Voilà encore une des valeurs sûres, figure majeure parmi les artistes des Alpes de Haute-Provence, qui n'a jamais eu droit - sans parler de consécration ! - au moindre coup de chapeau de la part des instances culturelles officielles de ce département dont elle a - sur près de soixante années ! - tant aimé se laisser inspirer, y puisant avec un bonheur rare, subtil - comme une abeille son miel - tout au long de son œuvre ! Depuis les dernières années de sa vie ce sont uniquement - Hélène Martin ne chantant plus - des bénévoles, des passionnés, des fervents, comme le musicien et metteur en scène Régis Dejasmin, le chanteur Jacques Ibanès, aujourd'hui ses autres amis Jacky Michel et sa compagne Dominique Freisses, qui ont heureusement à cœur de la mettre de temps en temps à l'honneur. Cette fois-ci, par une exposition dans le cadre des activités estivales de l'association des Amis de Lucien Jacques dont Jacky est le président. Entièrement inédite c'est certain, puisque, rendez-vous compte, nulle part il n'y en eu jamais aucune autre avant celle-là !

Pourtant, des poètes de cette sensibilité, de cette trempe, de cette envergure, de cette hauteur de vue et de cette profondeur intérieure, comme on voudra, il n'y en a pas treize à la douzaine dans la région, et pas même peut-être en France... Incroyable mais vrai : de cela, aucun responsable culturel en place ne s'en est jamais ému - ne la connaissant pour certains même pas !

Il faut dire que, se moquant de « la mode à la mode », Lucienne est, dans la forme, restée résolument fidèle aux valeurs de la prosodie sonore et grammaticale, aux alexandrins, aux octosyllabes, aux rimes, à la musique grave ou joyeuse, dramatique, du poème, à la rigueur du travail bien fait, efficace parce qu'artisanal, quand bien d'autres de ses contemporains, se contentent trop souvent d'aligner des mots à la hâte, à la file, avec aplomb, allant parfois, en guise d'originalité et pour toute trouvaille, à en changer l'orthographe ou en les privant aussi de toute ponctuation, sans doute trop désuète à leurs fines oreilles délicates ! Mais en le domaine, hélas, les Apollinaire sont plus que rares !

Lucienne Desnoues Photo Nicole Hellyn

Photo Nicole Hellyn

Lucienne Desnoues : poète-virtuose dans toute sa gloire ! Antimoderne seulement en apparence, parce qu'intemporelle ! Rude guerrier spirituel que cette femme de caractère livrant bataille aux bassesses et à la déliquescence, de front, seulement armée de la puissance étonnante de son Pégase faisant feu des quatre fers !

Par contre, la plupart de ses recueils étant épuisés* depuis belle lurette, il était temps qu'on les célèbre, elle et son œuvre, par une exposition qui, les faisant connaître à un public renouvelé, ranimera la flamme de ce feu sacré irradiant en chacun des poèmes en portant à des rééditions attendues, indispensables, ainsi - n'en doutons pas, c'est à souhaiter en tout cas - qu'à d'autres manifestations importantes montées de toutes pièces par ses fidèles, sauveteurs et anges gardiens de belle qualité, de première.

*Desnoues_ouvrages_disponibles à la Librairie du Manoir de Pron.

Emile Lauga XVI

Serge en compagnie de Lucienne aux Amis des Arts de Reillanne. Photo Henriette Lauga.

Dans Habemus Fiorio ! paru en 2015, je n'ai moi-même pas négligé l'occasion de parler de Lucienne pour la faire connaître à ma façon :

L1

L2

L3

Pour Marcel Thiry par Lucienne Desnoues.

 

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