....des essaims de guêpes aux vitres, et pas de vitres !

Jean Giono.

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   Dans la très récente interview réalisée par François Malabave pour Fréquence mistral à propos du manuscrit du Chant du monde acquis ces temps-ci par la ville de Manosque, Sylvie Giono raconte justement une histoire bien... à la Giono ! 
Écoutez donc avant de lire la suite :

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Pourquoi une histoire bien à la Giono ?
Parce que la fille cadette de l'écrivain y campe son encore jeune père - manuscrit en cours placé en lieu sûr dans une sacoche dont il ne sépare jamais - en compagnie de ses cousins Fiorio qui, de Vallorbe où ils habitent, lui proposent une journée avec eux en Suisse où ils se rendent de temps à autre pour passer quelques boulons et autres menues pièces de mécanique en fraude, comme tous bons frontaliers...

Or, il faut savoir qu'en les années 32-33, date de rédaction du Chant du monde, il y a déjà belle lurette que les Fiorio n'habitent plus Vallorbe mais bien Taninges, en Haute-Savoie, où - de 1924 à 1940, sans discontinuer - ils y exploitent une carrière à ciel ouvert !

Certes, il est vrai que les Fiorio ont habité Vallorbe. Mais seulement de la naissance de Serge, en 1911, à 1914 ; l'entreprise Fiorio participant là au percement du gigantesque tunnel du Mont d'Or. L'imposante grand-mère Marguerite y tenant sur place l'Auberge des Chemins de fer Fiorio pour tous les ouvriers.

De plus, Vallorbe n'est pas, en rien, une ville frontalière avec la Suisse. Elle EST suisse, du canton de Vaud à part entière !

Entre tout, nous sommes donc bien loin, n'est-ce pas - Giono oblige, sans doute ! - de la réalité chronologique comme de la réalité géographico-administrative ! 

Serge et Sylvie Giono

 Sylvie dans l'atelier de Serge à Montjustin.

Je me souviens qu'à l'évocation de la biographie succincte de Serge dans l'album de 92, ce dernier avait un jour malicieusement dit à Sylvie, tout en me désignant en même temps du doigt : « Tu sais, Dédé a écrit là pas mal de mensonges... »
Ce dont - n'étant pas vrai du tout, et connaissant bien Serge - je m'étais donc illico quand même un petit peu défendu ! Pour la forme.
Alors, ce fut au tour de Sylvie de s'exclamer aussitôt, pour nous départager peut-être : « Oh, en tout cas, tu sais bien, Serge, que cela aurait beaucoup plu à mon père ! »

Je crois ferme qu'il en serait de même aujourd'hui à propos de la quelque peu burlesque histoire de manuscrit en partie réinventée par sa fille au cours de cette interview !

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Quelques liens :

Serge par Sylvie Giono.
Un de Taninges.
À propos du fameux peintre-naïf-cousin-de-Giono. 
Jean Giono et ses cousins Fiorio à Taninges par René Rosnoblet.

Giono. Impromptu 8.
Le premier portrait de Giono. 1
Le premier portrait de Giono. 2
Le premier portrait de Giono.3
Le premier portrait de Giono. 4 (suite et fin).

Portrait d'Aline Giono enfant au lavis d'encre noire.
Les tribulations du premier Portrait de Giono.
Imaginons que Lucien Jacques ait un jour interviewé Giono et Fiorio... par Michèle Ducheny.
Prix Jean Giono.