Artiste consciencieux, il faut être assez sûr de soi et de son métier pour pouvoir accepter des commandes.

Rien qui ne stimule plus Serge que de confronter son art et d'accommoder son quotidien plaisir de peindre à certaines demandes quand celles-ci, restant sur son chemin, s'accordent à son monde ; le désir d'un tiers devenant point de départ : un tableau de telles ou telles dimensions, avec de grands beaux arbres en nombre au second plan, une petite moisson sous un vaste ciel d'orage; ou tout autre paysage plus précis, rappelant, décrite parfois avec minutie, une délicieuse balade faite aux Frâches, dessus Banon, ou sur l'aride plateau varois de Canjuers, une Bergerie comme ci, un Carnaval comme ça. Commande aussi bien issue d'un rêve encore tout neuf où, émergeant d'une mer de brouillards, les collines portent chacune, en couronne, un village différent...

Mille choses, vierges encore, plus ou moins sages, ou plus ou moins folles ! Désirs, fantasmes visuels, images, souvenirs, tout ce qui habite ou hante les esprits féconds se présente à cette occasion au rendez-vous avec l'artiste, l'interpelle à son grand bonheur, le provoque ou l'étonne, l'entraînant là où, forcément, il ne serait pas allé tout seul de son propre chef. Il va sans dire, par contre, que les commandes sont autant variées que leur nombre. Serge n'a-t-il pas ainsi assisté pour nous, en direct, à la fameuse construction de l'Arche puis -  mais deux décennies plus tôt ! encore une autre commande ! - au Déluge lui-même ?

L'arche en constructionL'esprit ensemencé, inséminé plutôt, par l'imagination des autres, il se frotte les mains, joyeux, enthousiaste, installe tout de go en un tour de main la toile vierge sur le chevalet, choisit avec soin un Mozart ou un Bach « de tout premier ordre », chausse ensuite ses lunettes de travail et, sans la moindre appréhension, part avec une certaine curiosité à la rencontre; sachant bien que par là, par surcroît, inévitablement, il fera, chemin faisant, pour son propre compte - insolites ou non, sensationnelles ou pas - des trouvailles intéressantes de toutes sortes, déjà capables par elles-mêmes ou porteuses dans un futur proche de bien des avancées sur le territoire intérieur.

Les commandesAinsi, peints pour la première fois sur commande, certains sujets iront jusqu'à faire naître des thèmes très particuliers, comme ceux, entre autres, par exemple, des Tireuses de cartes et des Quatre saisons ou provoquer des mariages entre certains : que demande le peintre ! Ouverte, cette peinture est cependant donc bien dans l'ordre secret de toute création : se mordant la queue comme il se doit en le domaine, l'Ouroboros universel y est bel et bien présent, bien qu'invisible, et constamment à l'œuvre !

Le tout premier Rêve fut peint fin des années soixante pour tenter sa chance au Prix de peinture de la ville de Toulon. À défaut de le lui avoir fait obtenir, Le Grand Rêve fut, par contre, le sésame qui - l'incessant perfectionnement du métier aidant - permit à Serge de faire s'ouvrir dans son œuvre des portes uniquement bloquées de l'intérieur. Nombre de nouveautés en sortirent comme d'une corne d'abondance, élargissant encore elles-mêmes, et comme à l'infini, l'éventail des possibles.

Grand Rêve

Arrive qu'une commande en suscite une autre, proche cousine ou tout à fait différente. Cependant que, commandes ou pas, il n'y a pas de cloison étanche ni de frontière entre les œuvres, quelles qu'elles soient. Vivante en sa totalité jamais complète, toujours en devenir, la peinture Fiorio respire d'une toile à l'autre et de la sorte poursuit sa vie, la propage sans excès de production, créant sagement son propre chemin que l'exécutant en titre suit naturellement, du mieux qu'il peut à mesure qu'elle l'inspire, et cela jusque dans les plus surprenantes arcanes d'un métier sans cesse tenu en éveil.

Peu connu ni reconnu : le talent et les atouts d'un peintre sont avant tout enfants de sa peinture. À chaque peinture son peintre, et non l'inverse.

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ET : en rason de problemas de santat, vos avisèm que lo grop Tant que li siam pòu pas venir deman de ser ai Passagers du Zinc.
En raison de problèmes de santé, nous vous informons que le groupe Tant que li siam ne peut pas se produire demain soir aux Passagers du Zinc.

PUIS :
Comme vous le savez, la Fondation 30 Millions d'Amis se porte partie civile dans plus de 150 procès par an pour faire punir les tortionnaires d'animaux. Malheureusement, les décisions de justice rendues sont rarement à la hauteur des faits commis. Pour un « acte de cruauté », un prévenu risque jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende alors que le vol d'une chose est davantage puni (3 ans de prison et 45 000 euros d'amende) !

En d'autres termes, du point de vue de la loi, il est moins grave de torturer un chien que de voler un téléphone !

Alors que la Fondation 30 Millions d'Amis a obtenu que l'animal soit considéré dans le Code civil comme un « être vivant doué de sensibilité », il est inconcevable qu'un acte de cruauté envers un animal soit aujourd'hui moins lourdement sanctionné que le vol d'une simple chose.

C'est pourquoi je vous demande de vous battre à nos côtés en signant notre pétition pour aggraver les peines de justice concernant les actes de cruauté sur les animaux.


Je signe la pétition