J'ai toujours pensé ceci : chacun se crée la réalité qu'il a mérité.

Christophe Colomb a rencontré les rivages des royaumes d'Amérique parce qu'il avait eu l'audace de les susciter.

Jamais la réalité n'a déçu celui qui avait le courage et l'imagination nécessaire pour croire en elle.

Ces trois déclarations sont de l'écrivain Alain Fournier. À croire que, artiste ou pas, nous sommes au centre - et créateur - de « ce qui nous arrive » !

Et Isabelle, épouse de Jacques Rivière, dit, évoquant son fameux frère : «Il a le don de rendre aux choses leur dose latente de merveilleux. C'est exactement cela Le Grand Meaulnes

Cette dernière citation pour en revenir à Serge, bien entendu. Puisque ce blog lui est exclusivement consacré tout s'y rapporte ou y fait écho à quelque chose qui le concerne de loin ou de près, lui et, ou, son œuvre de peintre. Certains lecteurs s'étonnant cependant encore que je fasse de lui le « critère permanent » de chacune des publications, il faut donc qu'ils prennent connaissance des trois ou quatre phrases, inscrites au fronton de la page d'accueil, qui leur mettront, sans masque, les yeux en face des trous en leur donnant les raisons de cet état de fait : où ont-ils la tête ? Il va pourtant sans dire que si ce blog (mot infâme ! Comme en plastique épais !) s'intitule précisément sergefiorio.canalblog.com, ce n'est évidemment pas pour rien, et encore moins par pur hasard !

Mais revenons à  nos moutons, ou plutôt, donc, à ceux de Serge : la phrase qui est pour moi la plus frappante et qui, pour cela, m'intéresse aujourd'hui plus particulièrement parmi les trois ou quatre citées plus haut est la dernière, celle qui émane de la sœur de l'écrivain : « Il a le don de rendre aux choses leur dose latente de merveilleux.» C'est cela un poète, précisément ! Poète au sens large s'entend, toutes catégories confondues ! On se souvient de la flèche acérée que Giono lance depuis - arc bandé - sa préface aux Vraies richesses : « Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l'univers de son manteau sacré » ; Serge, lui, va plus loin encore en ce sens, déclarant, plus radicalement, aux oreilles de qui veut l'entendre : « Ceux qui ne sont pas un brin poète sont tous des menteurs ! » Fabuleux premier Portrait de Giono à l'appui dans son œuvre !

Portrait du Poète englobant - en ses profondeurs comme sous la facette physique de l'apparence - celui de celui de Manosque !

Serge et portrait Giono

Serge le peintre et son alter ego écrivain.

Pour faire traverser le temps à une œuvre, le bricolage, si ingénieux qu'il puisse être, n'est point de mise, pas à la hauteur du tout. Cependant, si faux et donc si trompeur soit-t-il, il arrive qu'il parvienne quand même, hélas, à nous "embarquer" un temps aujourd'hui. Mais devant l'éternité, pour gravir ses marches, il faut l'impeccable génie de la langue, celui de la construction ou des couleurs, des volumes pour le sculpteur, le tout servi par un métier de même niveau et de même envergure que l'imaginaire en question, sur mesure ! Chaque artiste doit se révéler fils de Noé à l'intérieur de son arche propre; en-dehors quoi n'existe alors qu'un piètre bateleur de la Fiac ou de la Biennale de Venise dont aura aussitôt ou bientôt raison la nouvelle vague et même, peut-être bien, la moindre prochaine petite averse quand les actionnaires réunis en conseil restreint décideront qu'il faut changer les marionnettes pour ainsi "assainir" et revigorer le marché de l'art de faire beaucoup d'argent avec trois fois rien.

 

 

Sur les pas d'un écrivain : ALAIN-FOURNIER