Dans le portrait de Madame de Candolle, on peut encore repérer un jeu de contrastes extrêmement suggestif dans la symétrie haut/bas et gauche/droite.

Madame de

Le regard clair, transparent, absent, de la jeune femme, s'oppose à l'œil noir et menaçant des têtes animales que dessinent les mains ornées de bagues. Ces mains évoquent selon moi des têtes de loups, la gueule entrouverte, les oreilles rabattues sur le crâne. Elles me rappellent les jeux d’ombres chinoises où l'on fait jaillir toute une faune en s'interposant entre un mur et une source lumineuse et en entrecroisant les doigts de diverses façons. Mais ces formes qui apparaissaient en noir sur fond blanc dans nos jeux d'enfants surgissent ici en clair sur l'écran foncé de la jupe : 

Manu 1  Mains deux

Quant au paysage qui apparaît derrière l'épaule droite de la jeune femme, il est partiellement dissimulé par un rideau, qui, bien que je ne puisse en deviner la couleur, me fait penser au Rideau cramoisi, la nouvelle de Barbey d'Aurevilly : « Et nous roulâmes, et nous eûmes bientôt dépassé la mystérieuse fenêtre, que je vois toujours dans mes rêves, avec son rideau cramoisi. »

Cette tenture sombre, austère, rigide, tranche si crûment sur la lumière et la riante diversité du paysage ! Que dissimule-t-elle ? Un cadavre dans le placard ? En tout cas, la limpidité inquiétante des yeux de Madame de Candolle et le jeu évocateur de ses mains aristocratiques font immanquablement songer à des pensées ténébreuses, inavouées voire cruelles...

Mais je me demande également si, plus profondément, ne réside pas là un autre secret, plus troublant, plus cru, celui de L’Origine du monde. Certes, le tableau de Serge Fiorio ne présente pas les dehors provocants de celui de Gustave Courbet, mais ces « loups » qui gardent si manifestement l’« accès à la dame » ne permettent pas, me semble-t-il, d’écarter la sous-jacence d’une scène primitive.  

Ce tableau nous révèle décidément bien des choses à partir de ce qu'il nous cache. Sur Madame de Candolle elle-même, peut-être pas, en fait. Sur chacun de ceux qui s'y intéressent et se risquent à le commenter, comme un test projectif, c'est bien possible. Mais pour l'heure, je préfère admirer l'art du peintre que de me livrer à une psychanalyse sauvage...

 

Traduzione a cura di Agostino Forte :

 

  Nel ritratto di Madame de Candolle, si può ancora reperire un gioco di contrasti estremamente suggestivo nella simmetria alto/basso e sinistra/destra.

Madame de

Lo sguardo chiaro, trasparente, assente, della giovane donna, si oppone all’occhio scuro e minaccioso delle teste animali disegnate dalle mani ornate da anelli. Queste mani evocano, secondo me, teste di lupo con le fauci dischiuse e le orecchie ripiegate sul cranio. Mi ricordano il gioco delle ombre cinesi in cui l’intreccio delle dita delle mani (interposte tra un muro e una fonte luminosa) in particolari positure squadernano tutta una messe di fauna. Ma queste forme che nei nostri giochi infantili apparivano in nero su un fondo bianco, scaturiscono qui ben chiare sullo schermo scuro della gonna:

Mains 1Mains 2

Quanto al paesaggio che appare dietro la spalla destra della giovane donna, è parzialmnente dissimulato da un tendaggio che, per quanto non ne possa definire il colore, mi fa pensare al Rideau cramoisi(*), la novella di Barbey d’Aurevilly: « E procedemmo, e avevamo appena passato la misteriosa finestra, che sempre rivedo nei miei sogni, con la sua tenda cremisi. »

Questo tendaggio scuro, austero, rigido, contrasta assai con la luce e la gioiosa diversità del paesaggio. Cosa cela?  Un cadavere nell’armadio? In ogni caso, l’inquietante limpidità degli occhi di Madame de Candolle  e il gioco evocativo delle sue mani aristocratiche fanno inevitabilmente pensare a situazioni tenebrose, inconfessabili se non crudeli …

Ma al pari mi domando se, più profondamente, non risieda là un altro segreto, più conturbante, più crudo, quello de L’Origine del mondo. Certo, il quadro di Serge Fiorio non presenta i provocanti esterni di Gustave Courbet, ma quei « lupi » che sorvegliano così manifestamente « l’accesso alla dama » non permettono, mi pare, di scartare il sottendere di una scena primitiva.

L'origine du monde (1866)

Courbet Gustave, L'origine du monde (1866); olio su tela, Musée d'Orsay

Questo quadro ci rivela in definitiva molte cose, a partire da quel che ci nasconde. Forse, in realtà, sulla stessa Madame de Candolle. Per tutti coloro che vi si interessano e si arrischiano a commentarlo, come un test di proiezione, è ben possibile. Per il momento, preferisco ammirare il talento del pittore piuttosto che lasciarmi andare ad una psicanalisi sfrenata …

(*): uno dei sei racconti contenuto ne Le diaboliche di Jules-Amédée Barbey d'Aurevilly. 

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