« J'ai assisté (peut-être toi aussi) hier soir, en direct de La Grande Librairie, à la "création" d'un tableau de grand format (mais pour eux c'est un petit format) exécuté par Robert Combas ; présent parce que proche ami du - lui aussi ! - très médiatisé Michel Onfray, le principal invité.
Présenté comme étant LE grand peintre français connu et adulé dans le monde entier, il a suffi d'une heure et demi à ce bateleur, le temps de l'émission, un temps strictement chronométré, pour rendre sa toile fin prête à être signée afin de pouvoir être offerte ou bientôt vendue...200...300.000, la cote moyenne de ce soi-disant peintre ayant déjà dépassé le... million d'euros sur le marché !

J'enfile donc mon gilet jaune et dénonce : “Assez de toutes ces foutaises, arrêtez de prendre les gens pour des cons et des ignares, le même sang coule dans les veines de nous toutes et tous et, à regarder ce tableau, la vérité c'est qu'il n'y provoque aucune émotion, pas la moindre, le regard reste froid, ce tableau n'apprend rien, il ne fait pas rêver, il ne s'ajoute pas au monde, il est le pur produit d'un atroce système qui n'ose pas dire son nom d'escroc.
Top chrono !... Non mais ! Peut-on créer une œuvre d'art top chrono ? »

Voilà ce que m'écrit, désolée, une amie qui, comme on peut le lire, est même vraiment catastrophée par ce à quoi elle vient d'assister en direct à la télé. Ne regardant pas pour ma part ce genre de parisianissime émission, j'ai donc ce soir-là échappé au pire, à ce nouvel attentat perpétré contre l'Esprit ; violente imposture en face de laquelle, par contre, je ne me résoudrai jamais à baisser les bras, à m'habituer, à me taire. C'est qu'à côté de Combas, Dubuffet est un génie, si vous voyez ce que je veux dire !
Tout cela est très grave et cependant - mais alors sur un autre plan - tout à fait risible à la fois, et lamentablement dérisoire.
Alors, je me dis encore une fois avec force :
heureusement qu'une foule dense de beaux et merveilleux peintres en tous genres et de tous les temps - entre autres artistes d'autres disciplines, ceux-là aussi au talent et à la sensibilité véritable - sont et seront toujours là pour, au besoin, nous consoler au centuple, nous faire oublier ce que Lucienne Desnoues, après Rimbaud, définissait fort catégoriquement, en deux mots : « L'affreuse crème ! »

*

 "L'œuvre" en question.

*

Quelques autres billets d'humeur :

Prix du livre, etc.
Billet jaune.
Commissaires et compagnie. Billet d'humeur.
Attention libraires !
Prix Jean Giono.

Le billet d'humeur de Philippe Courbon.
Billet d'humeur par Dominique Bal.
Mais tant pis pour moi ! Billet d'humeur camusienne.

Écriture inclusive. Un billet d'humeur.
Une suite au billet d'humeur du 9.XII. 2017 sur l'écriture inclusive.
Billet d'humeur.