« On peut dire d'Eugène Martel qu'il rejoint au plus haut niveau la grande tradition des portraitistes français.
Face à ses portraits, surtout ceux qui sont des dessins, il est impossible de ne pas penser à Clouet, à la différence que ses modèles sont des paysans au lieu d'aristocrates ou de grands personnages de l'époque. Mon admiration pour ces portraits - d'un trait parfois à souffle retenu, ou d'une vigueur incisive - va au-delà de tout éloge. Ils expriment, dans la profonde ressemblance, vraiment le caractère et l'âme de chaque être.
Comment ne pas sentir et voir dans le portrait du père, de l'oncle - ceux-là à la peinture à l'huile - et de tant d'autres, toute la vie qui les a pétris tels qu'on les voit !
Il faut être l'héritier spirituel de plusieurs générations pour l'exprimer avec autant de force et d'authenticité.

Comme on dit « le grand Clouet », on peut également dire « le grand Martel ». C'est aussi ce qu'en pensait Jean Giono qui m'a conduit jusqu'au Revest-du-bion pour me le faire connaître, il y a de cela plus de soixante ans. »

Serge Fiorio, Montjustin le 17 août 1994.

 

Mimie Martin 1892

Mimie Martin, 1892.

 

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Se reporter aux entrées Martel et Fiorio de Giono et les peintres que notre amie Michèle Ducheny vient une fois de plus d'augmenter et d'améliorer.

Autres liens utiles :

Texte de Serge sur Eugène Martel.
Images d'Eugène Martel par son ami Maxime Girieud.
Eugène Martel.
Une lettre d'Eugène Martel.
Giono au secours de Martel.
Giono et les peintres. (Article du blog Fiorio et non du site de Michèle Ducheny).

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Un livre de Jean-Albert Guénégan

Elle a frappé à ma porte m'est arrivé hier matin et je viens d'en terminer la lecture.
La rencontre de Jean-Albert Guénégan avec Charles Le Quintrec y semble bien providentielle et me rappelle justement celle, ayant eu lieu avant-guerre, du jeune Serge avec le vieil Eugène.
Sans doute que chacun avait mutuellement besoin de l'autre pour renfort intérieur, étant de générations différentes. Les deux plus jeunes pour affirmer, en fait, leur sensibilité, l'éprouver, et se sentir ainsi relié. Eugène Martel et Charles Le Quintrec pour les mêmes raisons sans doute, mais en quelque sorte en sens inverse, sous une forme quelque peu différente : passant par la reconnaissance dans le regard et l'amitié d'un bien plus jeune tout en se proposant spontanément et discrètement à lui pour passeur. Généreux et fructueux échanges intergénérationnels !

En 1966, parlant en un sens elle-même de son œuvre sans le vouloir, Lucienne Desnoues ne déclarait-elle pas elle aussi : « Contrairement à cette avant-garde qui ne se veut la fille de personne et fait avec ingratitude débuter la poésie ou la peinture à ses propres travaux, j’aime surprendre chez les grands artistes les traces de l’hérédité. »

Il est beau et tout à son honneur qu'en retour de tout ce qu'il a reçu, directement ou à demi-mot de son ami Charles Le Quintrec, Jean-Albert Guénégan donne aujourd'hui ces pages de souvenirs fidèles à la réalité de leur relation, exemptes de fard, très sincères.


Également, dans L'Oiseau de feu du Garlaban : Le souvenir de Charles Le Quintrec

 

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À commander directement chez l'auteur Jean-Albert Guénégan, 33 rue des Jardins, 29600 Morlaix. 8 €uros + 1,50 de port.