Thyde Monnier fait dans cette lettre assez vite état du récent envoi d'un de ses poèmes et surtout, en détail, de son travail d'écriture, alors en cours, d'une pièce en trois tableaux qu'elle a d'emblée intitulée du prénom inventé du personnage central : Joïa, tout simplement.
Textes frères, ou cousins, par leur genèse commune étonnante il est vrai, qu'on en juge : inspirés qu'ils sont chacun, en effet, d'une œuvre magistrale de Serge elle-même inspirée d'une scène très courte mais très particulière d'un rude roman de Giono publié en 34 : l'accouchement en forêt de Clara, l'aveugle du Chant du monde...

L'accouchement de ClaraAutre (celui-là alors futur) écrivain subitement et fortement frappé lui aussi d'enthousiasme par ce bien étrange Fiorio de toute première grandeur, Pierre Magnan  lui-même ! (Oui, c'est cela, de toute première grandeur, et jusque - soi dit en passant - pour ce qui est du format puisque, de ce point de vue aussi, il s'agit là sans conteste du plus grand tableau Fiorio au monde ! )
Puissant effet très spontanément produit sur le tout jeune Pierre - 17 ans - par la pourtant seule entremise d'une simple petite photographie ordinaire de l'œuvre, en noir et blanc, tout juste « épinglée en vedette » dans le bureau même de Thyde où l'adolescent manosquin fait d'ailleurs à ce moment-là son entrée pour la première fois. Plus de cinquante ans après, ayant bien connu Serge entretemps sur tant d'années, Pierre Magnan se souvient encore avec une vive intensité de tout cela et il en parle bien à sa façon et bien à propos, en 1992, d'entrée plein d'émotion, dès la toute première ligne de Mes rencontres avec l'œuvre.

Un tapuscrit de Joïa - à ma connaissance toujours inédite, jamais jouée - figure heureusement et entièrement conservé dans les archives de Serge aux côtés des lettres et des photographies reçues de l'écrivain.

Couv-tapuscrit Joïa

Gérard Allibert et moi-même ayant déjà à plusieurs reprises évoqué tout cela de la plume ici même, j'invite donc les curieux et les passionnés qui souhaiteraient mettre - ou remettre - sur le sujet leurs pendules quelque peu à l'heure, de se reporter aux multiples articles déjà mis en ligne dont les liens correspondants figurent ci-dessous, après la vigoureuse lettre bleu sur bleu de Thyde.
Mais, n'empêche, un gros travail reste à faire : une fois toutes ces épistoles à Serge publiées, il faudrait finalement reprendre cette relation avec bien plus de soin, du début, et dans le droit fil de sa chronologie afin d'en mettre à jour et d'en faire partager ainsi au mieux toutes les richesses, tenter donc d'en reconstituer quelque peu l'histoire qui ne fut pas qu'épistolaire puisque le peintre et l'écrivain se sont plusieurs fois rencontrés dans les années trente en haute-Savoie, puis plus tard à Manosque et encore plus "récemment" alors, plusieurs fois (?) à Montjustin.
Hélas, dans le cas, comme pour ce qui en est de la correspondance avec Eugène Martel, les lettres de Serge ont disparu. À moins, qui sait, que les héritiers de Thyde - mais qui et où sont-ils ? - les détiennent encore par miracle !

Lettre Thyde 1

Lettre Thyde 2

Lettre Thyde 3

Lettre Thyde 4NB : le seul site exclusivement consacré à l'écrivain est : A Thyde Monnier

 

Visage de femme 2

« ...pouvoir enfin avoir devant mes yeux le beau visage de Joïa. »

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Un fagot de liens :
Thyde Monnier 1
Le billet de...Thyde Monnier.
Je viens de voir hier des peintures à s'évanouir de joie ! par Gérard Allibert.
L'accouchement de Clara, l'aveugle du Chant du monde.
L'Âne et le Bœuf; le Cerf et la Colombe ! ou Attention chef-d'œuvre ! par Gérard Allibert.
Une carte de Thyde Monnier. 1942.
Deux messages de Thyde Monnier.1887-1967.
Dans le journal de Thyde Monnier.
Provence par Thyde Monnier.
Thyde Monnier et le beau terrassier italien.