À quoi pense donc Serge tout en s'introspectant ainsi de trois quarts, quasi de face, dans le miroir intime de son art ? Fidèle à deux niveaux, pour une fois : cela va de soi, fidèle à lui-même mais fidèle aussi au réel, ce qui est plus rare de sa part.

Cherche-t-il alors la solution à une énigme de l'être, comme tout portraitiste qui se respecte et respecte aussi son modèle, s'y reflète corps et âme, toujours à la lumière de son propre travail ? Besoin, sans doute, de faire le point comme un navigateur, rappel à soi-même, intérieur, que le regard exprime clairement en fonction du passé-présent représenté, lui, sous la forme allégorique du paysage trouble, flou, indécis, que l'on aperçoit par-dessus ses épaules par delà le vitrage de la fenêtre, mais qu'il porte en lui, dans sa hotte, et sur lequel, pour être lu proprement, la mise au point reste encore à faire ?

Que nous dit ce portrait ? Il questionne en plusieurs jeux de miroirs. Visiblement l'heure n'est pas à la fête, sans tristesse cependant. Intense communication du regard. Serge n'a que vingt-deux ans à peine et paraît pourtant être un homme déjà. Travailler à fond à la carrière a donc fait éclore du frêle ado ce rude et viril gaillard ! Et n'est-il pas - signe en ce même sens - que l'autoportrait n'est pas en lui-même le genre de peinture où ne réussissent pas le mieux, et pour cause, les jeunes et les enfants ?

Autoportrait 1933

Est-ce que la barbe noire en collier et la moustache, le cheveu crépu, font que, tous ces attributs ajoutés ici au regard direct et franc, l'on n'imagine pas une seconde le doux et grand rêveur qu'il peut être, qu'il est en vérité. C'est que sans doute il se peint ici d'abord en accord avec sa réalité apparente, sous ses propres traits les plus véridiques : l'homme plus que l'artiste, il semble.

N'empêche, l'artiste, qui n'est encore qu'au seuil de son œuvre, se retourne vers l'homme qu'il est, l'isole de tout contexte artistique pour mieux se découvrir de près un instant en tant qu'individu à l'aide de la gouache.

S'arrêter sur sa propre image, photographique ou autre, c'est toujours se poser des questions essentielles puisque chacun est unique en son genre pour y répondre. Pour un peintre se prenant pour sujet, c'est tout au moins les mettre en forme essayant ainsi d'y « être » par-delà la fidélité aux apparences, ou à travers elles, les prenant alors, ce qui paraît le cas ici, pour témoins. C'est là le paradoxe incontournable, inhérent à tout portrait ou autoportrait en lesquels contenu et contenant dialoguent, aspect physique et force d'âme ne faisant qu'un ; cela depuis toujours dans l'histoire de l'art quand l'artiste se prend pour cible.

Serge et Aldo 1933 Taninges

Sur cette photo de Serge et Aldo prise en 1933 dans le jardin qu'ils cultivent sous les fenêtres de la maison Fiorio de la rue des Arcades à Taninges, c'est bien le même Serge au visage aussi grave que celui de l'autoportrait qui apparaît. Inquiétants presque, les deux frères Fiorio ne semblent pas être ici des plus affables. Et pourtant !

Serge ne pose pas le moins du monde, comment cela serait-il possible tout en peignant ? Il se saisit hâtivement sur le vif, tel qu'il est, du moins tel qu'il se voit et se perçoit lui-même, sans filtre, sinon bien sûr celui (qui n'en est pas un) de l'inconscient : il s'est peint comme pouvant être -  et s'en trouve être effectivement en un certain sens une image - un Christ à la croix bleue. Un Christ déjà dans la force de l'âge, intuitif autant qu'attentif, à l'écoute du destin où son regard l'engage à poursuivre. Cependant, ce n'est pas là, loin de là, le portrait d'un personnage d'Histoire mais bien celui de Serge en la sienne propre, tel qu'en lui-même, nu et cru, intime et sans décorum.

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Sur le même sujet, et l'autre autoportrait : Premier Autoportrait et Deuxième Autoportrait.

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De la part de notre ami Philippe Courbon :

Chères Amies, Chers Amis, Intervenants, Conférenciers, Partenaires et Correspondants,  

Mon ami Christian VELOT dont l’engagement tant au sein du CRIIGEN  http://www.criigen.org/ que de la Fondation SCIENCES CITOYENNES http://sciencescitoyennes.org/tag/christian-velot/ est connu de nombreux d’entre vous, est un scientifique engagé doublé d’un conférencier grandement apprécié pour son sens pédagogique.  
C’est plus que volontiers que je vous retransmets le courriel que je viens de recevoir de lui et qui nous parle de ses conférences, mais aussi TRES IMPORTANT d’un PROCES LE 25 AVRIL à PARIS et qui  appelle notre mobilisation et notre solidarité.  
Je vous remercie pour l’accueil que vous réserverez à ce courriel.  
Bien cordialement,  
Philippe COURBON   

 

Bonjour à toutes et tous,  
je me permets de revenir vers vous pour deux informations.  
1)  Je propose désormais de nouvelles conférences didactiques à destination du grand public. Outre ma conférence classique sur les OGM en général (« Les OGM sous toutes leurs facettes »), et celle sur les OGM cachés (« Plantes transgéniques, plantes mutées : quelles différences, quelles ressemblances ? »), trois nouvelles conférences sont désormais disponibles :  
- « Microbes alimentaires génétiquement modifiés : Implications dans l’élaboration du pain, du vin et des produits laitiers »

 - « Les nouvelles techniques de manipulation du vivant (dont CrispR/Cas9) et le "forçage génétique” »

 - « L’épigénétique ou l’impact de l’environnement sur le fonctionnement des gènes ».

Pour en savoir plus, et notamment accéder au synopsis de chacune de ces conférences, je vous invite à consulter le lien suivant (sur le site du Criigen) :

2) Comme je vous l'avais déjà fait savoir il y a environ un an, j'ai, en septembre 2014,  déposé une plainte en diffamation concernant un article signé d'un certain Anton Suwalki et paru le 10 juin 2014 dans le journal en ligne Contrepoints. Cet article faisait suite à une tribune que j'avais publiée le 28 mai 2014 dans Bastamag, et où je relatais essentiellement le contenu de mon témoignage au procès en Appel de Colmar concernant la destruction d'un essai de vigne transgénique.(http://www.bastamag.net/Vignes-OGM-quand-la-Cour-d-Appel).    

Le procès aura lieu le 25 avril prochain à 13H30 à la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris (4 Boulevard du Palais sur l’île de la Cité). La salle d’audience est relativement grande et je vous invite donc, si vous en avez la possibilité, à venir me soutenir en assistant à ce procès.  

J'en profite pour remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui, personnellement, ou à travers leurs structures associatives, ont déjà apporté une participation pour le financement de ce procès.  

À ce jour, ces dons ont permis de financer environ 60% de la totalité des frais de cette procédure. Pour celles et ceux qui souhaiteraient apporter un soutien en contribuant à ce financement, vous pouvez faire un don au Criigen (http://www.criigen.org) en précisant qu'il s'agit d'un don dédié au procès de C. Vélot (envoi à CRIIGEN, BP n° 15101, 14079 Caen Cedex 5 France ; contact : Frédérique Hilary : criigen@criigen.info).  

Vous pouvez bien sûr, si vous le préférez, faire un don en ligne (https://www.leetchi.com/c/association-criigen) non spécifique, pour notre fonctionnement, nos études et les autres procès (impliquant Gilles-Eric Séralini et ses co-auteurs).  

Grand merci également à toutes celles et ceux qui m'ont apporté un témoignage de soutien.  

N'hésitez pas à relayer ce message dans vos propres réseaux.  

Bien amicalement,  

Christian Vélot