Voici, immortalisée ici au crayon, la scène de la première plantation d'arbre fruitier que Serge effectua avec son frère Aldo en arrivant à la ferme du Vallon, dans le Tarn-et-Garonne. Là même où, très tôt entrés en Résistance, ils traverseront la guerre.

Dessin Serge Plantation au VallonPhoto André Lombard

Leur rêve commun de vivre en paysans y prendra tout de suite racine, hélas contrarié dans son développement par les événements, mais leur permettant cependant, en revanche, de nourrir la famille et tous leurs protégés de la Résistance, y compris plusieurs enfants juifs qui leur sont alors confiés.

Je pense que Serge peut être reconnu, représenté dans le personnage de gauche, un genou à terre, ayant saisi le tronc de l'arbuste dans la main pour « présenter l'enfant à sa mère », tandis qu'à ses côtés Aldo, lui, est debout, tenant encore le manche de la pelle avec laquelle il vient tout juste de finir de creuser le trou.

Haut et plein de sens, moment sacré pour les Fiorio ! Plus encore que symbolique.

C'est en photographe (qu'il a été récemment, pendant trois ans, de 36 à 39, à Taninges) que Serge dessine cet instantané

Aussi, bien que sommaire — mais l'étant sans doute nécessairement, en cela fidèle à la réalité — ce dessin nous raconte tout : le corps de ferme installé quelque peu en hauteur sur une butte, isolé de tout, au carrefour de lignes douces, un chemin, une masse rocheuse et quelques arbres disséminés constituent le modeste et rudimentaire fond de décor de la scène campée en forme de simplissime cérémonie. Tout nous parle du tout début d'une aventure qui, très vite, s'avèrera être hautement féconde puisque les fruits futurs en seront fort variés, de diverses sortes...jusque pour la peinture de Serge, bien entendu.

Planter un arbre c'est faire confiance et donc espérer en la vie ! Cela, ici, à l'ombre glaciale et terrifiante du gros nuage noir de la guerre. Situation par laquelle l'enthousiasme des Fiorio peut être comparé à une sorte de feu sacré, ou encore de sève, et en regard de laquelle peut également être mesurée leur formidable force intérieure, source sans doute de leur admirable courage devant l'adversité.

Parmi tous ceux - fruitiers ou pas, en tout cas très nombreux - qu'il planta un peu partout où successivement il vécut ou séjourna, le plus grand, le plus bel arbre que Serge ait planté est bien celui de sa peinture avec lequel, peu à peu, il ne fit plus qu'un parce qu'enraciné dès le départ avec amour dans le terreau fertile - et au fil du temps sans cesse enrichi - de sa propre vie.       

 

Traduction d'Agostino Forte :

 

Piantumazione del primo albero da frutto   

Ecco qui, immortalata a matita, la scena della messa a dimora del primo albero da frutto che Serge e suo fratello Aldo effettuarono quando si installarono al Vallon, nel Tarn-et-Garonne, il luogo dove, affiliatisi ben presto alla Resistenza, vivranno per tutto il periodo della guerra.   

Per quanto contrastata dallo sviluppo degli eventi, la loro comune aspirazione di fare vita contadina metterà subito radici permettendogli di sopperire alle necessità non solo della famiglia ma di tutti i loro protetti della Resistenza, compresi alcuni bambini ebrei che erano stati ad essi affidati.   

Penso che Serge abbia da essere riconosciuto nel personaggio di sinistra con il ginocchio a terra, rappresentato nell’atto di afferrare con la mano il tronco della pianta per « presentare il bambino alla madre »; di fianco, in piedi, Aldo impugna il manico della pala con cui ha appena finito di scavare la buca.   

È molto più che simbolico! Per i Fiorio è un momento intenso, colmo di significato, sacro. È con occhio da fotografo (mestiere da lui svolto a Taninges nel corso di tre anni, dal 1936 al 1939) che Serge disegna questa istantanea.   

E pure, benché sommario – ma dovendolo necessariamente essere per rimanere fedele alla realtà – questo disegno ci racconta tutto: il corpo della fattoria posto poco più in alto su un poggetto isolato all’incrocio di linee sinuose, uno stradino, una massa rocciosa e alcuni alberi disseminati, costituiscono il modesto e rudimentale sfondo della scena campeggiata in forma di semplicissima cerimonia. Tutto ci parla dell’inizio di un’avventura che, molto presto, si dimostrerà essere assai feconda poiché i frutti futuri saranno variegatissimi, di svariata sorta … perfino per la pittura di Serge, beninteso.   

Piantare un albero significa confidare e dunque sperare nella vita! E qui l’atto avviene all’ombra glaciale e terrificante della grande nube nera della guerra. Circostanza con la quale l’entusiasmo dei Fiorio può essere assimilato a una sorta di fuoco sacro, oppure di vigore, e a fronte della quale può parimenti essere misurata la loro formidabile forza interiore, indubbiamente fonte del loro ammirevole coraggio davanti alle avversità.   

Tra i tanti alberi, da frutto o meno ma in ogni caso numerosi, che Serge piantò un po’ dappertutto dove si trovò di volta in volta a vivere o soggiornare, il più grande e il più bello è senza dubbio quello della sua pittura, col quale si fece poco a poco tutt’uno, perché sin dall’inizio appassionatamente radicato nel suolo fertile della propria vita e nel corso del tempo arricchito senza cessa.

 

ET :

Bonjour,

Connaissez-vous ce site belge issu de la province de Luxembourg ? Je viens de le découvrir via la presse...

www.colupa.org

Coalition luxembourgeoise pour la paix.
Amitiés.
Michèle