Silence. Chez Fiorio, même les carnavals sont silencieux (sauf, à l'occasion, pour un bal masqué, un rigodon, une petite musique d'estrade, trompette, caisse, accordéon, une chanteuse avec sa partition, sous une lanterne de papier).
Claude-Henri Rocquet

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   Pas plus signé que daté - sauf approximativement 1956/57 dans la marge de la photo -, également orphelin de titre ainsi que peint sur isorel sans aucun doute - et pour cause : c'est en plein l'époque ocre où Serge travaille exclusivement sur ce matériau -, ce petit orchestre est l'un de ceux, bon enfant, des bals populaires donnés le plus souvent plusieurs soirs à la file lors des fêtes votives alentour de Montjustin auxquelles Serge a plaisir à se rendre, assuré d'y « trouver des visages » - qu'il « enregistre » ! - et, bien entendu, pour également satisfaire son goût depuis toujours immodéré pour la danse.
Espérant peut-être aussi - qui sait ? - y rencontrer l'âme sœur avant que pour cela, dans sa vie, le temps ne se couvre.

La composition, le cadrage, nous remémore fortement que Serge a été photographe de village, à Taninges, de 36 à sa courte mobilisation de 39 ; à moins que, comme il le prétendait, ce talent de la mise en scène et de sa mise en page ait toujours été chez lui quelque chose d'inné, indépendant du moyen artistique mis en œuvre.

MusiciensLe léger décalage du groupe sur la gauche lui permet de laisser partiellement vue plongeante sur le village en fête au pied de sa tour-campanile et cela crée l'heureux effet de perspective élargissant et approfondissant aussi, du coup, le sujet du tableau. Le groupe est, en effet, peint en surélévation par rapport à la place publique dont il est séparé, dans son dos, par une barrière légère, à claire-voie, décorée, comme le voulait la coutume, de rameaux fleuris, de nœuds de papiers-feutres multicolores ainsi que de buis fraîchement coupé. Traditionnelle décoration votive d'alors, remontant à fort haut dans le temps puisque souvent très directement nourrie à la mamelle de puissants symboles païens rendus ainsi, à cette occasion, de nouveau actifs, résurgents.
Place publique en contrebas sur laquelle se distingue la bâche du stand de tir ou de la baraque à frites et à barbe-à-papa, celle de la diseuse de bonne aventure, voisinant avec le chapiteau pointu de je ne sais quelle attraction, si ce n'est - mais oui, pardi ! - celle de l'incontournable manège de chevaux de bois !
Plus spécifique d'allure et de sens que ne pourrait l'être ici un clocher français, la haute tour-clocher à colonnettes et à toit plat semble visiblement là en clin d'œil à l'Italie, terre, d'élection s'il en est, de musique, de chants et de fêtes d'où le peintre, bien que né en Suisse, est originaire.
D'autre part, il paraît plus que probable que ce dernier se soit représenté sous les traits du personnage tenant la grosse caisse, comme déjà plus jeune, à Taninges, au sein de la fanfare municipale. Ce musicien est, en effet, à tous points de vue assez ressemblant au Serge apparaissant sur les photos prises justement au milieu des années cinquante : jeune homme encore svelte, malgré la quarantaine bon poids, et surtout similitude de visage.
Derrière lui, une femme aux yeux clos : sans doute la chanteuse du groupe, saisie là en pleine interprétation mélodramatique.

Plusieurs autres petits orchestres Fiorio existent ; mais peut-être pas assez nombreux - en tout cas à ma connaissance - pour avoir constitué de ce genre d'œuvre pourtant bien à part un thème à proprement parler.

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De quoi lire :

Le chanteur.
Le bal populaire.
Chanter.
Photographie et peinture.
Serge photographe — de 1936 à 1939.
Une autre photo de neige.
HCB-Serge. In memoriam.
Juste le temps d'une chanson.
André Bernard In memoriam
Nadia Boulanger.
Yves Montand à Montjustin.
Le pacifisme des Fiorio.

De la musique ! (1)

De la musique, suite.
De la musique, suite de la suite.
Le goût de la belle musique.
Beau témoignage direct.
Paul Geniet.
Les arlésiens.

 

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Le but de l'association L'Essaillon - crée en août 1985 - est d'étudier, préserver et faire connaître le patrimoine historique, naturel et culturel de Séderon et de sa région. Pour cela, elle publie Lou Trepoun, une revue très documentée de 2 numéros par an. 12 euros le numéro, ou 23 les deux par abonnement auprès de Mireille Espieu, 5 La bourgade, 26560 Séderon.
Voici le sommaire du numéro 65 - 45 pages bien remplies - qui vient de sortir suivi de la page 2 de ce même numéro où la musique est là aussi justement à l'honneur.

Ah, quelle force et quelle richesse si chaque village était un jour doté de ce genre d'association !

Séderon

Séderon 3*

De la part d'une autre association amie :

Association des Amis de Lucien Jacques
149, rue fontaine vieille
04800 Gréoux-les-Bains
jacky.michel@sfr.fr
0684839811

Chers amis adhérents, et anciens adhérents,

Nous vous présentons tous nos vœux de santé et bonheur pour l'année 2019.
Année qui sera pour nous la plus importante de nos quinze années d'existence. Elle s'achèvera par une grande exposition Lucien Jacques au Musée Regards de Provence de Marseille, à côté du Mucem où Lucien sera aussi présent dans l'exposition  Jean Giono 2020.
Un billet couplé permettra de voir les deux entre le 30 octobre et le 17 février 2020.
Vous pourrez en particulier y découvrir les magnifiques aquarelles de la collection Pierre Bergé que ses héritiers nous ont offertes et de nombreuses œuvres découvertes récemment.

Deux autres expos, au musée de Forcalquier et à la Médiathèque de Gréoux, auront lieu cet été.
Le bulletin n° 16, prévu en octobre, contiendra la suite des Carnets de guerre de Lucien.

Pour nous permettre d'assumer correctement toutes ces tâches, nous vous invitons à payer rapidement votre cotisation 2019 (25 € ou plus)
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Merci d'avance, et très cordialement.  Jacky