Livre Soutter

 Merci ici à mon ami Jean-Luc Blanchet qui m'a aimablement prêté l'ouvrage. 

Dans le livre de Michel Layaz, Louis Soutter, probablement paru en août 2016 aux éditions Zoé, le chapitre Eté 1933 qui va de la page 162 à la page 178, est entièrement consacré à deux personnages de la famille Fiorio : celle que toutes et tous appelèrent toujours « la tante Antoinette » - effectivement sœur d'Émile, père de Serge - et Jean Giono, comme on le sait, cousin d'Émile.

Il s'agit de la relation d'une partie d'un séjour de Giono à Vallorbe, résidant alors (il n'en est rien dit) soit chez sa cousine Antoinette - au village voisin de Ballaigues où elle travaillait à l'hospice ? - soit à Vallorbe même, à l'Auberge des Chemins de fer Fiorio tenue par sa tante Marguerite - grand-mère de Serge - dont il s'inspirera pour écrire Le poète de la famille. Antoinette lui servira quant à elle de modèle pour un autre tout aussi célèbre récit : Vie de mademoiselle Amandine.

L'auberge des chemins de fer fiorioUne vue de l'Auberge des Chemins de fer Fiorio à Vallorbe. La salle comportait une scène où, le plus souvent, se jouait du théâtre. Mussolini vint y faire une harangue aux ouvriers du temps où il était encore anar. Dans le côteau, à droite, on distingue les baraquements des ouvriers travaillant au percement du tunnel du Mont-d'Or. Serge est né là, tout près, à Vallorbe un peu plus en contrebas, en 1911, au tout début des travaux.

Michel Layaz raconte d'abord fidèlement la tante Antoinette, son travail d'ange et son cœur d'or dont elle fait profiter chaque jour les pensionnaires de l'asile de Ballaigues (distant d'à peine cinq kilomètres de Vallorbe) où est interné un être tout à fait hors du commun : le violoniste et dessinateur Louis Soutter. C'est elle qui provoquera la rencontre avec Giono. Giono avec qui Soutter partagera beaucoup, l'écrivain lui achetant même de nombreux dessins et aussi un exemplaire de La légende d'Ugenspieler de Charles De Coster, partout couvert de dessins à l'encre dans les marges.

Tante Antoinette et Gd-mère Fiorio

Antoinette Fiorio photographiée ici aux côtés de sa mère Marguerite - sœur du père de Jean Giono et maîtresse femme tenancière d'auberges, épouse de Joseph Fiorio chasseur de brigands en Calabre de qui elle eut, dans le désordre : Ernest, Émile, Rose, Antoinette et Ludovic.

Voici trois extraits du chapitre : la première page, celle de la rencontre voulue et organisée par Antoinette, et la dernière.

Soutter 1***

Soutter 2***

Soutter 3Serge conserva longtemps - des décennies - encadrées sous verre et accrochées sur le manteau de la petite cheminée de son atelier, des enveloppes ordinaires comportant chacune un extraordinaire dessin de Louis Soutter. Que sont devenus ces œuvres originales ? Elles devaient à un moment, avec l'accord de Serge qui en aurait fait don, aller enrichir la collection Lucien Henry de Forcalquier. Collection à ce jour toujours invisible après moultes bagarres judicières pour savoir à qui elle allait échoir. Si je ne m'abuse, c'est finalement la municipalité de Forcalquier qui en hérita, sans jamais encore - depuis le temps ! - l'avoir une fois présentée au public, ne serait-ce qu'en une toute simple exposition temporaire.

Mais, jusqu'à preuve du contraire, je craindrai hélas toujours fort que les Soutter de Serge aient finalement fini ailleurs.

Je me demande aussi comment et d'où Serge avait-il eu ces Soutter qu'il admirait au point qu'il en fit faire des photocopies qu'il distribua à la ronde.

Sou1

Sou 2

Sou 3

Sou 4

Amis des Arts 2017