La tribu Fiorio au complet ayant jeté l'ancre à Montjustin au printemps de l'année 1948 - tout juste un an après que Serge y soit arrivé le premier, en éclaireur -, l'aménagement de l'atelier sous les toits dans la maison du bas du village n'a cependant été terminé qu'en 1959 par les soins minutieux d'Aldo, le frère du peintre.
Ce dernier a tout de suite investi le lieu et, comme on le voit sur la photo qu'il en a fait lui-même, s'y est installé tout de go, encore assez sommairement.

L'atelier 1959Photo Serge Fiorio, 1959.

Le chevalet de bois blanc, autour duquel l'agencement de la petite pièce est organisé, est celui affectueusement fabriqué par l'oncle Ernest avant-guerre à Taninges, le tapis celui patiemment tricoté « à temps perdu », avec des restes de laine de toutes les couleurs, par la maman Fiorio, le haut tabouret celui fabriqué de toutes pièces chez les amis Jean et Jacqueline Mascaux qui viennent alors tout juste de créer à Vachères les fameux Ateliers de village. Il n'est pas paillé comme d'ordinaire, son siège étant composé - sans aucun doute à la demande expresse du peintre - d'une pièce de contreplaqué, d'isorel ou de carton, percée de nombreux petits trous de différents diamètres en lesquels l'artiste pique les divers pinceaux dont il se sert au fur et à mesure tout au long de sa journée. Cette sorte d'astucieux éventaire lui permettant de les garder à disposition, toujours bien visibles et à portée de la main quand il a besoin d'en changer.
La grande composition végétale en forme de couronne accrochée au mur en hauteur est celle méticuleusement confectionnée avec art - et à tous points de vue bien dans l'esprit de sa poésie écrite - par Lucienne Desnoues elle-même, sans doute pendant ses dernières vacances à Montjustin.
Serge a déployé et installé de grands cartons au dos de son chevalet pour s'isoler un tant soit peu du reste de la pièce et ainsi ne pas risquer d'avoir le regard distrait de son ouvrage en cours : présentement un grand paysage en lequel une trinité de nuages s'élève tranquillement mais avec force dans le ciel.
Palette, haute boîte en fer blanc où nettoyer les pinceaux à l'essence, longue règle de bois servant au besoin d'appui à la main et aussi de seconde palette, tout est en place pour continuer dans de bonnes conditions l'aventure de peindre.
Bientôt lui viendra, inaugurant à la fois un thème majeur et un nouveau palier de création, sa toute première Grande Souche tellement impressionnante, et tous les autres tableaux aux sujets si divers qui composeront l'exposition Fiorio organisée en 1960-61 par l'écrivain Hubert Fichte, itinérante dans toute l'Allemagne.

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Quelques liens :

L'atelier 1.
Sur une photo de l'atelier.
Serge, printemps 56.
Les tribulations du premier Portrait de Giono.
Hubert Fichte : une première note.
Portrait d'Hubert Fichte.
Hubert Fichte par René Duc
Un peintre du sud de la France par Hubert Fichte, traduit de l'allemand par Pierre Schwob.
Hubert Fichte, suite... par François Mangin-Sintès.

 

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De la part de notre ami Philippe Courbon :

Chers Correspondants, Amis, Partenaires,
Le lycée de l’hôtellerie et de la restauration Paul Arène de Sisteron en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie des Alpes de Haute Provence organise une soirée spéciale le MERCREDI 13 DECEMBRE avec mon intervention :

 Conférence Manger autrement... Pourquoi ? Comment ? à 18 h 15
avec la présence des élèves BTS deuxième année, mais ouverte au public hors Etablissement
au Lycée Paul Arène – 13 avenue du Stade – 04200 SISTERON
et une prestation de restauration bio végétarienne exceptionnelle sous l’orchestration de mon ami le Chef Jean Montagard http://www.jean-montagard.com/ qu’il nous faut saluer, mais dont le seuil d’inscriptions au repas est d’ores et déjà clos !

L’accès à la conférence est gratuit, et comporte encore une soixantaine de places. Par sécurité, il est prudent de prévenir de votre présence au  04.92.61.32.93

Je vous remercie pour l’accueil que vous pourrez réserver à cette communication, bien cordialement,

Philippe COURBON

www.cabinetidee.com