou une telle de telle ou telle autre Académie, de telle Société savante, de telle École ou prestigieuse Université ; l'école de la vie lui ayant semblé, très tôt, d'emblée la bonne, et puis même la meilleure pour ce qu'il en est de cultiver librement, à son compte, et faire fructifier au mieux son jardin intérieur.
« L'ennui naquit un jour de l'Université » est l'un de ces fameux détournements qui lui plaisaient beaucoup, celui-là le portant spontanément à sourire de bon cœur avec malice chaque fois qu'il l'entendait.
Par contre donc, marginaux de toutes sortes, de tout poil et en tout genre, ont de tout temps trouvé place, écoute et considération auprès de lui, sans parler du gîte et du couvert en sa maison ; souvent en partie pour ainsi pouvoir mieux les entendre et les apprécier dès lors plus justement autant que possible.
Cela peut-être bien parce que, se reconnaissant tout simplement comme étant l'un d'entre eux en son for intérieur, il se retrouvait avec eux de plain-pied, en famille d'esprit - ayant comme tant d'autres trouvé, tout naturellement da solo, sa voie propre pour accoucher de lui-même et - tout un art ! - s'adresser ensuite aux autres individuellement pour partager quelque part ici et là en son œuvre, hors et loin des sentiers battus, quelque peu à la fois hors du temps et de la marche du monde.

Domme 2

   Quoique – parce qu'habitant un nid quasiment en pleine nature – je me considère aujourd'hui privilégié, le confinement m'a cependant poussé, comme le plus grand nombre, à activer mon temps libre par le biais de choses inhabituelles : en revisitant un... Lire la suite

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