Si l'existence n'était qu'un chant d'été, personne ne saurait combien la neige est belle en hiver.

Yasmina Khadra

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   Curieusement, c’est au gros de l'été que Serge préfère, le plus souvent, mettre en chantier ses fameuses Neiges si particulières qui, ensemble avec ses ciels, à part égale, ont en grande partie contribué à parfaire la renommée de l'œuvre.
C'est que leur peinture lui est en cette saison-là, à chaque fois, un puissant exutoire aux heures de chaleur plombée qu'il supporte très mal et à cette « sale lumière » tombant alors du ciel, recouvrant tout, hélas, comme de la cendre.

« Il y a deux neiges, souviens-t’en, celle qui arrive et celle qui s’en va. La première est pure au possible et même cristalline par temps de gel, tandis que l’autre est parfaitement dégueulasse ! Une infâme bouillie marron pas belle à voir, et encore moins facile à vivre ! Alors, la peindre !.. »

Aussi, sous son pinceau inspiré, enthousiaste, se modèle peu à peu, touche après touche, la plasticité étonnante d'un nouveau paysage sous son manteau de neige fraîche ; le ciel, lui, toujours peint en premier lieu, étant souvent d'une pureté extrême, aussi éclatante que celle de la neige, quelle que soit sa couleur dominante. L’un et l’autre lavant le regard - et bien plus que cela ! - de toute nuisance, de toute souillure.

Bleu

Hiver à Villeperdix, 46x38 cm, 1984.

« Là, cette fois, il en est tombé d'un seul coup d’un seul au moins trente centimètres en un rien de temps ! » plaisante-t-il volontiersC'est vrai, il aime bien accompagner son travail de commentaires fantaisistes, amusants, ou, encore mieux, d’une histoire, et les partager alors à mesure avec les éventuels témoins le regardant peindre : petite musique d'ambiance à propos du sujet en cours...
Mais jamais, ô grand jamais, - ce n'est pas du tout son genre - rien de théorique ou de professoral, ce qui gâterait tout.
« Chacun de mes tableaux raconte quelque chose ». Effectivement, entrant en scène tout à coup, un cavalier solitaire apparaît en véritable point d’interrogation sur l’horizon lointain.
« D'où vient-il, où qu’il va et pourquoi, celui-là qui se pointe ! » s'exclame-t-il, le pinceau tout à coup levé, à l'arrêt, en alerte. « Là, nous ne le saurons pas, faudra imaginer ! »

En attendant, les choses vont visiblement bon train pour le peintre qui s'en donne alors à cœur joie tout en prenant bien soin, en poète, d'en préserver au maximum le mystère par des blancs de valeurs différentes ainsi que par des gris et des bleus subtils baignant en un puissant silence comme venu directement d’un autre monde, d'un autre temps : d'un ailleurs.

Neige_blog

Sans titre, 33x24 cm, 1977.

Parfois, au dernier moment, le grand squelette d’un peuplier traverse encore la toile au tout premier plan, montant en Axis mundi jusqu’à l’extrémité du ciel, formant ainsi, discrètement, une parfaite équerre avec la signature très simplement posée pas loin de là, sagement, à ras du sol.

 

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Traduzione a cura di Agostino Forte :

 

 

Se l’esistenza fosse solo un canto estivo, nessuno saprebbe della bellezza della neve in inverno.

 Yasmina Khadra

 

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  Stranamente, è nel bel mezzo dell’estate che Serge preferisce, il più delle volte, iniziare a dipingere le sue Nevi così celebri e particolari che, in ugual misura assieme ai suoi cieli, hanno in gran parte contribuito a dare notorietà alla sua opera.
Ogni volta, il dedicarsi alla loro pittura in questa stagione, gli è scampo sia a quelle ore in cui la cappa di calore si fa più opprimente come pure a quella « brutta luce » che cade dal cielo e ahimè, come una cenere, ricopre ogni cosa.

« Ricorda, ci sono due tipi di neve, quella che arriva e quella che se ne va. La prima è quella assolutamente pura e cristallina del periodo invernale, l’altra invece è semplicemente  quella sporca, un sozzo paciugo marrone non bello a vedersi e ancor meno a conviverci. Su, vediamo di dipingerla!.. »

Così, a mezzo dell’entusiasta ed ispirato pennello prende corpo poco a poco, tocco dopo tocco, la straordinaria plasticità di un nuovo paesaggio sotto il suo mantello di neve fresca; e il cielo, dipinto sempre per primo e a qualsivoglia grado di colore, è quasi sempre di una purezza estrema e lucente al pari della neve,. L’una e l’altro lavano lo sguardo (e molto di più!) da ogni nocività, da qualsiasi porcherìa.

Bleu 

 Inverno a Villeperdix, 46x38 cm, 1984.

« Ne è venuta giù stavolta, almeno una trentina di centimetri in un batter d’occhio! » così gli capita a volte di scherzareEh! sì, gli piace accompagnare il suo lavoro con commenti fantasiosi, divertenti o, meglio ancora, con una storia e condividerli via via con gli eventuali testimoni della sua pittura; una musichetta d’atmosfera in sintonìa col soggetto in corso d’opera …
Ma mai, mai - non è da lui - alcunché di teorico o professorale ché tutto intaccherebbe.

« Ognuno dei miei quadri racconta qualcosa ». E così è, nell’improvvisa entrata in scena di un cavaliere solitario, apparso come un punto interrogativo sul lontano orizzonte.

« E ‘sto qua che arriva da dove viene, dove va e perché ! » si domanda col pennello sospeso, immobile, allerta. « Questo non lo possiamo sapere, ci penseremo! »

Nel frattempo, le cose procedono visibilmente spedite per il pittore che non si lascia sfuggire l’occasione di prendersene poeticamente cura preservando al massimo il mistero: con bianchi di intensità differente così come con grigi e blu delicati, intrisi in un profondo silenzio come giunto direttamente da un altro mondo, da un altro tempo, da un altrove.

Neige_blog

Senza titolo, 33x24 cm, 1977.

Talvolta, all’ultimo momento, lo scheletro in primo piano di un pioppo, come un Axis mundi, attraversa la tela fino all’estremità del cielo formando, con evidenza discreta, una squadra perfetta con la firma poco discosta e tranquillamente posata sul terreno.

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Enfumage défiscalisé :

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