La boutique de vêtements pour femme, Chez Mariette Nouveautés Paris, n'a pas l'air de faire fortune ce matin. La vendeuse, les mains en prière à l'entrée du magasin, regarde impassible la scène qui se déroule devant elle sur la place du village.

Détail Marché chez Mariette 12 F

C'est jour de marché. Les passants, nombreux, serrés les uns contre les autres, en longues files, descendent lentement la rue principale du village et se dirigent vers la place. Un stand de vente de tissu au mètre occupe le premier plan du tableau.
Son installation est d'une grande simplicité. Il est composé de quatre poteaux perpendiculaires qui soutiennent un toit en toile. À l'intérieur, deux barres parallèles, espacées pour pouvoir circuler, soutiennent des rouleaux de tissus défaits en plis serrés qui retombent en rideaux sur des caissons qui délimitent la surface du stand. Entre eux, un espace est ouvert pour une libre circulation.

Marché chez Mariette 12 FSur le marché, 65x81 cm, 1967-69 ?

La présentation donne à voir un beau choix de couleurs chatoyantes qui rappellent aussi la palette du peintre. Son intention est d'attirer notre attention sur cette vente de tissu, l'occasion aussi de montrer ses grandes qualités de coloriste et de géomètre en composant un tableau uniquement avec des perpendiculaires et des parallèles. Il nous livre ainsi sa propre vision de l'espace, celle qui détermine tout grand peintre.
La disposition du toit des maisons, celle des fenêtres toutes orientées vers la vie du village, sont dessinées de telle sorte que nous avons l'impression que le village tourne lentement de gauche à droite en suggérant une vision à 360°. De façon à entrainer le spectateur à aller voir ce qui se passe derrière le stand de tissu qui forme une barrière ou un rideau de scène à la vision globale du marché. En effet, si l'on aperçoit, à droite, la foule de passants se diriger vers la place du marché, de même, à gauche, ainsi que derrière le toit du stand, on aperçoit aussi une foule nombreuse suggérée par quelques touches de couleur bleue et marron. Tout ce monde se dirige vers le centre du marché que nous ne voyons pas et que le peintre développera plus tard avec de nombreux tableaux.
Un bouquet d'arbres en éventail - pin parasol, micocoulier ou ficus - ombrage la place et couronne le toit sous lequel la scène se déroule. Une femme fait son choix sur un tissu qu'elle palpe avant d'en décider l'achat. La vendeuse, légèrement penchée vers elle se tient à son écoute. Un passant au chapeau s'arrête, et observe avec attention. En face de lui une femme s'arrête aussi et regarde tout comme la vendeuse de la boutique sur le trottoir d'en face. Près d'elle, un jeune garçon curieux observe aussi. Une belle interférence de regards se joue devant nous et crée une note de mystère. Tous les gens sont habillés strictement, ne laissant apparaitre, pour les femmes, que le bas du mollet, le chemisier est fermé au premier bouton. Cela en contraste saisissant et amusant avec le présentoir à lingerie qui, dans la vitrine, porte un soutien-gorge et la culotte assortie ! Enfin, une charrette à peine entrevue passant dans la rue suggère le mouvement, le bruit, la forme et la couleur.
L'univers et l'ambiance du marché sont bien présents, l'imagination du peintre s'ajoute à l'imagination de chacun. Et sa mise en scène déroule le film qui se joue sous nos yeux. On croirait que tout est figé comme s'il s'agissait d'un arrêt sur image alors qu'en réalité c'est tout le contraire qui en résulte. La composition permet le mouvement qui est le propre de la vie.

 

Traduzione a cura di Agostino Forte :

 

Il negozio di vestiti per signora, Chez Mariette Nouveautés Paris, non ha l’aria di fare affari stamattina. La venditrice, a mani giunte sull’ingresso del negozio, guarda impassibile la scena che si svolge nella piazza del paese.

Détail Marché chez Mariette 12 F

È giorno di mercato. I numerosi passanti, stretti gli uni agli altri, discendono lentamente per lunghe file la via principale del paese, dirigendosi verso la piazza. Una bancarella che vende tessuti occupa il primo piano del quadro. Di impianto molto semplice, il banco di vendita è composto da quattro pali perpendicolari a sostegno di una tettoia in tela. Al suo interno due traverse parallele, poste a debita distanza, sostengono dei tessuti svolti dalle loro bobine e accomodati a piccole pieghe che ricadono a mo’ di tendaggio su dei panconi che delimitano la superficie dello stand con in mezzo uno spazio bastante per permettere il passaggio dei visitatori.

Marché chez Mariette 12 FAl mercato, 50x61cm, 1967-69 ?

Possiamo osservare una discreta scelta di colori cangianti che richiamano la tavolozza del pittore. La sua intenzione è di attirare la nostra attenzione su questo banchetto di tessuti, un’occasione di mostrare pure le sue doti coloristiche e geometriche componendo un quadro col solo ausilio di perpendicolari e parallele consegnandoci la sua peculiare visione dello spazio, quella che determina ogni grande pittore.

La disposizione dei tetti delle case, quella delle finestre orientate tutte verso il centro del paese, sono disegnate in  modo tale che si ha l’impressione che il villaggio giri lentamente da sinistra a destra suggerendone una visione a 360°. Quasi a portare lo spettatore ad interessarsi a ciò che accade dietro il banco dei tessuti che forma una barriera o un sipario sulla visuale globale del mercato. In effetti, a destra, si vede una folla diretta alla piazza del mercato mentre a sinistra, come dietro il tetto della bancarella, ci si accorge di numerose persone suggerite da qualche pennellata di colore blu e marrone. Tutta questa gente va dirigendosi verso il centro del mercato rimasto nascosto alla nostra vista ma che il pittore successivamente svilupperà in numerosi quadri.

Un gruppo d’alberi a ventaglio – pini ad ombrello, bagolari o ficus – fanno ombra alla piazza e incoronano il tetto sotto il quale si svolge lo spettacolo. Una donna considera la scelta di un tessuto maneggiandolo prima di deciderne l’acquisto. La venditrice sporgendosi leggermente verso di lei si tiene pronta a qualsiasi delucidazione. Un uomo col cappello si ferma ad osservare con  attenzione. Davanti a lui una donna si arresta a sua volta a guardare, proprio come la venditrice del negozio sul marciapiede di fronte, a fianco della quale un ragazzotto appare lui pure incuriosito. Una bella interferenza di sguardi si gioca davanti a noi creando una nota di mistero. Le persone sono vestite in modo decoroso: alle donne si vede solo dal polpaccio in giù, il colletto della camicetta ben chiuso. Il tutto in sorprendente e divertente contrasto con la vetrina di biancheria intima che, al suo interno, presenta un reggiseno e un assortimento di indumenti. E infine il particolare di un carretto che passa per strada suggerisce il movimento, il rumore, la forma e il colore.

L’ambiente e l’atmosfera del mercato sono ben rappresentati, l’immaginazione del pittore si aggiunge a quella di ognuno. E la sua realizzazione dispiega il film che si recita sotto i nostri occhi. Sembra che tutto sia bloccato come fosse un fermo immagine quando invece il risultato è l’esatto contrario. La composizione permette il movimento che è quello proprio alla vita.