Le sacré n'implique pas la croyance en Dieu, ou en des esprits, c'est l'expérience
d'une réalité et la source de la conscience d'exister dans le monde.

Mircea Éliade

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   Dialoguant récemment par courriels interposés avec une amie qui, de son côté, anime elle aussi un site consacré à un artiste dont elle aide ainsi à sa façon, par ses commentaires, ses investigations et ses trouvailles, à une plus intime approche de l'œuvre tout autant qu'à sa diffusion, je lui écrivais, entre autres remarques : « Je crois, vois-tu, que ce genre de travail que nous menons l'un et l'autre est maintenant bien parti, au point où nous en sommes, pour continuer lui aussi à nous mener ainsi : sans cesse par le bout du nez ou par la barbichette, jusqu'au dernier de nos jours ! »

Ce qui, à la réflexion, m'amène à constater ici, en aparté donc de ce trop furtif échange électronique, qu'un tel engagement dès le départ - ou bien devenu peu à peu - "inconscient", au sens de plus fort que soi, en cette sorte d'entreprise labyrinthique par nature - puisqu'une une porte y ouvre toujours sur une ou plusieurs autres qui elles-mêmes... - n'est pas frappé du tout au coin du bon sens, comme de prime abord, mais d'un peu loin cependant, on pourrait en toute bonne foi le croire.
Il ne s'agit pas non plus par là, que nenni, de tout bonnement « se faire plaisir » ou encore de « passer le temps », car ce genre d'activité, pour ne pas dire plus exactement de passion pour le moins, tout au moins au départ, toujours assez effervescente, prend très vite, comme c'est le cas il me semble en toute autre du même genre, un côté lui-même rapidement dévorant. Jusqu'à, bel et bien, nous trouver en être comme par hasard la proie - mais alors ô combien ! - consentante !
Bonheurs et douleurs mêlés, ce vécu est proche en intensité, je pense, quoique très différent aux divers autres plans, de celle des tout aussi puissantes motivations irraisonnées - irrationnelles ? - de tout vrai bon collectionneur de quoi que ce soit qui se respecte ; celui-là même qui ne jure, lui, que par "pièces" interposées : mises à jour comme des pépites, inventées comme des trésors ou vénérées comme des reliques insignes ; chacune plus ou moins rare et parfois même - « ô joie, pleurs de joie ! » - carrément unique sur, et par-dessus, le marché.

Alors, ne peut-on distinguer là aujourd'hui - je me et vous le demande -, en et à travers certaines passions à l'œuvre chez certaines et certains d'entre nous, l'une des formes de bien réels relais de résistance du très subtil « camouflage du sacré - et donc par là même, du coup, de sa permanence ! - dans un monde désacralisé » ?  (Mircea Éliade dixit).

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Quelques liens :

Impromptu 9.
Impromptu 10.
Giono. Impromptu 8.(Mise au point).
Impromptu 14. Sur un portrait de Lucienne Desnoues.
Impromptu 13.

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 Où réside l'esprit du lieu ?

 

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http://agir.lacimade.org/dublin