Quoique chaque Fiorio soit par lui-même unique, tous ou presque se trouvent cependant directement - ou bien encore en douce - appartenir à un thème constitué ; sinon peuvent être reliés, satellisés ou constellés, à telle ou telle plus ou moins large veine de sujets approchants, eux aussi plus ou moins caractéristiques. 
Échos, rappels, correspondances, greffes, mélanges, mariages et bouturages, réminiscences, focus, clins d'œil et mises en abyme, sont effectivement légion pour peu que l'on s'attache, sur ce plan d'observation, à un nombre un tant soit peu conséquent d'œuvres, les considérant ensemble, en même temps, tout en tenant compte de leur place et de leur fonction dans la chronologie. Ancien, très ancien ou plus récent, un tableau renvoie ainsi souvent à d'autres, ou à un autre seulement, en particulier ; l'annonce ou, aussi bien, ouvre ou clôt une série. 
L
'œuvre s'est ainsi bâti, chemin faisant, à mesure, selon des lois internes spécifiques, propres à l'esprit qui, du début à la fin, anime cette peinture, en aimante les toiles comme de toute éternité tandis que, prenant toujours tout son temps, « le temps qu'il faut », Serge, lui, les réalise, « en bon artisan » consciencieux. 
Force est donc de constater, sous-jacente, l'existence d'une architecture ad hoc - d'un plan directeur quelque peu occulte, pourrait-on même écrire - sans que le peintre lui-même s'en soit pourtant jamais beaucoup préoccupé, mais s'y pliant aveuglément - car de surcroît plus que de lui-même - à chaque fois qu'il peignait : docile et fidèle au plus haut point à l'esprit de sa peinture, lui appartenant tout entier quand, tubes et pinceaux en main, il se retrouvait seul, debout face au chevalet.

Vallières TROISMais voilà un Fiorio à part, d'exception en son genre ; un de ceux qui n'entrent pas d'eux-mêmes dans une catégorie véritable ; en le cas, celle des cours de ferme car celle-ci - frontale et sans ligne de fuite - est d'une nature autre : en vérité celle d'une photo-souvenir destinée à un tiers et non, si je puis écrire, celle d'un Fiorio pur, à part entière. 
Il est vrai que je sais pertinemment par Serge qu'il s'agit ici d'un tableau carrément peint « sous la dictée » : bon scribe, « aj ts'ib »*, le peintre s'est soumis et résolu à faire plaisir en s'attelant de bon cœur à cette exigeante commande, chargé par là de dire et fixer en image - jusque dans les détails - le moment d'un rite de passage opérant alors dans la vie d'une jeune paysanne auboise devant quitter sa ferme.
D'où ce pan de toiture en terres cuites plates qui n'a, bien sûr, rien de provençal. 

* Celui qui peint, qui écrit, chez les Mayas. D'une portée plus intérieurement universelle, La Mort du camarade a été peint à l'écoute d'un récit à plusieurs voix.

Vallières DEUX
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