Le 28 mars 2015, je commentais ici même - Outils de maçonnerie - un Fiorio reproduit seulement en noir et blanc dans un petit livret-catalogue d'exposition en Allemagne.

Aujourd'hui, par l'aimable apport d'un ami abonné à Artprice, m'en parvient un autre, très proche, car de même famille de sujet et d'esprit. Mais cette fois-ci heureusement en couleur, ce qui ouvre des perspectives !
Tous les deux étant de rigoureuses bien que poétiques Natures silencieuses d'outils; mais pas que, comme souvent chez Serge qui, en une même œuvre, se plaît à marier sans façon les thèmes aussi bien que les genres, et combien d'autres choses encore !

Tableau Serge Instruments de maçonnerie Huile sur ?, sans titre et de dimensions inconnues, 1960.

 

Outils de maçonnerie bonHuile sur toile, sans titre ni date, 50x61 cm. Début des années 60, de toute évidence.

Couleurs qui, ici vives et nettes, sautent aux yeux comme il me semble qu'il est rare qu'elles le fassent à ce point en cette peinture. Ainsi, l'air s'en trouve tout particulièrement transparent et pur au possible, renforçant considérablement les présences au premier plan ainsi que la royale paix des champs à l'arrière, le tout dans une lumière de qualité rien de moins qu'édénique.
Il est vrai, il faut s'en souvenir, que début soixante, la peinture de Serge connaît selon ses propres mots « un renouveau formidable ! » Ceci expliquant donc sans aucun doute cela, ce tableau (l'autre également, l'on s'en doute malgré le noir et blanc) s'en trouve être l'une des confirmations par l'exemple.

Vu le sujet et les motifs représentés qui pourraient être allégoriques, qu'on n'aille surtout pas croire ou s'imaginer que Serge puisse avoir été franc-maçon. Il n'en est rien, pas une once d'accointance.
Les années soixante sont tout simplement encore celles où - issus, côté paternel, d'une famille de grands bâtisseurs s'il en est devant l'Éternel, grands bâtisseurs eux-mêmes - les Fiorio exercent encore bien souvent cette activité, surtout en hiver, à marée basse : quand les travaux des champs sont au ralenti et que l'élevage de leurs chèvres et de leurs brebis devient lui aussi moins chronophage.
Aldo gagnera en partie sa vie et celle de sa famille ainsi, en "remontant" des ruines pour les uns et les autres qui, satellisés, finissent par vouloir se poser alors eux aussi à Montjustin. Ou bien partant courageusement de bon matin à vélo - puis à moto quand l'ami Paul Geniet lui en aura offert une afin de lui faciliter la vie - vers Reillanne pour prêter main-forte à un autre ami véritable en la personne du poète-maçon Alfred Campozet.
Alfred Campozet qui, n'approuvant et n'appréciant en rien, pas du tout - et avec raison, ô combien ! - l'appellation de "naïf" à propos de l'art de Serge, s'amusait à entrer parfois chez les Fiorio comme sur une scène de théâtre en demandant haut et fort avec un humour bien à lui  : « Dites-moi vous tous à la ronde, il est où le peintre niais ? » Ce à quoi, en riant, tous applaudissaient d'enthousiasme !
Soit dit en passant, mais valant - et comment ! - la remarque, Alfred Campozet fut le seul et unique de tous les contadouriens à avoir respecté à la lettre ses engagements de pacifiste. Ce qui lui coûta cher, évidemment. Le stalag fut son lot alors qu'il ne fut jamais - puisque pacifiste - l'un des prisonniers de guerre auxquels ce genre de camp de détention et de travail était d'ordinaire tout spécialement réservé !
Mais, sensibles comme ils le sont, les féroces guerriers de tous les pays du monde n'en sont pas à un "détail" comme celui-là près, n'est-ce pas ! La conscience profonde d'un homme, ses plus hautes convictions intérieures, qu'est-ce qu'ils en ont à faire, puisqu'ils disposent déjà et avant tout comme bon leur semble de sa vie toute entière une fois qu'ils ont réussi à lui mettre le grappin dessus !

À quand la réédition du merveilleux, goûteux et bien parfumé Pain d'étoiles paru - jadis déjà ! - chez Fanlac « près la tour de Vérone », dans lequel Alfred Campozet raconte, en authentique poète qu'il est, son Contadour à lui ?
Car voilà un ouvrage capable et prompt à porter de nouveau des fruits en ces temps violents de guerres et de terrorismes contre lesquels - en vérité ombres denses et tenaces de nos tragiques égoïstes modes de vie - il faudra bien un jour arriver à être - à force de rappels et de révolutions intérieures - assez nombreux et motivés pour en venir à bout.
Tous les sages des quatre coins de la planète nous le répètent depuis la nuit des temps, la physique quantique elle-même l'expérimente aujourd'hui en ses laboratoires de pointe : pour changer durablement quelque chose dans le monde, il faut commencer par se changer soi-même.

 

PS : autre chose, quoique au fond tout se tienne : à propos du tableau dont il m'envoie la photo, mon aimable correspondant et ami ajoute en note dans un mail complémentaire : « Quelque chose me frappe dans cette toile de Serge : La Croix du Christ et sa Tunique pourpre. »

Ce qui n'est pas rien ! Et alors, du coup, sa remarque forte souffle en moi sur la tentation d'aborder un jour les contenus - ceux-là échappant même souvent au peintre lui-même - très profondément intérieurs, ésotériques (au bon sens - grec - du terme) à toute vraie peinture qui peut être certainement - non pas lue selon les quatre sens, comme seule peut-être la Bible peut l'être - au moins appréhendée à des degrés très divers : les connaissances, la sensibilité et la personnalité de celui ou de celle qui "se plante" devant un tableau agissant ensemble très subtilement en effet de projecteur - plus ou moins éclairant, révélateur - ou bien faisant, en sens inverse, écran efficace à certaines "apparitions" venant directement de l'œuvre, mais restées voilées ou carrément opaques en elle jusque-là. 
Ceux-là s'en trouvent en effet comme gratifiés d'un plus pouvant donc venir autant de l'œuvre que d'eux-mêmes, parfois des deux en même temps. Plus, plus profondément porteur de sens dans tous les cas.
D'autres y restent irrémédiablement sourds, aveugles, étrangers. Passant à côté pour le moment parce qu'attentifs ailleurs, à autre chose. C'est bien connu : personne ne voit pareillement que les autres, pas même les couleurs ! Comme ce qu'on a déjà vu est encore et toujours à revoir sous une autre signification possible, un autre jour naissant.
Une peinture est un livre ouvert, certes, mais plein aussi, par nature, de dissimulations et de latents mystères qui ne demandent qu'à être déchiffrés, sont là pour ça : semences enfouies pour germer dans la vie de l'esprit au profit de soi bien sûr, mais aussi, bien évidemment, de l'intérêt collectif.


 

 

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Bonjour,
il y a 19 jours nous avons lancé la pétition : Mr le Maire de St Michel l'Observatoire-Lincel Pascal Depoisson. Refusons de défigurer la Porte d’entrée des Alpes à St Michel l'O.

Nous refusons qu'une Zone d'Activité où seraient implantées de grosses entreprises (type PME) soit crée en saccageant 6,4 hectares de nature dans une zone Natura 2000 .
Sur moins de 300 hectares se concentre une des plus grandes biodiversités de France. Des couples de rolliers nichent là.

En 19 jours nous avons rassemblé plus de 1200 signataires (internet et papier), dont plus de 360 habitent nos 2 villages et plus de 500 résident dans le département ou plus généralement en PACA, 10 sont Citoyens du monde.

Pouvez-vous nous aider en ajoutant votre signature ?
Notre objectif est d'atteindre les 1500 et plus.

C'est ici :
https://www.change.org/p/m-le-maire-de-st-michel-l-observatoire-lincel-pascal-depoisson-refusons-de-d%C3%A9figurer-la-porte-d-entr%C3%A9e-des-alpes-%C3%A0-st-michel-l-o?recruiter=721038959&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

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