Patrick Cohen découpant sa carte de presse en direct : Gainsbourg de tous les pays, unissez-vous !

   Mardi 10 mars, dans les studios de France Inter, après avoir siroté deux ou trois cafés Nespresso et englouti un croissant, Patrick Cohen, journaliste star des matinales de l'antenne, se préparait - tel un homme engagé et militant de son temps - à enclencher son micro, le regard sévère, papier et stylo à la main, attendant l'illumination du voyant rouge du studio radio.

Aujourd'hui, Patrick Cohen, cet homme protégeant son antenne - et tout le service public s'il le pouvait - des « cerveaux malades » allait nous démontrer encore une fois sa force de frappe. Tel un véritable GI de la transparence démocratique, tirant à vue sur n'importe quel gai luron qui tenterait une quelconque autre parole que celle qu'il n'aurait pas approuvé lui-même, en dépit de toute autre reconnaissance de valeur. Quand on parle sur France Inter, on se doit d'être un cerveau en pleine forme selon le Dr Cohen. Or, quelques jours avant, un cerveau de cet acabit se voyait privé de parole légitime sur l'antenne ; comprenez plutôt que Pascale Clark s'était vue refuser le renouvellement de sa carte de presse par la Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP). La raison ? Son émission  A live ne serait pas assez informative. Voyant une autre autorité que la sienne déclarer potable - ou non - la parole journalistique d'une professionnelle sur France Inter, le Dr Cohen se devait d'intervenir. Une chronique fort révoltée s'ensuivit, les antibiotiques étaient sortis, nous pouvions entendre notre docteur parler directement à la maladie (CCIJP, ndlr) pour décidément finir dans une hystérie toute cohénienne, en s'administrant à lui-même la punition : Patrick Cohen venait de découper sa carte de presse à grands coups de ciseaux de bureau. Lui aussi venait de passer de l'autre côté du mur. Celui du journalisme précaire. Les rangs de la grande armée de la critique sociale viennent de se grossir de deux éminences. Pascale Clark saura apporter de l'eau au moulin de la question du statut d'intermittent dans les organes de presse parisiens et régionaux ; Dr Cohen, quant à lui, sera toujours d'une aide précieuse pour diagnostiquer, efficacement, tout nouveau cerveau voulant s'allier à cette armée en marche.

Sachez les accueillir comme il se doit, la révolution journalistique est en marche mais, sur la route, elle s'arrêtera prendre deux ou trois cafés Nespresso à la machine...