Les deux Fiorio reproduits ci-dessous vont très prochainement être vendus aux enchères par les soins de la maison Ader-Nordmann à Drouot-Richelieu, salle 6, le 19 octobre qui vient. Le catalogue s'intitule Art & utopie. Les deux toiles figuraient sur la liste des œuvres présentées à l'exposition Fiorio de la Galerie Albert 1er de Bruxelles en 1974.  Les indices de départ sont les mêmes pour les deux : 400/500 euros.

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Le Brusquet, huile sur toile, 33x24 cm,1974.

   Les intérieurs de village sont pour Serge l'un de ses sujets de prédilection qu'il renouvela sans cesse au fil du temps. Il fut régulièrement le peintre de cette paisible vie villageoise qu'il mena lui-même aussi bien en sa jeunesse savoyarde, à Taninges, que plus tard, après la guerre, à Montjustin ; s'amusant en douce sur cette toile à faire prendre un bain de pieds sur le pas de la porte à l'un de ses personnages. Ce qui n'empêche en rien la rigueur de composition, ni n'entrave le moins du monde la délicatesse des accords de couleurs.

Ader 2

L'Ouberle, huile sur toile, 33x24 cm, 1974.

   Qu'il soit sauvage ou fruitier, souvent tutélaire comme il l'est ici, l'arbre est très présent tout au long de l'œuvre de Serge qui racontait toujours volontiers que c'est au pied de l'un d'entre eux qu'enfant, assis en tailleur, crayon en main, il en reçut sa première leçon de dessin en voulant l'impossible : en représenter à tout prix chacune des feuilles !

Et François Mangin-Sintès écrit, lui, fort à propos sur ce même tableau : « Je regarde souvent ce petit tableau et ce Grand Arbre au moins centenaire qui jaillit par-dessus les toits des maisons avec à son pied ce personnage et son chien, discrètement présents, assis calmement pour profiter d'un moment de répit et bénéficier d'une paix immuable.
Avec des moyens aussi simples, une scène aussi banale, nous sommes cependant face à un mystère, devant l'indicible, on écoute un silence d'un autre monde. Pourtant, nombreux encore sont ceux qui n'y voient (ou verront) qu'une simple scène naïve qui s'ajoutera à celles des autres peintres naïfs de la vente... »

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L'Ouberle par François Mangin-Sintès.