Bel et bien ici âgé de 99 ans tel qu'on ne le devine pas sur cette photo de journal qui date de fin juillet 2010, Serge ne sera plus, hélas, parmi nous pour encore bien longtemps puisqu'il ne décède pas plus loin que le 11 janvier suivant.

C'est Jacky Michel, le Président des Amis de Lucien Jacques qui lui a amené un ami journaliste de La Provence pour que, photo de l'artiste à l'appui, y soit annoncé ce qui sera, on peut alors le deviner, la dernière exposition Fiorio du vivant du peintre.

Scan0002Photo J P T 

Les trois jours des Rencontres Giono servirent de prétexte idéal et de support à cette manifestation d'amitié fervente qui eut lieu à la MJC de Manosque. Ses forces déclinant, s'appuyant finalement sur deux cannes, Serge s'y rendit cependant de bon cœur, tout en sachant bien qu'en fait il s'agissait là pour lui d'un adieu. Ainsi, tandis que les uns et les autres l'embrassaient ou lui serraient la main tout en le félicitant pour son œuvre et son âge, il leur répliquait très modestement par un unique : « J'ai fait ce que j'ai pu ! »

Expo Rencontres Giono 2010

Photo Dequi ? André Lombard-Serge-Jacky Michel, le jour du vernissage.

Il revit encore une fois, la dernière, sa Grande Carde peinte voilà tout juste cinquante ans auparavant, en 1960, pour un couple d'amis dentistes en échange de leurs soins à toute sa famille. D'autres toiles, moins emblématiques certes, étaient là aussi, témoignant, elles, dans leur variété, de l'originalité de son parcours. Et de son histoire aussi, tant l'histoire de l'homme et celle de son œuvre sont toujours, et pour toujours, liées.

La photo du journal ne nous le montre pas dans son atelier mais, sur le même palier, dans la pièce voisine où il remisait beaucoup de choses, en tous genres. Serge n'ayant plus de tableaux à présenter, il y a disposé pour le photographe des reproductions d'œuvres, pêle-mêle avec des lithographies et des affiches, sur une planche soutenue par deux tréteaux.

Le long balancier de cuivre jaune ôté du corps de la pendule de l'atelier est accroché - comme une ancre levée, désormais immobile - au fond, sur l'un des murs : le temps, visiblement, s'est donc déjà arrêté en quelque sorte et celui de peindre en tout cas fait déjà partie du passé, c'est certain, puisque deux jours seulement avant que le peintre ne pose définitivement les pinceaux sur le rebord irisé du chevalet, la haute pendule familière s'est tout à coup arrêté de battre, pour ne plus jamais vouloir redémarrer.

Tout de suite consulté en urgence, l'horloger lui-même n'en revint pas : « Je ne comprends pas, le problème n'est en rien mécanique. Mais pour une pendule... ».

 

De la part d'Alain Paire :

Bonjour, parmi les mises en lignes récentes, deux articles d'Alain-Madeleine Perdrillat.

 
*** Halle Saint-Pierre, exposition Les Cahiers dessinés

*** Vincent Bebert, le motif et l'émotion, exposition de la Galerie Prodromus, Paris
 
*** New York, Hortense Fiquet /Madame Cézanne
 
*** Entretien radio-Zibeline, Antoine de Baecque
 
Bonne lecture, cordialement, A.P


Alain Paire

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