Serge Fiorio, à Gréoux-les-bains, chez Lucien Jacques

   Quand Jacky Michel m’a parlé d’une exposition Fiorio plus que possible, souhaitée, attendue, à la Médiathèque Lucien Jacques de Gréoux-les-bains, je n’ai pu qu’applaudir de tout cœur à la nouvelle !

Leur rencontre en ce lieu — Serge se trouvant en quelque sorte ici sous l’aile de Lucien — est riche de souvenirs communs aux deux peintres. N’est-ce pas déjà Lucien Jacques qui, à la fin de la dernière guerre, accueillit Serge venu en éclaireur, l’hébergea chez lui pendant plusieurs mois et encouragea ensuite l’installation définitive de la tribu Fiorio dans la paix, sous le ciel pur de Montjustin ?

Tribu Fiorio à la table de laquelle par la suite, les jours de disette, de solitude hivernale ou — qui sait ? — de trop rude combat intérieur, Lucien Jacques est venu s’assoir le plus simplement du monde pour y partager sans façon aussi bien le pain que le vin, le feu ou l’eau fraîche, en la compagnie amicale des uns et des autres.

C’est Lucien Jacques qui cèdera encore l’ancienne forge du village à Serge, là même où ce dernier installera, grâce aux dons de maçon de son frère, son atelier idéal, haut dans le ciel.

Tout un passé renaît, unique, dans l’accolade de ces deux noms.

 

Serge Fiorio, tel qu’en lui-même

   Comme les deux autres réalisées ces dernières années - à Reillanne en 2011 et en Apt en 2013 - cette exposition Serge Fiorio de Gréoux nous la devons aussi, certes, à plusieurs personnes à la fois ; mais celle-ci a plus particulièrement lieu sous les auspices de Lucien Jacques par l’accueil merveilleux que lui fait Lucie Poireau, directrice, dans la médiathèque qui porte le nom du peintre-poète et aussi par l’intermédiaire de celui qui a été l’instigateur de l’événement, Jacky Michel, proche ami de Serge et président, lui, de l’Association des Amis de Lucien Jacques.

Nous la devons également, bien entendu, à l’intelligente générosité de chaque prêteur en particulier, sans qui aucune manifestation de ce type ne peut voir le jour. Enthousiastes dès le départ, toutes et tous ont été de grand cœur solidaires du projet.

Les photographes, eux aussi généreux, n'ont pas été en reste en ayant tenu à apporter leur pierre à l'édifice par des photos toutes très parlantes et chacune de caractère : Pierre Ricou avec quelques-unes tirées du reportage qu'il fit à l'atelier en 1992 pour être publiées dans l'album Serge Fiorio des éditions Le Poivre d'Âne. Joseph Marando, lui, nous a confié des photos de 2007, c'est-à-dire les toutes dernières sur lesquelles l'on peut encore voir Serge travailler minutieusement à son œuvre. Robert Callier enfin, dont nous présentons sa belle photo des mains de Serge en noir et blanc en compagnie et en regard de sa palette, de ses tubes et de ses pinceaux. 

Que toutes et tous soient ici sincèrement remerciés au nom de chacun d’entre nous - visiteurs ou organisateurs - pour la continuation parfaite de l’esprit de Serge qu’à leur façon généreuse ils incarnent et perpétuent en permettant ainsi la présence effective du peintre parmi nous par œuvres interposées.

La ligne directrice de l’exposition n’est pas — comme il est de mode actuellement — de vouloir dévoiler ici au public un soi-disant autre Serge, mais de s’attacher, au contraire, à élargir, agrandir, enrichir, approfondir encore la connaissance et le rayonnement de l’œuvre de celui-là même qui est déjà le plus connu et le plus présent jusque-là dans les cœurs et dans les esprits. Cela par des œuvres et des documents qui n’avaient encore jamais été publiquement exposés.

Quant au public qui, de cette façon, fera ici ses premiers pas à la rencontre de Serge Fiorio, je suis d’avance à peu près sûr qu’il ne nous en voudra pas le moins du monde de le lui présenter ainsi : tel qu’en lui-même !

 

Heures d'ouverture