Thyde, l’oubliée…

   Thyde ? qui se cache derrière ce pseudonyme ? ou peut-être devrais-je dire Thydou ? non, cela ne vous donne pas un indice supplémentaire ?

Un homme ? un ingénieur, comme cité parfois ? Allons mes chers contemporains… Je vais étayer votre recherche… Mais malheureusement est-ce que cela intéresse encore quelqu’un ?

Thyde est étrangement oubliée à notre époque et cela malgré son talent. Je me pose la question sans cesse : pourquoi le destin s’est acharné ainsi ? frappée d’ostracisme ?

Alors je prends mon bâton de pèlerin avec l’espoir fou qu’un jour Thyde puisse être réhabilitée !

Mathilde Anna Rose Monnier dite Thyde née le 23 Juin 1887 à Marseille, fut une écrivaine célèbre durant son vivant, plus de quarante romans à son actif, des poèmes, des recueils de nouvelles, des contes pour enfants, des essais, des mémoires, une pièce de théâtre…. Une acharnée d’écriture ! ayant reçu un prix de poésie, le prix Cases, le prix Victor Marguerite, le prix de l’Académie française, sollicitée pour succéder à Colette à l'Académie Goncourt, tout cela pour rien ? oubliée !!!?

Il reste peut-être le Grand Prix Thyde Monnier décerné depuis 1975 par la Société des Gens de Lettres ? seul endroit où plane son souvenir…

Sa condition de femme, de plus féministe, l’a-t-elle desservie à une époque où la femme n’était pas reconnue et plutôt dans la soumission, alors que Thyde s’est toujours battue pour exister, s’affirmer, être libre de ses choix et faire fi du qu’en-dira-t-on…

Dès son enfance, l’école ne l’intéressait pas, déjà écrivaine en herbe, elle griffonnait en cachette et si, par inadvertance, les écrits étaient découverts, ceux-ci étaient déchirés par sa mère.

Puis lors de ses deux mariages, le même scénario se reproduisait, interdiction d’écrire.

L’impression que le destin sous forme d’une « main invisible » essayait de la broyer afin de la faire taire, de la réduire à néant, et malgré ce jalonnement d’interdits, de non-dits, de discriminations de la part de beaucoup de personnes, cette femme fragile et forte à la fois continuait d’avancer sur son chemin.

Détestée par François Chalais, encensée par Robert Kemp, jugée pour ses revendications dans sa vie publique et privée, elle a continué à clamer haut et fort ses idées, et la notoriété est enfin arrivée. Une récompense pour l’écriture qui a toujours été « l’amour de sa vie », en contrepartie de sa sphère privée peuplée de déceptions amoureuses, de cœur brisé…. Je la cite : « L’amour peut sauver les êtres, mais une femme lorsqu’elle aime un homme est esclave ». Heureusement restait l’amitié de certains, dont Serge Fiorio.

Une existence entière dédiée à l’écriture dans laquelle elle inscrit ses désirs cachés et refoulés… témoignage d’une femme de son époque de la naissance à la mort. Les vingt dernières années de sa vie enfin libre d’écrire à sa guise, à raison de 4 heures minimum par jour. Thyde nous laisse de merveilleux romans, des notes de son journal de 30 000 pages, des paysages provençaux, la vie de gens simples, la réalité de son époque où tout son caractère transpire dans ses écrits, à la fois puissante et altérable avec une réelle ambivalence et une imagination débordante.

Elle, pour qui laisser une trace de son passage sur cette terre était à la fois vain et important, a été exaucé malheureusement, car pour moi son œuvre est à perpétuer et à faire découvrir alors qu’en fait pour beaucoup elle est inexistante.

« Cette main invisible » continue inlassablement son œuvre de destruction puisque même ses restes ont disparu et nous ne savons pas où repose Thyde, mais je suis là pour stopper « cette main » et j’espère de tout cœur que, comme le Phœnix, ses œuvres renaîtront un jour prochain, et cela j’en suis sûre……
Merci à André Lombard dont le blog sur Serge Fiorio contribue à faire connaître et réhabiliter Thyde !

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Couverture de Travaux illustrée par Serge Fiorio

Thyde Monnier 1.

Le billet de...Thyde Monnier.

Thyde Monnier. Une grande lettre du 5 octobre 1937.

Thyde Monnier et le beau terrassier italien.

Provence par Thyde Monnier.

Dans le journal de Thyde Monnier.

Deux messages de Thyde Monnier.1887-1967.

Une carte de Thyde Monnier 1942.

Je viens de voir hier des peintures à s'évanouir de joie ! par Gérard Allibert.

L'Âne et le Bœuf; le Cerf et la Colombe ! ou Attention chef-d'œuvre ! par Gérard Allibert.

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Traduzione a cura di Agostino Forte :

 Thyde, la dimenticata ... di Corinne Jeannin-Boitard.

 

Thyde, la dimenticata…

   Thyde ? Chi si nasconde dietro questo pseudonimo ? o forse dovrei dire Thydou ? Non ne avete avuto un indizio supplementare ?
Un uomo ? un ingegnere, come talvolta viene citato ? Su, cari contemporanei... cercherò di supportarvi nella vostra ricerca... ma può interessare ancora a qualcuno ?
Thyde viene stranamente dimenticata ai giorni nostri malgrado il suo talento e mi chiedo continuamente perché il destino si sia accanito su di lei, colpendola con una sorta di ostracismo !
Prendo il mio bastone da pellegrino con la folle speranza che un giorno Thyde possa essere riabilitata.

Mathilde Anna Rose Monnier detta Thyde, nata il 23 giugno 1887 a Marsiglia, fu una celebre scrittrice con all'attivo più di quaranta romanzi, poesie, raccolte di novelle, racconti per l'infanzia, saggi, memorie, pièces teatrali... una scrittrice accanita che ebbe a ricevere un premio di poesia, il premio Cases, il premio Victor Marguerite, il premio dell'Académie française, e proposta per succedere a Colette all'Académie Goncourt; e tutto questo per niente ? per cadere nel dimenticatoio !?
Ci resta il Grand Prix Thyde Monnier che dal 1975 viene assegnato dalla Société des Gens des Lettres, unico luogo dove resta memoria di lei...

La sua condizione di donna, di femminista, attraversò un'epoca dove la figura femminile non veniva riconosciuta e costretta ad uno stato di sottomissione ; Thyde si è sempre battuta per esistere, affermarsi, essere libera di scegliere e infischiarsene di quello che se ne sarebbe detto...
Fin dalla sua infanzia, non interessata dalla scuola ma già scrittrice in erba, scribacchiava di nascosto e se, per inavvertenza, i suoi scritti venivano scoperti dalla madre, erano immediatamente stracciati.
Anche durante i suoi due matrimoni subì l'interdetto alla scrittura.
Sembrava che il destino, sotto le spoglie di una « mano invisibile », tentasse di schiacciarla, di farla tacere, di renderla muta, e malgrado questa costellazione di proibizioni, di cose non dette, di discriminazioni da parte di molte persone, questa donna, fragile e forte al tempo stesso, continuò a percorrere il suo cammino.
Detestata da François Chalais (1), appoggiata da Robert Kemp (2), giudicata per le sue rivendicazioni nella vita pubblica e privata, continuò a proclamare indefessamente le sue idee giungendo, infine, alla notorietà. Un riconoscimento per la scrittura che fu sempre « l’amore della sua vita », contrariamente alla sua sfera privata popolata da delusioni amorose, cuori infranti ... Così Thyde: « L’amore può salvare gli esseri, ma quando una donna ama un uomo ne diviene la schiava ». Fortunatamente sussisteva l'amicizia di alcuni, tra i quali Serge Fiorio.
Un'intera esistenza dedicata alla scrittura nella quale riversa i suoi desideri nascosti e repressi... testimonianza, dalla nascita alla morte, di una donna della sua epoca. Gli ultimi venti anni della sua vita furono interamente consacrati alla scrittura, a cui dedicava non meno di quattro ore giornaliere. Thyde ci lascia dei romanzi meravigliosi, le note del suo diario che consta di 30.000 pagine, descrizioni di paesaggi provenzali, scorci di vita di gente semplice, la realtà di un'epoca il cui carattere fluisce dai suoi scritti, al contempo potenti e mutevoli, di originale ambivalenza e traboccante immaginazione.
Lei, cui lasciare una traccia del suo passaggio su questa terra partecipava di un aspetto vano e importante al contempo, fu esaudita in modo infausto ; personalmente ritengo che la sua opera debba venire riproposta al fine di raggiungere tutti coloro per il quali rimane ancora una sconosciuta.

« Questa invisibile mano » continua instancabilmente la sua opera di distruzione pure con la sparizione dei suoi resti senza che si sappia, quindi, dove ora riposi Thyde ; io sono anche qui per bloccare « questa mano » e spero di tutto cuore che, come la Fenice, le sue opere possano prossimamente rinascere, e di ciò ne sono certa...
Grazie a André Lombard il cui blog su Serge Fiorio contribuisce a far conoscere e riscattare Thyde.

 

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NOTE

(1) : François-Charles Bauer detto François Chalais (1919-1996) ha debuttato nel giornalismo dal 1942 al 1944 collaborando a Je suis partout (giornale collaborazionista, come la maggior parte della stampa autorizzata di quel periodo) e Combats, giornale della Milizia francese, occupandosi della rubrica di cinema. Successivamente, secondo sue affermazioni, entrò nella Resistenza con l'incarico di fornire informazioni sull'ambiente collaborazionista.  Parteciperà attivamente al Festival del cinema di Cannes. Realizzerà due film per la televisione francese : Il cane (1962) e L'estate in inverno (1964). Nel 1975 viene premiato dall'Académie française. Lavora a France-Soir e poi a Le Figaro. Muore in seguito a leucemia nel 1996 e viene inumato a Neuilly-sur-Seine.
(2) : Robert Kemp (1879-1959), figlio d'arte studia alla Sorbona. Inizia una carriera come critico d'arte per il giornale L'aurore. Durante la prima guerra mondiale fa il corrispondente presso a Grand Quartier général. Alla fine delle ostilità entra a La Liberté come critico letterario e musicale. Nel 1929 lavora a Le Temps e successivamente a Le Monde collaborando anche con Demain e Les Nouvelles littéraires. Il 29 novembre 1956 entrerà all'Académie française.