Dernièrement, discrètement, un grand Monsieur s'en est allé, le 23 décembre, au bout de l'année. Mais nous avons été nombreux et nombreuses à l'accompagner en signe d'affection ou d'amitié, de vive reconnaissance pour une chose ou pour une autre, certes, mais surtout et avant tout pour sa belle qualité d'être.
André Bernard était franc de collier, spirituel, hanté en permanence par la meilleure des curiosités et habité par le plus vif des enthousiasmes : ainsi, il aimait sans cesse parce qu'il savait aimer.

En même temps que le partage de son affection ou de son amitié - parfois un subtil mélange des deux - une foule de gens dont je suis et, parmi eux, nombre d'artistes de tout poil, en tous genres, lui doivent en effet chacun quelque chose de particulier qui leur est à jamais cher et unique, précieux trait d'union intemporel entre lui et eux, ineffaçable, inoxydable aussi.

C'est en 53 - grâce à l'heureuse initiative de l'arlésien Paul Geniet - qu'André et Josy accompagnés de leur jeune ami Lucien Clergue viendront rencontrer les Fiorio à Montjustin, y partager fraternellement de bien riches heures, joyeuses, mémorables, qui se perpétueront sous de multiples formes jusqu'au décès de Serge que leur fille Marie-Flore elle aussi adorait.
André se chargera, par exemple, de l'édition du Giono-Fiorio - livre d'art grâce à lui somptueux - tandis que Serge sera à la source de l'installation définitive de Josy et André sur la colline pile-poil en face de Montjustin, sur la commune de Reillanne.

Merci à toi, cher André, pour ta force et pour ton exemple !

André Bernard-Salvador DaliPhoto X, collection André Bernard.

André ici les yeux dans les yeux avec Salvador Dali à qui il n'avait pas manqué de parler, bien sûr, de la peinture de Serge et aussi de malicieusement demander si par hasard il le connaissait... Alors, pour donner le change, fidèle à son personnage, jouer le mec au courant de tout et de tous, Salvador Dali lui avait aussitôt répondu, du haut de sa superbe : « Si je connais Serrge ! Et comment ! Vous lui transmettrrez bien mes amitiés ! » Mission dont André s'acquitta bientôt, de passage à Montjustin : encore une occasion rêvée - mais tout autant bien réelle ! - de partager avec Serge encore quelques grands bons éclats de rire, cette fois-là par l'entremise du génial mythomane de Figueras !

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Quelques liens :

Les arlésiens.
Paul Geniet.
Une lettre à l'ami Paul Geniet du 24 octobre 1949.
Le pacifisme des Fiorio.
Yves Montand à Montjustin.
Chanter.

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Traduzione a cura du Agostino Forte :

 

André Bernard, In Memoriam ...

    Ultimamente, il 23 dicembre scorso, sul finire dell'anno, se n'è andato un gran Signore. Eravamo in tanti ad accompagnarlo, vuoi per affetto o per amicizia oppure in segno di riconoscenza per una cosa o per un'altra; ma tutti ci univa l'omaggio alle  belle qualità della persona.
André era un uomo franco, spirituale, abitato continuamente da una sana curiosità e da un vitale entusiasmo: così, sapendo amare, amava in continuazione.

Insieme ad affetto e amicizia - non di rado uniti in sottil connubbio - io e una folla di persone, e tra essa artisti d'ogni sorta, testimoniavamo il debito per qualcosa di particolare che ci resta per sempre cara ed unica, prezioso legame atemporale tra lui e noi, legame indelebile e anche inossidabile.

Nel '53 - grazie al fortunato tramite dell'arlesiano Paul Geniet - André e Josy, accompagnati dall'allor giovane amico Lucien Clergue, avranno modo di incontrare i Fiorio a Montjustin, condividendo con loro amabili e gioiose ore memorabili, perpetuandole sotto molteplici forme fino alla scomparsa di Serge cui Marie-Flore, la loro figlia, era molto affezionata.
André si incaricò, tra l'altro, della stampa di Giono-Fiorio, sontuoso e stupendo libro d'arte realizzato per sua cura. Serge, d'altro canto, sarà all'origine del definitivo insediamento di Josy e André sulla collina giusto in faccia a Montjustin, nel comune di Reillanne.

Ancora Grazie !, caro André, per la tua forza e il tuo esempio.

André Bernard-Salvador DaliEcco André a tu per tu con Salvador Dalì col quale aveva senza dubbio parlato della pittura di Serge, forse domandando strumentalmente se ne avesse conoscenza ... Al che, dando pressoché il cambio, fedele al proprio ruolo e giocando al personaggio sempre al corrente di tutto e di tutti, Salvador gli aveva risposto, dall'alto della sua prosopopea: « Sì lo conosco, eccome se lo conosco! Portategli assolutamente i miei saluti ». Missione alla quale André, di passaggio a Montjustin, assolse senza indugio. Certo, un'altra occasione idealizzata - ma tutt'altro che irrealizzabile! - di condividere con Serge nuove occasioni per farsi due belle risate, e in quel caso con il concorso del geniale mitomane di Figueras.