Oui, il s'agit bien là - sot-l'y-laisse littéraire en quelque sorte - de l'un de ces personnages typiques tels que, pour notre plus grand plaisir, les aime et même s'en délecte ici avec humour la plume - subtilement « gourmette et gourmande » comme écrivait Colette - de Marie Rouanet.
Il faut dire qu'elle n'a pas
« plaint » les meilleurs ingrédients afin qu'ainsi, une fois révélés, "sucs", "arômes"
et "fumets", s'en trouvent donc, eux aussi, divers et variés. De plus, et fort discrètement, l'écrivain se place d'entrée en interface avec la fonction de scribe de son unique - dans les deux sens de l'adjectif - personnage qui dès lors se livre d'autant plus, directement, sans entraves.
En effet, quand, dès la première phrase, l'auteur commence à "cuisiner" cette employée de mairie bavarde à souhait - et donc pour le coup idéale - telle qu'en elle-même le talent de Marie Rouanet la change aussitôt, sur-le-champ, en muse alors experte à vous débobiner sans façon les exquises péripéties de sa vie quotidienne sous le regard - certes en abyme, mais non moins expert en son propre domaine ! - de l'écrivain qui sait tout naturellement lui faire tout dire, ou presque, par le choix judicieux et, en le cas, on ne peut plus efficace, du strict monologue.
Monologue en lequel la
« Geneu » (Geneviève) se trouve par nature tout à fait à l'aise en même temps que maintenue à volonté en verve du début à la fin où ce n'est qu'après avoir « fait le tour » de toutes et tous jusque-là satellisés autour d'elle que...
Mais, rendus là, tout au bord de la chute, moi je ne vous en dirai pas plus ; sauf encore que - jugeant ici sur pièce - à
en croire Marie Rouanet elle-même, les rapports humains ne sont ni du théâtre, ni des jeux de rôle ; ils sont bien ce qu'ils sont : destinés à être vécus de gré ou de force pour inspirer ensuite les plus grands écrivains !

PS : il faudrait que La Geneu puisse être jouée, mise en scène ; mais quarante pages de monologue sont sans doute impossibles à mémoriser d'un bloc quand on est pas Mnémosyne. Alors, pourquoi pas plus simplement par le biais d'un moyen métrage, par exemple, où il est justement possible de couper et de reprendre dans les règles de l'art sans que l'on perçoive les coutures ?

Employée 1

« Une bien bonne à vous raconter, je me suis pensé que celle-là elle vous plairait » comme me disait ma voisine : le personnage choisi par les éditions du jais pour la vignette de couverture a été repéré baguenaudant dans la foule d'un Carnaval de Serge. Personnage "inventé" en lequel se retrouve pourtant la physionomie et la dégaine d'une certaine, disons İsabel, autrefois guichetière du bureau de poste d'un village voisin de Montjustin à qui Serge aimait malicieusement "lâcher" de bien extravagantes fausses nouvelles sous le sceau du secret, bien entendu, afin de s'assurer ainsi qu'elles seraient au mieux et d'autant plus vite répandues à la ronde sitôt la porte refermée derrière lui !

Employée 2

Le livre de 45 pages, à 6 euros+le port, est à commander auprès des éditions-du-jais, 25, Cours Mirabeau, 11100 Narbonne.

06 67 23 58 99, ou par courriel interposé : jacques.ibanes@orange.fr

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Quelques liens :

Arrière-boutique et autres textes de Marie Rouanet.
Le Voyage à Manosque.
Passion Tolstoï
L'Apollinaire intime de Jacques Ibanès
Un été à l'Iris de Suse

Des amis publient.
Autour et à propos de Lettres de Sicile d'Alice Verlaine-Corbion.
Pas pleurer. Le billet de Gérard Allibert.
Trois outils.
Un livre-trésor ! Dictionnaire du village provençal.
Frédéric Richaud : Voir Gandhi vient de paraître.
Luc Dietrich par Frédéric Richaud.

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NB : fidèle et attentif lecteur du blog Fiorio, notre ami le chanteur-poète - mais également écrivain et éditeur - Jacques İbanès  se produira très bientôt au Pavillon Carré de Baudoin, là-même où se tient, prolongée jusqu'au 2 janvier, l'exposition Willy Ronis par Willy Ronis.
Avec Profession : employée de mairie, Marie Rouanet est pour la seconde fois présente dans son catalogue d'éditeur.

cataloguecatalogue d'éditeur.

Ibanès