Mi-janvier 2013, Pour saluer Fiorio précédé de Rêver avec Serge Fiorio (paru en juillet 2011) recevait le Prix des lecteurs des Médiathèques Lure-Durance-Verdon qui, ce n'est pas négligeable, se montait à 600 euros. Je me chargeais de la liste des remerciements d'usage tandis que, ne pouvant descendre exprès de Paris, Claude-Henri Rocquet avait tenu à ce que, lors de la cérémonie de remise du prix, soit lu un court texte de sa plume. Voici  le contenu des deux allocutions :

Mesdames, Messieurs, chers Membres du Jury, chers Lecteurs,

Je ne puis être aujourd’hui avec vous qu’en pensée et je le regrette vivement. J’aurais aimé vous rencontrer et vous dire la joie que me donne le Prix décerné à l’ouvrage que nous avons consacré à Serge Fiorio, à sa vie, à son œuvre, à sa présence.

Je crois que tout Prix qu’il reçoit pour l’un de ses livres fait plaisir à un écrivain et l’encourage. Le Prix que vous décernez est particulièrement précieux en ceci qu’il est absolument libre. Aucun attachement particulier à tel éditeur, telle personne, ne l’infléchit ni ne le colore, ne l’altère. Il est « populaire », il est démocratique, il naît au croisement de nombreuses lectures personnelles. Il est analogue à ce qu’un écrivain peut attendre de la postérité. Vous êtes la postérité vivante, actuelle.

Lire est pour vous en premier lieu un plaisir.  Mais c’est aussi, me semble-t-il, une espèce de combat pour la vie de l’esprit, pour l’affirmation d’une langue. Lire, comme vous le faites, est un combat d’ordre culturel. Mais pour vous, encore, lire est relire, comparer, peser, juger, tendre à un jugement juste. La lecture d’un jury est un travail. Et ce travail est un service.

Il m’est précieux que la remise du Prix ait lieu à Manosque. Manosque depuis mon adolescence est un mot et une ville mythiques : grâce à Giono, à Jean le Bleu ; cela va sans dire.

Je ne séparerai pas les remerciements que je vous adresse de ceux  que je renouvelle à André Lombard. Il mettait la dernière main à Pour saluer Fiorio. Nous nous étions écrit. Nous nous étions rencontrés à Apt, par un de ces hasards qui font douter du hasard. Il m’a proposé d’écrire quelques lignes, une page, quelques pages, sur la peinture de Serge Fiorio. Il a accepté ma longue rêverie. Mais je souhaitais voir en réalité, et non seulement reproduites, quelques peintures de Serge Fiorio. Je souhaitais rencontrer Serge. J’ai rencontré un ami. Il allait avoir cent ans. Quand nous nous sommes quittés, je pensais que nous nous reverrions l’année suivante, et d’autres années encore. Il était la vivacité même. C’était un homme de lumière et de bonté, d’amitié.

Nous avons fait de notre mieux, André Lombard et moi, pour saluer Serge Fiorio et le monde dont il est le miroir et l’inventeur, le témoin, le visionnaire. Merci, chers amis, d’avoir accueilli et transmis ce salut. Merci pour ce cercle de lecture et de ferveur que vous formez et qui n’a pas plus de limites que l’horizon.

Claude-Henri Rocquet

Pour saluer I

Bonjour à toutes et à tous,

Je veux tout d’abord vous remercier d’être venus si nombreux, certains de loin, au rendez-vous fixé ; vous dire bien sûr tout de suite ma joie de voir Pour saluer Fiorio et Rêver avec Serge Fiorio couronnés ici ; joie qui prolonge le plaisir que j’ai eu à écrire, puis, dans un second temps, celui d’éditer — c'est-à-dire apprendre beaucoup de choses, chemin faisant, en cours de route, auprès des acteurs des métiers du livre et au contact des milieux culturels.

Ainsi, je sors de cette expérience, édifiante pour moi, plus fort et, à tous points de vue, mieux armé pour la très prochaine aventure du tome II que je suis d'ores et déjà en train de mettre en chantier.

Oui, je suis vraiment heureux de cette récompense qui me touche, j’en suis également ravi pour mon ami et coéquipier, si j’ose dire, Claude-Henri Rocquet, esprit rêveur fort doué et perspicace en la matière — entre autres, comme il l’a prouvé, devant les peintures de Serge.

J’y suis sensible, à vrai dire, surtout pour Serge lui-même, pour sa mémoire et pour l’esprit de son œuvre qui sont en fait, ici, par ce Prix, les premiers honorés.

Je remercie tout d’abord les lecteurs parmi tous les acteurs de cette bien chaleureuse manifestation, puisque ce sont eux qui, m’a-t-on dit, en choisissant selon leur cœur, en ont décidé ainsi, ont tranché dans la liste des ouvrages sélectionnés.

Mes remerciements vont aussi aux artistes de l’association Empreinte 04, qui ont œuvré pour illustrer, chacun, tel ou tel texte.

Je remercie Elisabeth Eulry qui est la créatrice de ce Prix des lecteurs — aujourd’hui dans sa troisième année.

Je remercie Monsieur Bernard Jeanmet-Péralta, Président de la Communauté de communes, Monsieur Pascal Antiq, adjoint en charge de la Culture, Monsieur Bernard Sourice du Service Culturel de la CCDLV.  

Je remercie enfin toutes celles et ceux qui, à divers autres niveaux de participation — mais dans l’ombre pour moi, puisque, hélas, je ne les connais pas personnellement — ont également œuvré à la belle tenue de cette remise de Prix.

Pour terminer, je présente toutes mes chaleureuses félicitations à Marie Neuser pour son ouvrage, Prix du roman.

Roman que je vais m’empresser de lire.

Du fond du cœur, encore merci  à tous !

André Lombard

Pour saluer II

 

Dans La Marseillaise :

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Traduction de notre ami Agostino Forte :

Premio dei lettori

 

   Pour saluer Fiorio preceduto da Rêver avec Serge Fiorio era uscito nel luglio del 2011. A metà gennaio del 2013 riceveva il ‘Premio dei lettori’delle Médiathèques Lure-Durance-Verdon  che ammontava all’importo non certo trascurabile di 600 euro. Mi incaricai della lista dei ringraziamenti di rito mentre Claude-Henri Rocquet, non potendo giungere da Parigi, si era premurato che nell’occasione fosse letto un breve testo da lui redatto. Ecco dunque il contenuto delle due allocuzioni.

 

Signore, Signori, egregi Membri della Giuria, cari Lettori,

 

Non posso essere qui con voi oggi se non con il pensiero e me ne rammarico vivamente. Avrei gradito incontrarvi e dirvi la gioia che mi dà questo Premio assegnato al lavoro che abbiamo dedicato a Serge Fiorio, alla sua vita, alla sua opera, alla sua presenza. Credo che ogni Premio ricevuto per uno dei suoi libri faccia senz’altro felice uno scrittore e al tempo stesso lo incoraggi. Il Premio da voi conferito è particolarmente prezioso per il fatto di essere assolutamente libero. Nessun particolare attaccamento, a un qualche editore o personaggio, lo influenza né imbelletta o àltera. È  « popolare », democratico, nasce dall’intersezione delle diversificate letture personali. Analogo a ciò che uno scrittore può attendersi dalla posterità. Voi siete la posterità vivente, attuale.

 

In primo luogo leggere per voi è un piacere. Ma è anche, mi sembra, una specie di lotta per la vita dello spirito, per l’affermazione di una lingua. Leggere, come voi fate, è una lotta d’ordine culturale. Inoltre, per voi leggere è rileggere, comparare, soppesare, giudicare, tendere ad un giudizio equilibrato. Il lavoro di una giuria è un lavoro. Un lavoro che è un servizio. Ha per me un grande significato che il conferimento del Premio  abbia luogo a Manosque. Dai tempi della mia adolescenza Manosque riunisce la parola e la città sotto un’egida mitica: grazie a Giono, a Jean le Bleu; è superfluo dirlo.

 

Oltre a tutti voi i miei ringraziamenti vanno ancora una volta ad André Lombard che ha curato la revisione di Pour saluer Fiorio. C’eravamo scritti, e poi incontrati ad Apt per uno di quei casi che fanno dubitare del caso. Mi propose di scrivere alcune righe oppure una o più pagine sulla pittura di Serge Fiorio. Si è reso disponibile alla mia lunga e sbrigliata evocazione. Ma in realtà anelavo a vedere, e non solamente riprodotte, alcune pitture di Serge Fiorio. Mi auguravo di incontrare Serge e ho incontrato un amico sulla soglia dei cent’anni. Quando ci siamo accomiatati pensavo ci saremmo rivisti l’anno successivo e quelli dopo ancora. Era la vivacità in persona. Era un uomo solare e buono e cordiale. André Lombard ed io abbiamo fatto del nostro meglio per rendere omaggio a Serge Fiorio e al mondo di cui fu lo specchio e l’inventore, il testimone, il visionario. Ancora grazie, cari amici, d’aver accolto e trasmesso questo saluto. Grazie anche per il cenacolo di lettura e di entusiasmo di cui siete parte e che non ha altro limite se non l’orizzonte.

 

Claude-Henri Rocquet

 

 ***

Buon giorno a tutti voi,

 

Voglio anzitutto ringraziarvi d’essere intervenuti così numerosi, alcuni da lontano, all’incontro fissato; voglio dirvi subito la mia gioia di vedere qui premiati Pour saluer Fiorio e Rêver avec Serge Fiorio. Gioia che prolunga il piacere provato nello scrivere e poi, in un secondo tempo, nell’essere editore – intendo quell’apprendere tantissime cose, nel corso d’opera, strada facendo, accanto ai professionisti del libro e in contatto con gli ambiti culturali. Esco perciò da questa esperienza, senza dubbio edificante per quanto mi riguarda, più rafforzato e più attrezzato - sotto tutti i punti di vista, per la prossima avventura del II tomo che sono in procinto di mettere in cantiere. Sì, sono veramente contento ed emozionato da questo riconoscimento e ne sono altresì felicissimo per il mio amico e compagno d’avventura, se mi permettete la definizione, Claude-Henri Rocquet, assai dotato d’animo evocativo e attento osservatore, tra l’altro, come ha dimostrato davanti ai quadri di Serge. Ne sono lusingato, a dire il vero, soprattutto per lo stesso Serge, per la sua memoria e per lo spirito della sua opera che qui, per via del Premio, sono infatti i primi destinatari.

 

Tra i protagonisti di questa calorosa manifestazione ringrazio prima di tutto i lettori, perché sono loro - a quanto ne so, ad avere scelto secondo il loro gusto, loro ad avere deciso, loro ad avere decretato dalla lista delle opere selezionate.

 

I miei ringraziamenti anche ad ognuno degli artisti dell’associazione Empreinte 04 che hanno lavorato per illustrare questo o quel testo.

 

Grazie a Elisabeth Eulry che è l’ideatrice di questo ‘Premio dei lettori’, oramai alla sua terza edizione.

 

Un grazie al signor Bernard Jeanmet-Péralta, Presidente della Associazione dei comuni, al Signor Pascal Antiq, assessore alla Cultura, al Signor Bernard Sourice dei Servizi alla Cultura della CCDLV.

 

Ringrazio infine tutti coloro che a diverso titolo – ma lavorando nell’ombra e perciò stesso non avendone io, ahimè!, conoscenza personale – hanno ugualmente contribuito alla buona riuscita del conferimento del Premio.

 

Per terminare porgo le più vive felicitazioni a Marie Neuser per il suo libro Prix du roman. Romanzo di cui mi affretterò alla lettura.

 

Ancora un rinnovato grazie dal profondo del cuore a tutti voi.

 

André Lombard

 

 ***

 

TRADUZIONE DELLA IVa DI COPERTINA

 

 

 

Per salutare Fiorio

 

e

 

Sognare con Serge Fiorio

 

I due testi che compongono il libro furono scritti quando il pittore era ancora in vita e precisamente prima dell’11 gennaio 2011.

 

Fu con entusiasmo, e dopo averne preso completa visione, che egli ne caldeggiò la pubblicazione.

 

Claude-Henri Roquet ed io non abbiamo modificato alcuna frase, alterato un tempo o cambiato una virgola. Nel suo impianto il testo viene quindi presentato inalterato ai lettori odierni e alla prova del tempo.

 

Per dar conto dell’ultimo periodo della sua vita aggiungo un ricordo degli ultimissimi giorni di Serge, allora presso di noi. Mi capitò di avvicinare una sedia sedendogli accanto e facendo l’imitazione della sua aspra voce da vecchio cavatore, arrotando la ‘r’, gli chiesi -  come lui stesso era solito fare ogni giorno fin da quando ero stato accolto nella sua casa a Montjustin : «Allora, cosa mi racconti ?»

 

Lo vedo ancora volgere verso di me il suo viso straordinario, sorpreso, e rispondermi in modo semplice e sommesso : «Penso a Cimabue.»

 

Così, a poche ore dalla sua morte, il suo sguardo – ma più che lo sguardo, per come la vedo io,  il suo essere tutto intero – restò rivolto verso la pittura; quella di Cimabue il primitivo dai cieli d’oro. 

A.L

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 Cimabue, Trapasso dellaVergine.