Oh la merveilleuse vie crucifiée des épouvantails ! Leurs bras grands ouverts, leur chapeau troué par les balles du soleil, leur indifférence aux modes et aux déluges ! Un idéal de vie et d’écriture.

Christian Bobin

   Présence étrange par elle-même et donc, par la suite, étrange sujet pour un peintre que celle de l'épouvantail.

Epouvantail 2

Épouvantail au citron, 41x33 cm, 1984

Comment Serge est-il venu à en peindre, jusqu'à en consteller un véritable thème dans le ciel de sa peinture ? Par ses personnages de carnaval, peut-être. Je le suppose car, de l'un à l'autre motif, les cloisons ne sont pas bien étanches.

Les Masques

Le cortège des masques, 50x61 cm, 1983

Sur l'une de ses toiles, le peintre les représente d'ailleurs ensemble, se répondant au passage d'un cortège de masques devant l'épouvantail visiblement en train de les saluer -  bien fraternellement ? - à l'heure entre chien et loup, la nuit tombante en rase campagne. Et la créature grotesque du Caramentran, bourré de paille dépassant de partout, jusque des oreilles, ne semble-t-elle pas, en effet, être elle-même issue de la même espèce fort singulière ? Celui-là, bouc émissaire hué et même jeté en l'air à l'aide d'un drap par des foules en transe, en délire, accablantes jusqu'au supplice final ; l'autre par nature solitaire comme un ermite de plein air, mais tous les deux introduisant au recentrage. Carnaval par rituelle extériorisation, moquerie, satire cinglante, mise en scène publique de tout le tralala non évacué des bas étages intérieurs : joyeuse et bénéfique purge régénérante, salutaire exorcisme. Sortie d'Égypte. Renouveau. L'autre par la voie de l'inquiétante étrangeté de la haute solitude de sa fantasque silhouette opérant rupture, lui aussi, dans le "raisonnable" tout en occupant pourtant sa place - d'autant plus étrange qu'unique - dans le paysage familier et domestique des jardins, des vignes, des vergers.

Epouvantail 3

Épouvantail à l'arbre mort, 46x38 cm, 1990

Je sais qu'en sa fertile jeunesse haute-savoyarde Serge avait été très impressionné par une telle "présence" énigmatique aperçue de loin au cours d'une randonnée en ski en solitaire. (Ce ne fut pas la rencontre « nez à nez » comme ce fut le cas avec « les masques » qui, encore enfant, le paniquèrent au détour d'un chemin de retour de l'école). Bien qu'adulte cette fois, il s'en approcha quand même avec une certaine appréhension, jusqu'à un certain malaise psychologique et presque de la méfiance, tant cet épouvantail, si je puis écrire, sortait de l'ordinaire : en pleine nature, curieusement bien à l'écart, loin de toute société humaine. Pas le moindre jardin à ses pieds, pas même la moindre bosse du moindre choux enneigé ! Qui l'avait donc installé là, et pourquoi ? Exception qui confirme la règle, sans doute.

Epouvantail

Épouvantail à la pie, 46x38 cm, 1965

Parfois, une pie lui tient familièrement compagnie. Ils se connaissent, elle la bavarde, lui le muet à l'écoute de tout et de rien que le moindre souffle aussitôt emporte et disperse aux quatre vents, comme poussière. Posé au bout de son bras ou sur l'aile de son chapeau, l'oiseau envers lui comme un messager stylé, strictement vêtu de son sobre uniforme, à l'opposé de ses fidèles et sempiternelles guenilles. Femme ou homme, il est seul en son genre, jamais deux sur le même tableau, peint souvent au centre d'une immensité de neige dont il semblerait bien être l'unique habitant si, contredisant cela, de la cheminée d'une ferme voisine, ne sortaient souvent, nonchalantes et claires, quelques rassurantes  et suggestives volutes de fumée.

L'épouvantail devient quelqu'un chez le peintre, ne reste pas mannequin : en creux, en clin d'œil, une allégorie, une autre manière de la notre dans sa façon d'être. Faire peur aux oiseaux ? Mais vous rigolez ! Ils en ont vu d'autres ! C'est aux hommes, aux femmes et aussi aux enfants, que ce sans-abri, ce fakir occidental s'adresse en douce, leur posant sans doute des questions muettes qui ne sont peut-être pas si oiseuses puisque certains voient aussi bien, en sa personne même, une forme de miroir philosophique, la survivance d'une religion païenne, un pressant appel intérieur sous couvert de haillons habillant une croix. Mais sommes-nous aptes à saisir au vol un tel langage - langage des oiseaux ! - d'un tel totem ? Il faudrait parler aussi christianisme à propos de l'épouvantail, cet alter-Christus de première, ce Frère mendiant.

*

« En des temps de supercherie, dire la vérité est un acte révolutionnaire ». George Orwell.

Nicematin.com/insolite/en-pleine-presentation-de-lexpo-de-nice-2017-il-marche-sur-une-celebre-œuvre-dart

En ces temps de Biennale de Venise et d’art contemporain pointu, quoi, vous n’êtes toujours pas allé voir le charlatan qui couve ses œufs à vos frais ? (François Hollande s'est lui-même rendu à son chevet...). Mais, plus essentiel et contructif, moins conformiste aussi, que ce qui se passe dans ce genre de "hautes sphères"  :

De notre ami Philippe Courbon :

Courbon

Chères Amies, Chers Amis, Correspondants et Partenaires,

Je viens tout récemment de prendre connaissance de l’Appel des Solidarités que j’ai personnellement signé, et que notre Association CIIDHUM (COLLECTIF D’INITIATIVES INTERDISCIPLINAIRES POUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN) vient de rejoindre et de soutenir manifestement.

Le mot Solidarité ici se conjugue au pluriel, et concerne tout autant la dignité humaine, la protection de la nature, la promotion de la santé, la fraternité humaine que la protection du vivant, et c’est plus qu’heureux. Trop longtemps les engagements pour une alternative de société ont été fragmentés et, tel un puzzle avec les pièces éparpillées, finissant par faire oublier le visage de l’ensemble.

Ce visage de l’humain qui est concerné dans tous ses degrés d’expression et qui est invité à retrouver la conscience éveillée pour une fraternité retrouvée.

Je le pense profondément et sincèrement.

S’il vous plait, prenez connaissance de cet Appel :    

Et si comme nous, vous en partagez l’invitation, le constat, et les propositions, alors rejoignez-le, personnellement en conscience, et collectivement en nombre.

En vous remerciant pour l’attention soutenue que vous aurez prêtée à cette invitation,

bien solidairement et cordialement,

Philippe COURBON

Chargé de Mission du CIIDHUM

 http://www.cabinetidee.com/Association.CIIDHUM.html