Divers outils de maçonnerie, parmi les plus courants, sont ici représentés et mis en scène tels les instruments - pourquoi pas carrément les acteurs ? - essentiels de l'esprit créateur du peintre ; lui-même évoqué en abyme par l'image de son chapeau derrière lequel justement, à l'arrière-plan, apparaît l'œuvre achevée sous la forme d'un Paysage très fioresque qui sert de riche et précieux rideau de scène aux diverses masses disposées, bien distinctes, au tout premier plan ; lui-même tout entier contenu dans la rigoureuse équerre de pierres taillées d'un bel et solide encadrement de fenêtre. 

Le peintre - tout à la fois qu'un poète - est un artisan, un maçon, un constructeur, un géomètre, semble, dans sa langue, nous dire ici l'artiste à grand renfort d'arguments.

Une façon, pour Serge, fort directe — puisqu'exprimée en forme d'Art de peindre par sa peinture elle-même, et non en théorie seulement — de rejoindre et, œuvre à l'appui donc, de contresigner la célèbre déclaration de Cézanne dans sa lettre à Emile Bernard du 15 avril 1904 : « Permettez-moi de vous répéter ce que je vous disais ici : traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, soit que chaque côté d’un objet, d’un plan, se dirige vers un point central. Les lignes parallèles à l’horizon donnent l’étendue, soit une section de la nature ou, si vous aimez mieux, du spectacle que le Pater Omnipotens Aeterne Deus étale devant nos yeux. Les lignes perpendiculaires à cet horizon donnent la profondeur. Or, la nature, pour nous, hommes, est plus en profondeur qu’en surface, d’où la nécessité d’introduire dans nos vibrations de lumière, représentées par les rouges et les jaunes, une somme suffisante de bleutés, pour faire sentir l’air »

Tableau Serge Instruments de maçonnerieDans ce tableau-ci de Serge, tout particulièrement — mais, à la réflexion, comme dans la plupart ! —  sous l'apparente simplicité, presque banale à certains égards, ne se cache pas, sous-jacent, un riche enseignement. Celui-ci y est, contenu, mais libre à nous, libre à nous complètement, de partir à la découverte, ou pas : les raisons d'admirer un tableau ne sont-elles pas, en esprit, n'est-ce pas, tout aussi nombreuses et variées que celles, obscures ou tout à fait conscientes, que l'artiste a eu, lui, équivalentes, de le peindre ? Et c'est bien là, je crois, le secret de l'art.

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Per informacion, un reportatge sus la Korrika, corsa de sosten per la lenga basca :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/aquitaine/2015/03/21/elle-court-elle-court-la-korrika-pour-defendre-la-langue-basque-679921.html