Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant.

Pablo Picasso.

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    Pendant longtemps, des années, Serge n'a pas pensé, ni imaginé, qu'un jour il puisse vivre un tant soit peu de sa peinture. D'autant qu'au départ — comme c'est quand même couramment le cas pour pas mal d'artistes — la qualité de ses premiers dessins et coloriages tout juste adolescents ne portaient pas vraiment le sceau de la révélation.

Premier coloriage Serge

L'un des premiers coloriages, sans date. 1920-1922 ?

Son enthousiasme par contre, et sa ferveur, sa volonté consciente à exprimer et à concevoir artistement sa propre - c'est le cas de le dire ! - vision du monde dépassaient très largement les bornes qui, la plupart du temps, d'abord brident et puis bien souvent stoppent net, à cet âge, l'élan créateur du commun des mortels : beaucoup d'appelés mais peu d'élus.
Habité par la flamme de sa passion, le jeune Serge traçait tout simplement, crayons en main, son chemin avec enthousiasme, sans se poser de questions sur son avenir, un pas devant l'autre, en autodidacte pur, authentique ; tandis que dès le début de son aventure, sa famille, très ouverte d'esprit, lui était tout entière d'emblée favorable. La chronique familiale dit qu'on n'y entendit jamais un seul reproche proféré en son sein contre le futur artiste que ses proches ne pouvaient pourtant encore qu'au mieux deviner, entrevoir, en l'imaginant. Lui-même n'y pensait pas, je l'ai dit, dessinant et coloriant par pur plaisir personnel, apprenant sans souci, par lui-même ; sans celui, non plus, bien sûr, d'avoir un public.
Effectivement, quelques années plus tard, autour de 1929 : « Les premiers vrais tableaux que je vis, ce furent les miens ! »

Première œuvre, gouache de 1923Première gouache, curieusement assez japonisante. 1923.

Allant de soi, à leur rythme, ses progrès furent lents, très lents, mais sûrs et certains ; l'exercice incessant du métier montant de lui-même, à mesure, la barre des difficultés à vaincre. De plus, le jeune artiste fit tout naturellement assez vite se faufiler son propre rythme de travail entre ses autres activités quotidiennes, ne se plaignant jamais, et pour cause, de son sort : c'est que, sans qu'aucune décision en ce sens ne fut prise de sa part, se dessina tout seul, sous ses yeux, au travers même de sa patiente production, que sa vie même constituait pour lui, à l'évidence, le meilleur et précieux minerai d'où il extrayait déjà avec art, à ciel ouvert, les premières pépites de son or intérieur.
Lui, à qui jusque-là arrivait de se casser la tête en plusieurs morceaux devant le simple choix d'un sujet, se rendit alors compte que désormais, sur ce plan, l'inspiration ne lui ferait plus jamais défaut. Il lui suffisait de vivre en même temps que de dessiner et de peindre pour que son art profite à plein de cette toute nouvelle liberté agrandie, totalement intégrée par la suite à son credo d'artiste.

Plus tard, ne voulant pas très volontiers se faire connaître au travers de son travail — timidité ou réserve, vendant ses œuvres à reculons—, il ne rendra définitivement les armes que très tard, à trente-neuf ans, au printemps 1950, devant une nouvelle charge de son ami Paul Geniet qui, depuis aussi longtemps qu'il le connaît - la mobilisation de 39 - ne cesse de le tanner pour qu'il expose régulièrement, lui suggérant aussi, au passage, de se rapprocher de marchands.
Tout cela exception faite pour l'exposition personnelle de 1942, en pleine guerre, à la galerie Sergny, de Cannes, en laquelle Serge mit - hélas en vain - beaucoup d'espoir : l'époque, l'on s'en doute, n'étant pas à la vente d'œuvres d'art, fusse à Cannes !

Plusieurs paliers de création d'envergures différentes viendront encore jalonner et réorienter en partie la construction de l'œuvre, mais sa direction générale était prise. Serge n'avait qu'à peindre, ce qu'il fit.

 Impromptu 1
Impromptu 2
Impromptu 3
Impromptu 4
Impromptu 5
Impromptu 6

Impromptu 7

 

 

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Traduzione a cura di Agostino :

 

 

In ogni fanciullo c’è un artista. Il problema sta nel sapere come restare un artista crescendo.

 

Pablo Picasso

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   Per molto tempo, per degli anni, Serge non pensò né immaginò che un giorno avrebbe potuto vivere, se pur minimamente, della sua pittura. Tanto più all’inizio – com’è spesso il caso per un discreto numero di artisti – dove la qualità dei suoi primi lavori adolescenziali di disegno e di colorazione non portassero affatto un segno rivelatore.

Premier coloriage Serge

 Uno dei primi disegni a colori senza datazione (1920-1922 ?)

Al contrario, il suo entusiasmo e il suo fervore, la sua volontà tesa ad esprimere ed elaborare artisticamente la propria (è il caso di dirlo) visione del mondo, oltrepassava abbondantemente i limiti che perlopiù a quell’età tengono dapprima a freno e poi sovente arrestano lo slancio creativo dei comuni mortali: molti i chiamati ma ben pochi gli eletti. Abitato dalla fiamma della passione, matita alla mano, il giovane Serge tracciava piano piano il suo cammino con l’entusiasmo, senza porsi domande sul suo avvenire, passo dopo passo, da puro e autentico autodidatta; mentre fin dagli inizi della sua avventura tutta la famiglia, di larghe vedute, gli fu da subito favorevole. Le cronache famigliari non registrano di alcuna censura proferita nei confronti di quel futuro artista che nemmeno i parenti, pur con tutta la loro fervida immaginazione, potevano ancora presagire, intravedere. Come ho già detto, neppure lui ci pensava, disegnando e colorando per puro piacere personale, imparando in spensieratezza, da sé; non solo: senza neanche l’idea di avere un pubblico.
In effetti, alcuni anni più tardi, intorno al 1929, ebbe a dire: « I primi veri quadri che ebbi modo di vedere furono i miei ! »

Première œuvre, gouache de 1923Una curiosa atmosfera giapponese pervade questa prima tempera del 1923

Procedendo con quella cadenza, i suoi progressi furono lenti, molto lenti, ma altrettanto convincenti. L’incessante esercizio del mestiere che da lui sorgeva lo confrontava alle susseguenti difficoltà. Inoltre, il giovane artista fece presto a imbastire un proprio ritmo di lavoro tra le varie attività quotidiane, non lamentandosi mai, a ragione, della sua sorte: è che la sua stessa vita costituiva per lui, in modo evidente, il migliore e prezioso minerale dal quale estraeva già con perizia, a cielo aperto, le prime pepite del suo oro interiore senza che alcuna decisione fosse da lui presa in tal senso, delineandosi da sola, sotto i suoi occhi, anche per mezzo della sua paziente produzione.

Lui, cui fin lì capitava di rompersi la testa davanti alla semplice scelta di un soggetto, si rese allora conto che oramai, per tal via, l’ispirazione non l’avrebbe più abbandonato. Gli bastava di vivere potendo disegnare e dipingere affinché la sua arte potesse approfittare appieno di questa nuova accresciuta libertà, in seguito interamente integrata nel suo credo artistico.

Non amando particolarmente rendersi noto attraverso il suo lavoro (per timidezza o riservatezza, ricalcitrante a vendere le sue opere), solo più tardi vi si arrenderà, a trentanove anni, nella primavera del 1950, dopo l’ennesima insistenza dell’amico Paul Geniet che, fin dall’inizio della loro amicizia datata dalla mobilitazione del ’39, non cessa mai di spronarlo per indurlo ad esporre, suggerendogli altresì di contattare dei mercanti. Un discorso a parte riguarda la personale del 1942 alla galleria Sergny, a Cannes, in pieno conflitto mondiale, nella quale Serge riversò, ahimè! invano, molte aspettative: per quanto si fosse a Cannes, l’epoca, va da sé, era poco propizia alla vendita di opere d’arte!

Molteplici tappe creative di differente portata verranno ancora a costellare e riorientare in parte la costruzione dell’opera, ma la direzione nel suo complesso era presa. Serge non aveva che da dipingere, e così fece.

 

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 De la part de notre ami Philippe Courbon de Reillanne.

 

Chères Amies, Chers Amis,

Pelt 1

C’était il y a deux ans aujourd’hui...le regard émerveillé s’éteignait, le sourire se retirait, mais pas le cadeau qu’il nous a fait de garder intact le souvenir de sa voix de conteur, de son sens aigu de la pédagogie, de ses engagements écologiques et humanistes.
Nous lui avons rendu hommage en juin autour du film Jean-Marie Pelt : le jardinier du bon Dieu, à Forcalquier.

Nous aurons l’honneur de lui rendre un nouvel hommage à l’occasion d’un week-end spécial organisé par l’ABBAYE de SAINT  JACUT de la MER en BRETAGNE.

DU LUNDI 7 MAI 2018, 20 H 30, AU MARDI 8 MAI 2018, 17 H, IL ÉTAIT UNE FOI(S) JEAN-MARIE PELT / REGARDS CROISÉS SUR UNE PENSÉE TOUJOURS VIVANTE. Jean-Marie Pelt nous a quittés un soir de décembre 2015. Conférencier toujours pédagogue, homme de radio, sa voix chaleureuse était celle d’un ami qui passait régulièrement à l’Abbaye pour nous parler du monde. Jean-Marie Pelt était un expert en écologie et en botanique reconnu, consulté et apprécié pour sa sagesse. Homme de foi et de fidélité, tel un passeur, il savait non seulement se retirer dans son jardin de Lorraine, ou celui de l’Abbaye, mais aussi dans son « jardin de l’âme » qui était aussi fleuri et accueillant qu’il l’était lui-même, le lieu d’une bienveillance envers toutes et tous et en toute occasion. L’Abbaye a donné rendez-vous à ses amis qui, en plusieurs conférences, feront résonner à nouveau les grandes intuitions de leur maître Jean-Marie Pelt. Denis CHEISSOUX, animateur de l’émission « CO2 mon Amour » sur France Inter (sous réserve), Philippe COURBON, éducateur de santé, directeur du Cabinet IDEE. Animation : 25 €
L’œuvre de Jean-Marie est prolifique ! mais la trilogie des trois ouvrages ci-dessous est au cœur des sujets sociétaux que nous vivons !

Pelt 2